makhnovtchina

Makhnovtchina est un projet adisciplinaire et forain qui vise à expérimenter, co-naître et cartographier (sur tous types de supports) la ville mobile avec ceux qui la vivent ainsi qu'à outiller des situations critiques - ou les espaces produits par la Métropole – en Haute-Normandie et à l'Est de l'Europe (Russie / Moldavie).




♦ Echelle Inconne à Brionne

Le cinéma, c'est bien une histoire de mobilité. D'abord, parce que c'est dans les foires que le cinéma fait son apparition (lire ici). Ensuite, parce qu'une autre histoire à laquelle on s'accroche, c'est celle du Ciné-Train que Meddvdekine met au point au début des années 30 en URSS. Le Ciné-train est une unité mobile de production de films, qui a pour objectif de filmer la « réalité soviétique », puis de la montrer immédiatement au peuple. Ce train et l'équipe de Meddvedkine sillonnent l'union soviétique pour filmer ouvriers, paysans, mineurs dans une volonté d'aider à la « construction de la Russie nouvelle ».


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♦ Rencontres nationales itinérantes de l'Habitat léger et mobile 2015

La caravane HALEM fait cette année une halte à la ferme des Bouillons les 23 et 24 juillet 2015. Des ateliers-débats, projections, diagnostics partagés de situations vécues par des habitants en camion, caravane, vivant en camping à l'année, bidonville, yourte seront organisés.


PROGRAMMATION

JEUDI 23 JUILLET

14h - Les histoires de la Caravane d'Halem, présentation générale de la Caravane, retour sur les étapes passées et lancement des deux journées d'ateliers-débats.

16h - Partage d'expériences de terrain avec des occupants de la ferme des Bouillons, toute personne désireuse d'apporter ces expériences à la discussion et un retour sur les situations rencontrées par les membres d'Echelle Inconnue en haute-Normandie. Le groupe se basera sur le projet et les films réalisés dans l'Eure avec l'école primaire de Ménilles et des habitants de manière légère et mobile des environs (voir les articles sur ce projet "Ménilles, capitale de la mobilité")

19h - Repas à prix libre

21h -"Hacking Ouvrier" : Les enjeux du numérique et du bricolage dans la ville mobile avec la présentation, par des membres du Hackerspace de Rouen "Jeanne d'Hack", de leur imprimante 3D géante et une programmation de films réalisés par Echelle Inconnue avec des personnes utilisant le numérique, le bricolage électronique pour construire son habitat léger-mobile.

Fin de soirée - cinéma avec programmation libre des films d'Echelle Inconnue sur des situations en Haute-Normandie, en Moldavie ou à Moscou.

VENDREDI 24 JUILLET

11h - Économie informelle dans la ville foraine avec Arnaud Lemarchand, chercheur en économie et Hugues Bazin, chercheur indépendant en sciences sociales.
Cette présentation abordera les points suivants :

  • L'habitat mobile au sein de l'économie informelle : comment approcher, indirectement, son évolution via des indicateurs tels l'activité des laveries, la progression des branchements électriques provisoires etc.
  • Les habitants de logements mobiles démontables etc. participent aussi de la vie d'équipements collectifs.
  • Le passage de l'informel au formel, l'exemple des espaces négociés, des marchés transitoires des biffins. Avec la projection d'un film sur l'expérience de recherche action "rues marchandes" : Comment s'inspirer de ces expériences pour obtenir une meilleure place à l'habitat démontable ? Ce point permet aussi de revenir sur les expériences en milieu urbain.
  • La démarche recherche-action. Jusqu'ici Halem a échangé avec des chercheurs, a mené des actions militantes et des négociations avec les pouvoirs publics, il est possible d'avancer en adoptant d'autres stratégies d'expérimentation pour chercher des modèles d'insertion.

