Désinventer c'est voir et connaître le réel plutôt que l'imaginer !
C'est préférer la vie au plan, préférer ceux qui existent à ceux qui sont représentés.
C'est préférer parier sur ceux, oblitérés mais présents, qui vivent et inventent les bords de l'eau, plutôt que faire semblant de croire aux pelouses toujours vertes, aux arbres toujours feuillus, aux visages toujours bronzés et souriants des images de la communication du projet urbain !
Bref, c'est préférer la complexité du réelle à sa fable métropolitaine.


Reconquête ! Les mots sont lancés à travers une Europe désindustrialisée, de la Seine à la Moskva.

Depuis 2013 à Rouen, mairie et métropole ont lancé les chantiers de reconquête de la rive gauche des bords de Seine. Ceux-ci constituaient pourtant en plein centre ville une rareté : une place pour la ville mobile et foraine, accueillant retraités en camping car, travellers, voyageurs, habitats et commerces forains, cirques et circassiens etc.
Mais le rouge est mit. Pelleteuses et Barrières signent à grand frais la fin de cette exception urbaine.
Après un début d’aménagement sans bruit, communication et marketing ont pris le relais et, sur les affiches, camions, tentes, stands et camping-cars sont remplacés par les vélos, pelouses et hypothétiques cerfs-volants de la métropole techno-verte et conviviale.

Il s’agit à présent de mettre des mots et des images sur cet art de faire la ville, contre le voyageur : « Le fleuve devient un lieu de vie, d’activité économique et d’habitat », disent-ils. Comment ? « (…) par l’anéantissement d’un lieu de vie, d’habitats et d'activités économiques qui y étaient présent », voudrions nous rajouter.

À notre tour de poser des mots, de dire ce qu’il en est et de raconter ceux qui vivent, mobiles dans les vides des cartes.
Les 3 et 4 septembre 2016, nous, Echelle Inconnue (avec l’association HALEM), organisons les rencontres itinérantes de l’habitat léger, éphémère et mobile sur la toute proche île Lacroix, afin, à notre tour, de « désinventer la Seine » avec ceux que la politique de reconquête refuse visiblement d'appeler "les conquis". En somme prendre part à cette guerre silencieuse, qui pourtant a lieu, déclenchée par ceux qui préfèrent inventer une réalité à leur convenance plutôt que prendre en compte le réel parfois complexe et clandestin d'un peuple sur roues, grandissant mais pourtant éternellement chassé.

VOIR ICI LE PROGRAMME ET LES INFORMATIONS PRATIQUES DES RENCONTRES LES 3 ET 4 SEPTEMBRE