Modèle de caméra-fusil développé par le cinéaste Alexandre Medvedkine, également auteur du ciné-train qui parcourra l’URSS au cours de l’année 1932.







Caméra bricolée par ses soins lorsqu’il travaillait au front, elle lui permet de filmer d’une manière inédite la Deuxième Guerre mondiale : il recrute des soldats volontaires parmi les bataillons disciplinaires et forme des équipes de deux à trois personnes dont une à qui il confit une de ces fameuses caméras, dont le manche est celui d’un fusil. Deux d’entre eux pouvaient alors capturer un Allemand pendant que le troisième filmait. Cette technique lui permet d’une part d’être au cœur de l’action et au plus proche de la réalité, les soldats en question pouvant ainsi filmer leur « cible ». D’autre part, c’est un moyen d’outiller les soldats et de les laisser maîtres de leurs images ; acteurs de la guerre, mais aussi de ses représentations.



Cette anecdote est racontée par Chris Marker dans son film adressé à Medvedkine, « Le tombeau d’Alexandre », à la cinquième lettre.

« Mais il fallait bien que tu inventes une façon inédite de filmer la guerre. Et l’image du pêcheur chinois allait réapparaître sur fond de bataille, car cette fois, c’est aux soldats que tu apprendrais à pêcher. »