12h30 - repas à prix libre

14h30 - Édition d’un guide pour les usagers d'habitats légers et mobiles avec Diway, dessinateur, auteur de "sdf un métier d'avenir" (sous réserve), HALEM et Echelle Inconnue.


N'ATTENDEZ PLUS, VENEZ !

Se rendre sur place : La ferme des Bouillons est accessible en voiture, camion, caravane, avec possibilité de stationnement. Et, le lieu est également accessible depuis la gare de Rouen par la ligne de bus F2 direction "La Vatine MONT-SAINT-AIGNAN" : voir le trajet à pied de L'arrêt "centre commercial La Vatine" jusqu'à la Ferme des Bouillons ICI.

Vie sur place : bar ouvert, repas à prix libre et emplacements camping !

Envie d'être bénévole ?

Rendez-vous le mercredi 22 au soir pour aider au montage et le 24 au soir pour le démontage du terrain ! Et si vous êtes plutôt cuisine n'hésitez pas à vous manifester également. Les copains d'HALEM vous en seront très reconnaissants !
lucie.echelleinconnue.net



LES RENCONTRES ITINÉRANTES D'HALEM 2015 :

"Vous voulez partir en vacances tout en défendant les HABITATS LÉGERS ? Rejoignez la Caravane HALEM 2015 du 7 juillet au 6 août

La loi ALUR, la loi Raimbourg, la réforme des camping... Les lignes bougent et pas toujours très bien. Et nous ? Qu’est-ce que nous faisons ?

HALEM se déplacera sur différents sites sur lesquels se pose la question de faire évoluer la législation pour le bien-être d’occupants de résidences mobiles, démontables ou éphémères. Une initiative qui se projette jusqu’aux rencontres 2016.

Il s’agira de créer ensemble un diagnostic de la situation tout en imaginant ce qu’il serait souhaitable de faire évoluer. L’idée est de faire en sorte que l’analyse et les propositions se fassent avec les personnes concernées. Il s’agit pas d’une commande de l’État, il s’agit de faire en sorte que tout le monde puisse devenir acteurs/trices des réflexions qui concernent sa vie et que chacun/e d’entre nous devienne une force de proposition."

Plus d'information et programmation complète de la caravane :ICI

♦ L'exposition du royaumes sur roues à Ménilles

Nos films, outils chers à Echelle Inconnue, relatant une année de travail à Ménilles, ont été présentés fin juin, ici, dans notre capitale de la mobilité ! L'occasion de dire et raconter, une fois encore, cette ville mobile !





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♦ Ménilles ou la capitale du royaume sur roues

Deux réalités se télescopent à Ménilles. Celle du nomadisme contemporain qui souffre d'une absence de connaissance et qui forme notre royaume sur roues : habitants et travailleurs en camion, caravane, mobilhome, yourte, bus, etc. Et celle de l'école fonctionnant comme un monde « à côté », où ce qui y est enseigné reste à l'intérieur et ce qui se passe dehors ne peut entrer.

Deux objectifs donc, faire entrer la mobilité dans l'école et faire sortir l'enseignement de celle-ci.


Et pour mener à bien ces objectifs, des films. Des films, d’abord, où l'on voit les différentes situations du royaume sur roues pénétrer l'école.
Des films, ensuite, pour dire et sortir la pédagogie qui prend ici les mots de la mobilité.
Des films, enfin, pour donner la vision des enfants et sentir ce que vivre mobile peut signifier pour eux.


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♦ Ménilles, capitale temporaire de la ville mobile Makhnovtchina

Une exposition/projection des travaux réalisés avec les élèves de l'école primaire de Ménilles aura lieu du 23 au 25 juin à la salle du Moulin. Un vernissage sera proposé le mardi 23 à 19h.

