Il nous explique que pour le moment, seuls lui et sa copine vivent ici de manière permanente. Ils reviennent du Maroc et à leur retour, la Ferme avait déjà été évacuée. Ils sont rentrés pour trouver un boulot, le temps de mettre de l'argent de côté pour pouvoir repartir voyager. Ils espèrent pouvoir rester. Ici, ils sont tranquilles, ne gênent personne. Pour l'instant ils n'ont pas trouvé de point d'eau. Ils imaginent bien aller voir le responsable des kayaks pour s'arranger avec lui. Pour les poubelles aussi, il faut revoir l'organisation. Pour l'instant ils jettent tout dans les containers à l'arrière de la piscine.

Il y a de cela deux ans, ils vivaient encore tous les deux en appart, avec leur chat, avaient des CDIs... Ils ont troqué l'appartement pour un camion, l'ont retapé dans un garage marocain, et sont partis voyager et travailler comme saisonniers. Le chat est parti avec eux ; au bout d'un an il s'est habitué à cette vie. Il arpente d'ailleurs fièrement ce salon extérieur du bout de sa longe accrochée au camion.

Boris aime prendre la route, partir à la rencontre de nouvelles personnes et de lieux différents : « J'aime rencontrer des histoires ». D'origine, il est Dieppois ; sa famille a longtemps vécu dans le quartier du Pollet. Après la seconde guerre mondiale, son grand-père a travaillé durant des années sur des cargos commerciaux. Lorsqu'il repense à cette histoire, il se dit que son goût pour la route ne lui vient pas de nulle part.

En partant, nous voyons une péniche passer ; sur les containers qu'elle transporte est écrit « Ma route, c'est aussi le fleuve ».