« OXPAHA » sécurité est sérigraphié en jaune signalétique sur son blouson. Rien qui ne laisse présager de le voir, comme ses compagnons, chercher à se contorsionner sur les banquettes anti SDF de l'aéroport de Domodedovo pour y passer la nuit. À côté, la tête renversée, elle râle, repousse son voisin qui essaie de lui parler. À un mètre à peine, la soixantaine peut-être, un autre s'apprête bourgeoisement à se mettre au lit. Il a enlevé ses chaussettes et jette, d'un coup de pied léger, les chaussures qu'il porte en savates. Il s’assoit sur les couvertures et duvets qu'il a empilé. Ajuste son bonnet pour la nuit puis s'allonge et tire le duvet sur ses yeux. OXPAHA se redresse et sort d'une poche de la veste en skaï, qui lui servait jusque là d'oreiller, un étui à lunettes qu'il chausse pour considérer l'air préoccupé l'écran de son téléphone. Voilà le personnel au sol moscovite, en ce bout de ligne aérienne étrangement semblable à l'autre.