Nous le constations à Dieppe, à Villeurbanne, au Havre. Le chantier urbain, depuis le XIXe siècle, expulse, appelle, génère, tour à tour ou simultanément, les mobiles ou la mobilité. Violence folle et désordonnée sous le masque de l'ordre. Difficile de croire qu'il puisse en être autrement.

Nous n'aménageons pas l'enfer. Nous tentons d'équiper la survie de cette urbanité condamnée à la fuite tant que les pouvoirs publics n'auront compris l'évidence de sa nécessité, l'évidence aussi de l'espace disponible qu'ils produise et dont, sur de longues périodes ils ne font rien. Tant qu'ils n'auront compris que l'accompagnement de ces urbanités auto-construites ou la simple bienveillance envers elles font parfois davantage que leur chirurgie au bulldozer.

Depuis plusieurs semaines nous rencontrons les habitants de cette urbanité qui fuit. Ensembles nous essayons de la dire au dessus des murs sourds. Aujourd'hui nous en outillons la fuite. Et puisqu'on ne peut déménager d'un bidonville faisons en sorte qu'il devienne mobile.

(image 3D de toilettes sèches mobiles)