Nous la prenons au mot !

La préfecture annonçait récemment au collectif de défense du bidonville du quartier de l'Eure qu'elle n'accorderai à celui-ci qu'un mois de survie. Elle autorisait cependant, sur ce même site, l'installation de toilettes sèches. En somme, un mois de sanitaire comme un verre d'eau pour faire avaler la pilule "expulsive". A moins qu'il ne s'agisse d'un os à ronger lancé aux chiens pour qu'ils s'y épuisent. Nous la prenons au mot. Et comme nous avons des dents à revendre attaquons l'os.

Le chantier commence avec plus de bras qu'il n'en faut pour décharger les camions et charger le matériel donné par quelques entreprises : palettes, sciure, etc.

Premier geste du chantier, nous installons notre tente Atelier Cartographique de Campagne tôt transformée en cabane de chantier pour le stockage des outils. Elle servira aussi de salle de projection. Mais pour l'heure, surtout, nous y dormons. Nous campons dans ce bout de Roumanie pauvre. Ce n'est évidemment pour nous que du camping. Bientôt nous repartirons, retrouverons nos lits, nos murs en dur, l'eau courante, l’électricité, les chauffe-eau, l'isolation, les toilettes et les douches.

Mais pour l'heure nous campons chez l'habitant, accueillis. On nous offre le café, on discute. On lit des papiers administratifs incompréhensibles pour les habitants des lieux. On tente d'aider, ce qui retarde un peu le chantier.

Ici tout manque mais surtout une interface, une traduction, un décodeur du monde de l'autre côté du mur : la France.