Les bords de Seine sont transformés en garage improvisé. Le Mercedes est portes et capot grands ouverts ; des outils et des pièces de moteur sont étalés au sol, sur un grand tapis en plastique tissé. Boris et Florent s'affairent autour du camion, passent sous le moteur, coupent, racolent, testent...

Étienne et Morgane sont aussi là aujourd'hui. Entre les bruits de moteur et de disqueuse, ils s'échangent des tuyaux et se racontent leurs péripéties en camion. « - Il faut vraiment que je change ma roue, j'ai trop peur de basculer en route ! - Oui moi un jour ça m'est arrivé ! Mais ça va j'ai pu me ranger sur le côté... ».

Le camion d’Étienne est garé là depuis un mois, mais il n'y dort pas. « Ça ne va pas ! Je n'ai pas fini l'isolation, j'aurais trop froid ! ». Il passe quand même presque tous les jours à l'Île-la-Croix. Son camion est rempli de sacs de pommes cueillies le week-end dernier, « pour faire du cidre et de la goutte », nous dit Florent.

Nous faisons la connaissance de Morgane. Originaire de Rouen, elle s'est installée ici il y a quelques jours. Elle connaît bien Florent, ils ont fait leurs études d'éduc spé ensemble. Aujourd’hui elle a arrêté cette voie trouvant que « ce n’était pas vraiment du social ».

Cela fait tout juste un an qu'elle a son camion. « Ça fait environ 7 ans que je travaille comme saisonnière, mais avant je squattais chez des potes ». Elle nous explique que c'est parfois compliqué d'être inscrite au pôle emploi tout en étant saisonnière. Les dossiers administratifs ne sont pas adaptés à cette situation.

Le lendemain, elle part pour la Vendée.