Construction d'un igloo en tube iro par des élèves de l'école

" A partir de 1897, le cinématographe a été présenté au public parisien à la foire au pain d’épices. Il est nécessaire de rappeler qu’avant de devenir des lieux de projection sédentaire, ce sont les forains qui ont diffusé le cinéma et ont été les premiers à propager le 7ème art. Un âge d’or qui durera jusqu’en 1907. Date à laquelle Charles Pathé, qui contribua à la propagation du cinéma sur les foires et fournit plus des trois quart des forains en films devint leur concurrent le plus acharné en proposant d’arrêter la vente de films au profit d’un système de location via des sociétés de distribution. Résultat : les forains n’avaient plus assez de temps pour amortir les films qu’ils louaient. C’est ainsi qu’une production foraine débuta (1ère moitié du XXème siècle). Les forains, se déplaçant de village en village, filment et rediffusent aussitôt les courts-métrages réalisés avec les habitants."



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♦ La ville Foraine a sa capitale !

De camion caisse en fourgon, de camping-car en camionnette, la ville foraine s’établit et se visite devant l'école primaire de Ménilles. Des personnes qui vivent dans leur véhicule, d'autres qui commercent ainsi, et jour après jour, les couleurs changent, les gabarits aussi.


Le camion de Jean-Charles et Marie-Christine et notre camion-cinéma


Le camion épicerie Brin'dille


Le bus restaurant Croq'en bus


Le camping-car

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♦ La cour de l’école élémentaire de Ménilles, capitale temporaire de la ville foraine / L'utopie se concrétise du 13 au 15 avril 2015

Du 13 au 15 avril, des habitants mobiles et des commerces forains du département de l’Eure viennent s’installer dans cette école, lieu d’observation et d’ouverture sur ce qu’est la mobilité et ce que pourrait être l’école.

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♦ Un camion navigue-t-il?

Sandrine, polletaise travaillant au chantier naval et vivant en yourte et en camion.

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♦ RENCONTRES HABITAT LÉGER, ÉPHÉMÈRE ET MOBILE (HALEM) du 24 au 27 AOUT 2014 à HARFLEUR (Normandie)



Vous venez souvent jeter un œil sur ce journal en ligne. Il est temps maintenant de nous rencontrer pour discuter, débattre, échanger... Voici le programme :

Depuis l’été 2008, les rencontres de HALEM sont l’espace et le moment le plus important de l’association. Nous en profitons pour faire le point, analyser l’actualité, réfléchir aux différents besoins des personnes discriminées par leur mode d’habiter, établir les stratégies de l’année, rencontrer de nouvelles personnes, grossir notre équipe, nous organiser...

Tout au long de ces journées nous échangerons des situations diverses, des trucs et astuces, des conflits avec les communes, de la posture de l’État et de leur services, de l’insécurité dans les terrains de camping, de la situation des installations spontanées, de la lutte permanente que doivent subir les itinérants, les habitants de caravanes...

Chaque année nous choisissons un lieu qui illustre notre propos et où une résistance à soutenir est présente.

« Oui, Messieurs, c’est la guerre entre les riches et les pauvres : les riches l’ont voulu ainsi ; ils sont en effet les agresseurs. Seulement ils considèrent comme une action néfaste le fait que les pauvres opposent une résistance. Ils diraient volontiers, en parlant du peuple : cet animal est si féroce qu’il se défend quand il est attaqué. » Extrait de la défense d’Auguste Blanqui en Cour d’Assises, 1832 Le lieu :

Cette année, les rencontres de HALEM se passeront en Normandie, plus exactement derrière la mairie de Harfleur, près du Havre.

Depuis plusieurs années, quelques membres du Groupe Animation de HALEM nous interpellent sur leurs luttes et leurs recherches sur ce territoire.

Dans leurs visites aux environs du Havre, ceux-ci ont rencontré plusieurs raisons pertinentes de faire réagir HALEM.

Le secteur du Havre, de part sa configuration de ville portuaire est très symptomatique pour parler de la mobilité lié à l’activité (péniches, marins, gros chantier... ). La ville a été totalement reconstruite après la guerre et abrite encore un quartier de cabanes sensé être provisoire et habité par des personnes qui ne sont pas disposées à déménager... Important !!!

