« Il y a quelques années, nous travaillions à 30 km de chez nous. Aujourd'hui, on nous envoie parfois à plus de 200 km. C'est une situation qui n'est pas évidente, parce que quand tu as une famille, tu as envie de rentrer chez toi tous les soirs, mais on n'a pas vraiment le choix. Ici, nous travaillons sur le chantier d'une école – crèche – maison médicalisée à Véteuilles, rue Montrond. Nous sommes arrivés il y a 2 mois et nous sommes encore là pour deux semaines. Après le chantier ferme pour les vacances. Certains d'entre nous reviendront par là, d'autres seront dépêchés ailleurs. - moi, par exemple, après les vacances , je vais à Beauvais. Et là, je ne serais qu'à une heure de route de chez moi, donc je rentrerai tous les soirs. De toute façon, la boite ne veut pas payer de logement.

Il y a quelques années, également, nous avions des fourgonnettes de fonction, fournie par l'entreprise, mais ils les ont retirés dernièrement. Donc maintenant on prend les voitures personnelles pour aller sur chaque chantier et ils nous payent en zone, c'est-à-dire à vol d'oiseau. Donc tu fais 100 km, ils t'en payent 70.

Pendant nos déplacements, parfois nous sommes à l'hôtel et parfois en camping. Mais le camping c'est quand même mieux, parce que d'une part c'est moins cher et d'autre part, on peut vivre dehors. À l'hôtel tu es enfermé entre 4 murs, tu manges dans un lit, il n'y a pas de micro-ondes, et puis dans les formules 1, tu es obligé d'aller dans les douches communes. Alors qu'ici, on a une salle de bain, un micro-ondes, c'est tout équipé, il y a tout ce qu'il faut.

Deux d'entre nous dorment dans une des chambres du mobilhome, le troisième dans le canapé et le quatrième dans la dernière chambre. Mais on n'a pas vraiment besoin de plus. On arrive, on travaille, et puis on s'en va ! On fait énormément d'heures les premiers jours de la semaine pour pouvoir partir le vendredi midi et rentrer chez nous. Ça laisse du temps pour la route ! »