« Ce camping, installé sur une ancienne carrière nommée la capoulade, existe depuis 1973, et moi je suis là depuis 1979. Nous accueillons essentiellement des résidents, qui sont là depuis très longtemps et qui résident ici une bonne partie de l'année. Nous ne sommes fermés que 2 mois par an. Je suis sure que si nous ne fermions pas, les gens resteraient ici toute l'année.

Des ouvriers, nous en avons parfois, mais nous n'avons pas l'infrastructure pour les recevoir, c'est-à-dire des mobilhomes équipés pour le tourisme d'affaires. Lorsqu'ils viennent dans ce camping, c'est qu'ils travaillent sur l'inter, ou plutôt l'hyperbase de Heudebouville, la centrale d'achat, ou qu'ils ont un boulot aux Andelys. Enfin, en ce moment, nous n'en avons que deux. Ils sont venus avec leurs femmes et leurs enfants pour que ceux-ci profitent un peu des vacances et voient leur père. Nous avons aussi eu, il y a quelque temps des ouvriers qui sont venus refaire les fours de la verrerie, pendant 1 mois environ. »

Après avoir bu une bouteille d'eau pendant notre conversation, nous entamons notre promenade dans les vertes allées du camping. Nous avons le sentiment d'être dans un lotissement tellement les parcelles sont fleuries, travaillées, soignées et au nombre de panneau « à vendre ». Certains mobilhomes revêtent même le traditionnel crépi !

Dans une des parcelles, madame P. arrose ses plantes. Elle est à la retraite depuis 2 ans, mais nous raconte qu'elle vient ici depuis 26 ans. Avant, ils habitaient en banlieue parisienne et puis leur fille faisait du cheval dans l'Eure, alors de fil en aiguille, ils se sont installés ici et ont libéré leur appartement. « Quand le camping est fermé, je loge chez ma fille dans le coin ou en Vendée ». Nous tentons de comprendre ; qu'est-ce qui fait que l'on vient habiter quasi toute l'année dans un camping ? « Mon mari est bricoleur, ils tourneraient en rond dans un appartement ! Mais vous savez, déjà ici, ce n'est pas un camping, c'est un parc... ! »