   Les repas pourront être pris collectivement (cuisine et réfectoire sous un grand barnum),
   Un chapiteau, un tipi, une grande tente et peut être une yourte pour dormir...
   Pensez à prendre vos couchages (matelas, tentes, camions, caravanes...)
   possibilité d’arriver dès vendredi 22 et donner un coup de main pour la préparation.
   Si vous avez besoin de plus de confort, quelques hébergements sont possibles chez des militants

N’hésitez pas à nous contacter...

Programme :

Avec la participation d’Échelle Inconnue : http://www.echelleinconnue.net/

   Une conférence état des lieux des différents types de mobilités en Haute-Normandie
   Une lecture de texte sur la situation en Russie.
   Diffusion avec le journal d’Échelle Inconnue des travaux des rencontres
   Essaie d’un document vidéo à partir des interventions.



DIMANCHE 24

10h Présentation d'Halem, du contexte local et des associations membres du réseau

14h Atelier 1 : TECHNIQUES DE NOMADES, DE CONSTRUCTIONS LÉGÈRES ET HACKING

Il a semblé intéressant de rentrer cette fois-ci dans le débat par une approche plus technique que d’habitude.

L’habitat mobile, éphémère évolue avec la société et n’est, contrairement aux apparences, pas du tout en marge, bien au contraire, il est même souvent à la pointe de l’innovation. Des techniques, des réseaux d’entraides, des échanges dans le même esprit que le logiciel libre...

Le législateur ne cesse de nous rabattre les oreilles avec ses « liens sociaux » tout en s’acharnant à détruire cette solidarité que nous pourrions presque nommer « solidarité de classe ». Depuis les systèmes D ingénieux jusqu’aux kits du type « la yourte mongole » devenue la tarte à la crème de l’HL, nous pourrions présenter des solutions pour obtenir un confort qui feraient pâlir de jalousie bien des logements plus conventionnels.

Nous espérons que la rencontre avec les hackers de Rouen et du Havre (les bidouilleurs en programmation / électronique / création d’outils libres..), avec les bricoleurs de l’habitat légers ou mobile sera fructifiante. Notre philosophie commune : nous accaparer nous-mêmes tous les outils possibles, en créer d’autres pour notre autonomie et ne pas dépendre du marché et des exploiteurs.


16h Pause

16h30 Atelier 2 : DANSE AVEC LES ÉLUS : la loi ALUR, état des lieux et conséquences...

Nous sommes nombreux à penser que celle-ci n’a rien fait évoluer voir même comporte des aspects discriminatoires envers les habitantEs de caravane que le législateur nomme sans vergogne « gens du voyage ». Confirme t-elle, dans sa forme, le droit que possèdent les élus à choisir qui a le droit de vivre sur son territoire ?

Contrairement à ce que beaucoup pensent, il n’y a pas « d’après la loi Alur » : aucun décret n’est tombé. Les assos sont maintenant définitivement exclues du débat depuis le départ de Cécile Duflot, les collectivités s’empressent de créer leur documents d’urbanisme, comme d’habitude en essayant d’exclure une partie de leur population, en la rendant illégale sur leur territoire, en rivalisant de zèle et en sautant sur toutes les occasions pour organiser sa chasse aux plus modestes... Les arguments écolos deviennent les principaux ennemis des installations spontanées, celles-ci devenant les fautives de la disparition des espaces agricoles, les malpropres qui détériorent le paysage par leur unique présence...

Nous nous appuierons entre autre sur l’exemple de l’agglo du Havre (la codah), sur sa posture, ses décisions en matière d’habitat léger et sur les affreux débats que nous avons entendus sur les bancs des législateurs. Nous essaierons de les rencontrer pour parler de futur/bonnes pratiques...


