L’entre-sort forain et municipal de noël touche à sa fin ; et déjà les équipes allemande et française s’attellent au démontage de la grande roue et des baraques. De la terrasse du café on voit les semi-remorques attendre.

Les laisses sont lâches. La meute de trois chiens accompagne plus qu'elle ne tire ou n'est traînée par l'homme qui entre et commande une bière.

« Non, je ne dis jamais où je stationne.

Je vis en camion mais c'est un peu différent, je travaille... et comme je suis un père divorcé, pendant les vacances, je garde ma fille. Alors je ne bouge pas beaucoup.

Dans le camion j'ai tout. Une douche, des WC, une citerne.

C'est un choix... enfin disons que c'est surtout économique... entre la pension alimentaire et l'argent que m'a coûté le divorce...

Avant j'avais une maison, une femme... presque un bourgeois

Là, j'ai acheté le camion 6000 euros... mais quand tu ouvres la porte, tu as le plus grand jardin du monde !

Je suis sur l'île Lacroix, tout seul en ce moment.

Des problèmes de stationnement ? J'en ai pas. Comme je travaille, je pars avec mon camion tous les matins. Il y a seulement la police qui passe et nous demande de dégager les soirs de match de hockey. C'est un peu incompréhensible vu la distance avec la patinoire mais bon, je ne suis pas très flic mais toujours poli.

Une zone pour stationner ou vivre à Rouen ? Jamais les gens en camtar n'accepteront d'être parqué. Elle pourrait bien faire deux kilomètres que ce serait toujours une zone.

Il sort son portable et ouvre une page web www.park4night.com sur laquelle sont recensés les lieux de stationnement possible.