C'est comme cela, aussi, que Dieppe au prisme du nomadisme, du léger et de la mobilité peut se lire.

Effaçons le plan de cadastre. Ne dessinons que les contours de ces poches et enclaves qui accueillent les « déplacés ». Traçons ensuite sous forme de lignes, par exemple, les liens, humains ou historiques qui existent entre elles. Représentons, de plus les lieux dans lesquels se trouvent les personnes, guides ou passeurs qui nous on permis de rencontrer les habitants de ces enclaves (une association, un café, une maison qui, même distants, constituent, pour nous du moins mais souvent pour d'autres, les ports, portes ou porches de ces enclaves). Apparaît alors, avec la dose de subjectivité propre à la carte qui ne désigne que ce que l'on choisi de montrer, un espace archipélique interconnecté, une ville instable qui n'a de provisoire que sa forme ou ses emplacements puisque, ici, elle existe au moins depuis le XIXe siècle.

Camps de transit, cité provisoire, terrain vague le long du port, gobes, campings, hôtel low cost, voilà les îles entre lesquelles nous sillonnons à la rencontre de leurs habitants, empruntant des chemins de mer déjà parcourus, par eux, d'autres et que nous ne faisons que re-présenter espérant par là, détruire la Frise des Sauvages de l'église Saint Jacques de Dieppe qui malheureusement demeure le moyen de désigner ceux qui vivent le même monde mais sur d'autres côtes.