LUNDI 25 AOÛT 2014

10h00 Atelier 3 : L’HABITAT PARTICIPATIF : avant garde ou concept bobo et gentrifieur ?

Au sujet de l’habitat participatif. Un vaste débat est en cours pour définir un concept flou et qui par ce fait contribue à ne pas poser les vrais questions.

Il n’existe pas de définition officielle de l’habitat participatif. Certains le caractérisent par « la mobilisation des habitants dans la production ou la coproduction de leur cadre de vie et leur implication dans la gestion courante et ordinaire du patrimoine qu’ils occupent ». Il n’existe pas plus de 20 000 personnes concernées par les projets d’habitats qui ont défrayés la chronique pendant toute la période l’élaboration de la loi ALUR. Le grand sujet a surtout été de savoir comment devenir propriétaire d’un morceau collectif et concerne, en très grande majorité, une population au statut social élevé. Par contre, le gouvernement a recensé 16 949 personnes vivant dans des campements illicites en été 2013. C’est un chiffre étonnamment précis lorsqu’on sait l’obligation de se cacher pour les personnes concernées. Quand bien même... disons 20 000 autres personnes qui participent elles aussi à l’élaboration de leur habitat, dont la principale crainte est de se voir expulsée et qui n’a pas la voix au chapitre. Depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir, la situation ne s’est pas arrangée. Entre 2012 et 2013, le nombre d’expulsions de campements a doublé. Les procès pour les yourtes, cabanes... sont de plus en plus durs à gagner et l’État fait de plus en plus appel lorsqu’il perd en première instance. Les installations spontanées par choix ou nécessité ne sont elles pas pourtant concernées pas cette définition ?

Nous ferons un rappel historique sur la pérennisation de l’habitat provisoire d’après guerre au Havre. Est-il risqué de faire un parallèle entre des bombardements ou des catastrophes naturelles et la spéculation immobilière lorsque les conséquences sont les mêmes ? Pourtant les mesures ne suivent pas...


14h Atelier 4 : COMMERCE AMBULANT, TRAVAILLEURS MOBILES, ÉCONOMIE INFORMELLE.

Le commerce ambulant, la situation des travailleurs mobiles, évolution, état des lieux. Le lien est évidement direct avec l’habitat mobile ou éphémère. Une analyse du contexte sous un regard d’économistes, de sociologues sera sûrement très utile pour nous aider comprendre les mécanismes. Entre le monde que nous souhaiterions voir et les réalités de celui-ci, quelles forces devrions nous déployer ?

Nous ouvrirons également les questions de l’économie informelle fortement criminalisée, en France et plus largement en Europe. Les travaux d’Échelle Inconnue en Russie pourront nous servir d’exemple...


En soirée : Echelle Inconnue présentera une conférence état des lieux des différents types de mobilités en Haute-Normandie et présentera une vidéo réalisée en Russie.

Mardi 26

Il est important que nous sortions de ces journées avec les idées un peu plus claires et de définir quelques objectifs opérationnels pour l’année à venir. - proposition d’organisation - projets à mener


Mercredi 27

Pour celles et ceux qui pourront rester, HALEM est un outil qu’il faut huiler, entretenir, animer, rendre efficace. Il est possible de rejoindre celles et ceux qui s’y attellent en restant un jour de plus et en proposant, par exemple, de faire partie du « groupe animation du réseau », que nous appelons Conseil d’Animation ou de devenir une personne ressource de l’association.


Renseignements pratiques :

LIEU : Parc proche de la Mairie d'Harfleur (76) - Possibilité de garer son véhicule habitable (camion, caravane...)

Dates : du 24 au 27 août 2014

Plus d'informations sur HALEM : http://www.halemfrance.org/

Retrouvez Echelle Inconnue sur Twitter : @EchelleInconnue

♦ carnet de chantier #1 "pour nous, c'est du camping !"

Nous la prenons au mot !

