« En 1986, nous nous sommes fait virés de chez mon frère, mon mari, son fils et le mien. Dans l'urgence, il a fallu trouvé un autre logement. C'est la marraine de mon beau fils, qui habitait déjà dans le camp, qui nous a dit qu'il y avait une caravane à vendre. C'est comme ça que nous sommes arrivés. Petit à petit, on a aménagé le terrain, on a acheté un mobilhome, fait un petit enrobé dans la cour. On avait installé une ligne de téléphone et même une fosse sceptique. Nous étions fières et quelques personnes nous enviaient... Deux ans et demi après, c'est aussi dans l'urgence que nous sommes partis, plus précisément à cause de problèmes avec une famille installée sur le camp. A quelques mois près, nous aurions pu bénéficier du relogement. »

Claudine aimait cette vie qu'elle dit dure et belle. Sa fille n'avait que quelques mois quand ils sont partis pour une petite maison, mais Claudine lui raconte souvent cette existence citant parfois la chanson de Raphael, Je suis né dans cette caravane... « Je rigole avec elle et lui dit que même si ça n'a été que quelques mois pour elle, elle est Manouche. Elle me répond tout le temps que comme je ne suis pas manouche, elle non plus. »