♦ Une petite histoire d’abord
Par Julie Bernard, mercredi 5 décembre 2012 , Micro-architecture :: #150
A partir de 1897, le cinématographe a été présenté au public parisien à la foire au pain d’épices. Il est nécessaire de rappeler qu’avant de devenir des lieux de projection sédentaire, ce sont les forains qui ont diffusé le cinéma et ont été les premiers à propager le 7ème art. Un âge d’or qui durera jusqu’en 1907. Date à laquelle Charles Pathé, qui contribua à la propagation du cinéma sur les foires et fournit plus des trois quart des forains en films devint leur concurrent le plus acharné en proposant d’arrêter la vente de films au profit d’un système de location via des sociétés de distribution. Résultat : les forains n’avaient plus assez de temps pour amortir les films qu’ils louaient. C’est ainsi qu’une production foraine débuta (1ère moitié du XXème siècle). Les forains, se déplaçant de village en village, filment et rediffusent aussitôt les courts-métrages réalisés avec les habitants.

La MKN-VAN (caravane accordéon), est un projet du groupe Echelle Inconnue constitué d’architectes, de géographe, de créateurs multimédia et de journaliste. Echelle Inconnue travaille à rendre visible des représentations agissantes de la ville non-pensées par les faiseurs de ville (architectes, urbanistes, politiques, sociologues…).
Avec la caravane MKN-VAN, le groupe Echelle Inconnue poursuivra son travail de recherche et d'expérimentation des différentes formes de mobilités. Elle se déplacera à la rencontre des personnes logeant en habitat léger et/ou mobile (Travellers, Ouvriers nomades, Teuffeurs, Voyageurs, Campeurs à l’année, Forains…) pour discuter, créer des affiches, des cartes, des films, des journaux, recycler et bidouiller des vieux outils numériques, récolter de la matière et des connaissances et les diffuser, les projeter, les rendre accessible sur son passage, etc.
Elle aura pour but de relier, de faire communiquer, des lieux distants et se pensant comme distincts. Le travail réalisé à un endroit sera visible dans le suivant et ainsi de suite et s'enrichira tout au long du parcours, en hommage au cinéma forain. En somme, il s’agit, par la diffusion du travail, de créer un lien réflexif entre les différents lieux des nouveaux nomadismes et impliquer les usagers des territoires traversés.