La préfecture annonçait récemment au collectif de défense du bidonville du quartier de l'Eure qu'elle n'accorderai à celui-ci qu'un mois de survie. Elle autorisait cependant, sur ce même site, l'installation de toilettes sèches. En somme, un mois de sanitaire comme un verre d'eau pour faire avaler la pilule "expulsive". A moins qu'il ne s'agisse d'un os à ronger lancé aux chiens pour qu'ils s'y épuisent. Nous la prenons au mot. Et comme nous avons des dents à revendre attaquons l'os.

Le chantier commence avec plus de bras qu'il n'en faut pour décharger les camions et charger le matériel donné par quelques entreprises : palettes, sciure, etc.

Premier geste du chantier, nous installons notre tente Atelier Cartographique de Campagne tôt transformée en cabane de chantier pour le stockage des outils. Elle servira aussi de salle de projection. Mais pour l'heure, surtout, nous y dormons. Nous campons dans ce bout de Roumanie pauvre. Ce n'est évidemment pour nous que du camping. Bientôt nous repartirons, retrouverons nos lits, nos murs en dur, l'eau courante, l’électricité, les chauffe-eau, l'isolation, les toilettes et les douches.

Mais pour l'heure nous campons chez l'habitant, accueillis. On nous offre le café, on discute. On lit des papiers administratifs incompréhensibles pour les habitants des lieux. On tente d'aider, ce qui retarde un peu le chantier.

Ici tout manque mais surtout une interface, une traduction, un décodeur du monde de l'autre côté du mur : la France.

♦ MKN-VAN J-4 pour la souscription ulule

"français encore un effort!" Ces deux derniers jours, un bond surprenant de 10% de don a eu lieu. Encore un effort donc pour que l'atelier mobile destiné au travail avec les nouveaux nomades voit le jour. Il ne reste que 4 jours. Grand merci à tous les donateurs. souscrivez ici

♦ APPEL à SOUSCRIPTION

♦ Workshop Perpignan Match NOUS/JE : JE:1/NOUS :0... néanmoins...

Perpignan 110000 habitants environ, 1/3 de blancs, 1/3 d'arabes, 1/3 de gitans et, en statistiques impossibles, de nombreux invisibles, transmigrants, travellers, sdf européen ou universaux.... Soit une ville peuplée de 4/3 d'individus au moins. Voilà ce que les statiques n'ont pas le droit de dire et qui, bien que réducteur, a au moins le mérite de démasquer ce que la fable républicaine de l'assimilation ne peut contenir. C'est une ville tri ou quadripartite qui cependant « fonctionne » et dialogue, nécessairement, à l'occasion.

Rien de tout cela dans la bouche des étudiants en art de Perpignan ou si peu. À la question « qu'est-ce que la ville (Perpignan) mobile ? », les yeux se baissent et observent le nombril dans l'hypothèse où celui-ci se nomadiserait.

Ecole d'art de Perpignan HAERT 70 étudiants blancs ou presque comme dans la plupart des écoles d'art ce qu'encore les statistiques ne peuvent dire (peut-être est-ce un bien)

Provocateur, le lendemain de ma conf, je lance : « évidemment aucun d'entre-vous n'habite en caravane ! » Une main cependant se lève sans plus de timidité que de détermination. « Si. Moi. Mes parents sont agriculteurs et n'ont jamais eu de permis de construire alors on vit dans des mobil homes, des caravanes, des chalets. Juste à côté il y a un terrain de Gitans. Un peu plus loin un de Manouche. Mais je ne veux pas travailler avec eux. Ils sont débiles. Une mère à faillit tuer son fils en tentant de tuer ses poux avec du désherbant ! ». Quelques jours plus tard, cette étudiante revient, habillée comme la maîtresse de Pony Poney avec une idée de projet. « dans mon travail je me filme souvent dans mon quotidien avec un masque de poney. Là, je voudrais organiser chez moi le tournage d'une bataille entre les poneys et les lapins. Les poney chassant ces lapins étranger de leur territoire » Bof... Elle repart. Je la verrai finalement le dernier jour avec une autre idée. Elle a détourné la chanson Pirouette Cacahuète (ma maison est en carton... on vit camouflés pour ne pas se faire dénoncer...) se sera la bande son de longs plans séquences de sa (ses) « maisons ». « j'ai pas envie de faire pleurer dans les chaumières. Moi j'aime cette vie là » dit-elle. Alors un conte, une contine pour dire ce réel hors norme. Je l'invite à replacer de manière furtive le personnage au masque de poney, muet, dans un des plans pour appuyer le surréalisme, voire réalisme magique, de sa proposition. J'attends sa vidéo.

