Le camping -  « hôtellerie de plein air », comme le désigne la langue administrative - est le parent pauvre de la côte. Comme tel, on aimerait bien qu'il se fasse discret. Discrets, comme se doivent d'être les résidents « permanents» des campings. L'adoption en novembre 2011, en première lecture à l'Assemblée nationale, de la loi sur le camping, proposée par le député Léonard et qui obligerait leurs résidents à fournir au bout de trois mois un justificatif de « véritable » domicile (?) ne fait qu'affirmer le caractère nécessairement furtif de l'habitat « hors normes ». Les déclarations de l'élu en question annonçant son intention de retirer le dit article lors de l'examen du projet de loi par le Sénat, ne suffiront sans doute pas à inverser une tendance généralisée pour les habitants de logements « atypiques » - qu'ils soient mobiles ou temporaires - à vouloir demeurer cachés. Pourtant, au moins soixante-dix mille personnes seraient concernées par le logement en camping, sans même parler de celles résidant dans des habitats mobiles, temporaires, auto-construits ... la liste n'est pas exhaustive. De quoi créer une ville de taille moyenne respectable. Peut-être serait-ce là le moyen le plus simple de rendre visibilité et droit de cité à ces autres modes d'habiter ? De les débarrasser d'une gangue de soupçons, de mépris, de méfiance ou, plus simplement, d'ignorance. Pour l'heure, à Dieppe et dans ses environs, il n'y a officiellement pas de campeurs à l'année, tout juste « à la saison » . La nuance est d'importance puisqu'elle sépare le licite de l'interdit. Du moins, si l'on en croit la carte officielle au détriment de la traversée du territoire. La centrale de Penly, le centre hospitalier et le port de Dieppe, entre autres, sont les premiers à démarcher les différents hôtes potentiels pour loger leurs employés temporaires. Ces nomades, nouveaux ou jamais disparus, qui, au gré des contrats, sillonnent la France des hôtels discount, des meublés et des mobil-homes. Bilan temporaire : territoire 1, carte 0.