Un autre étudiant prend la proposition à revers et décide de travailler sur l'urbanisme répressif. Mobilité contre ville ? « Non ! C'est la ville qui pousse à circuler. Pas de banc sans accoudoirs anti sdf. Plus de marche sans pic... » il fait un pochoir « espace de repos gratuit » et doit taguer les lieux. Plus tard, il écrira une autre phrase. Plus tard encore travaillera avec une amie étudiante en architecture à l'aménagement de cette ville mobile pour défendre la possibilité de s'y arrêter.

Un troisième ne voit comme accroche que le livre qu'il lit en ce moment Walden ou la vie dans les bois récit du voyage immobile d'Henry David Thoreau dans une cabane à Concord et une question : « la vie autarcique décrite dans le livre serait-elle possible en ville ? » Il ne le pense pas mais tente de collectionner des lieux susceptibles de répondre aux différents « programmes » du livre. C'est la construction d'un lieu puzzle, composé de morceaux de ville. Il tente mais n'y parvient pas. Il filme finalement la cabane d'un père noël, y associe un extrait du texte, un manège pour enfant et y associe un autre traitant du chemin de fer. Le chantier de la préfecture, un autre encore. Chaque vidéo est un cycle, une boucle. Le texte vient en contradiction sur la ville un peu comme par absurde.

Une étudiante se considère comme le fruit des nomadismes et migrations de ses ascendants : russes, hongrois, tziganes, etc. Un habitat nomade ? Pour elle ? Certainement pas. Mais elle voudrait réaliser des « poches » entre vêtement et sac de couchage. « le minimum de ce que l'on emmène ». Ce sac, serait tissé des fils de ses filiations.

Le dernier enfin dit. « souvent dans mon travail j'écris... heu... je dis des textes... heu... mais la pensée... la pensée... ça va plus vite... alors tout mettre... dire.... il faut que je construise une télévision en carton et.... » On discute. La mobilité de son cerveau. La difficulté à arrêter la pensée. Les pistes, partout. Et ses idées ou rêves éveillés : de machines, « je vois des machines comme des ailes pour bouger. Et l'énergie rotative et les bateaux et les bulles mais les bulles ça avance pas tout seul.... » Nous avions, avec Sergueï, filmé des entretiens avec la plupart des étudiants. Je lui propose de se filmer seul avec toutes ses pistes, idées, pas arrêtées. Le lendemain il revient avec des vidéos. Face caméra tantôt couché, debout, assis, penché, pour rentrer dans le cadre. Ça fait penser aux caméras embarquées sur le Vendée globes, ces autoportraits de marins fatigués, la colonne vertébrale épousant les courbes de l'espace naval optimisé. Il parle aussi de vagabond je lui donne le texte de Achard « le colporteur. » A suivre

♦ « Le fil rouge sur l'fil bleu et.... sinon t'as pas d’aigus ». Histoire d'une co-invention : le Nigloblaster

Invention partagée d'un objet artistique, culturel, cartographique, enfin... un objet.

Nous faisons peu de choses en somme. Nous restons attentif au réel pour le recomposer et le re-présenter à ses acteurs. Rien ne nous importe moins que la mise en spectacle de la participation réputée citoyenne. Le travail, pour nous (c'est à dire les réalisations : films, affiches, objets) est le lieu de rencontre ; ce qui nous uni et dit « Nous ». Il semblait cependant utile de revenir (ne serait-ce que pour éclairer ces principes) sur la production d'un de ces objets. Manière aussi de revenir sur le rôle et la place centrale de Nito et Timothée dans le travail réalisé à Dieppe.

Depuis quelques semaines nous sommes voisins. Nito et Timothée vive depuis cinq ans en caravane sur le terrain à côté. Presque tous les jours ils passent nous voir en revenant fiers de leurs trésor exhumés de la déchetterie ou avant leur tournée avec leur charrette sonorisée accrochée au vélo.

Nous leur présentons des travaux plus anciens, des affiches réalisées avec des voyageurs. « hé Timothée t'as vu ? Il est bizarre le Gadgé » Nous leur donnons des appareils photos leur demandant de photographier leur quotidien. En moins d'une journée ils les ont remplis. Nous développons. Leur montrons. Commençons ensemble à les sous-titrer. « là c'est mon camping » « là mon chien, il chasse les rats »... Plus tard ils reviennent « les photos, faut pas les publier. Ma mère elle veut pas. Elle veut qu'on soit discrets. Elle n'a pas envie qu'on parle de nous » Et puis, lire, écrire, c'est pas leur truc.

Ils passent cependant, tous les jours. Nous poursuivons ensemble mais comme en privé la construction d'affiche à partir de leur photos. Visite quotidienne de voisinage. Leur sono à fond, avec un de leurs airs préféré sur cd « Mor tchavo on va chiner ». On parle charrette, vélo, mécanique. On envisage de diffuser autre chose que de la musique sur la charrette. On réalise une première esquisse de ce qui pourrait être le tatouage de Timothée : un niglo avec des gants de boxe qui ne remporte, auprès de l’intéressé, qu'un succès mitigé (mais comme rien ne se perd).

Parallèlement nous multiplions les rencontres, leur en parlons, leur montrons les images tournées. Ils commentent, interviennent, reconnaissent certaines familles à leur caravanes. A mesure, et en partie en raison du refus de leur mère de voir figurer leur « place », le projet de carte statique de la mobilité à Dieppe semble de plus en plus compromis voir injustifié. Nous décidons de nous concentrer sur la légende de la carte plus que sur le fond de plan. Rêvons tout haut d'un dispositif qui lirait le territoire ou le paysage comme une carte à l'Echelle :1. Nous revoyons nos voisins prenons conseil auprès d'eux pour réaliser un attelage vélo/carriole sonorisé capable de diffuser les différents entretiens, images et textes recueillis. le Nigloblaster est né.

Nous trouvons une charrette, commençons à la re-designer. Ils passent, en selle, circonspects. Passer autant de temps à peindre enduire poncer pour un truc qui marche si bien avec deux planches et un tendeur... décidément bizarres les Gadgés ! Ils font le tour, soulèvent le capot regardent les branchements. « c'est pas comme ça qu'il faut brancher ! Le fil rouge sur l'fil bleu et.... sinon t'as pas d’aigus ! » Nito soulève le dispositif. Nous l'emmenons à l'intérieur. Il se penche arrache la gaine des fils avec les dents, les torsade. Rebranche et pousse le volume à fond. « c'est mieux mais le haut-parleur est mort. Timothée ? Le gros dans ton camping, on pourrait pas leur passer ? » « on va trouver »

Le jour de l'exposition venu, le choc de la découverte de leur portrait en fresque passé, ils enfourchent à tour de rôle le vélo et tournent dans la salle. C'est le leur aussi.

Makhnovtchina / cycle urbanismes combattants
atelier cartographique de campagne


stany cambot / échelle inconnue
www.echelleinconnue.net mel@echelleinconnue.net


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