makhnovtchina

Makhnovtchina est un projet adisciplinaire et forain qui vise à expérimenter, co-naître et cartographier (sur tous types de supports) la ville mobile avec ceux qui la vivent ainsi qu'à outiller des situations critiques - ou les espaces produits par la Métropole – en Haute-Normandie et à l'Est de l'Europe (Russie / Moldavie).




♦ Exercice Moldave de déchirure foraine. Exercice Forain de déchirure moldave.

Je vous écris depuis Orange…- La révolution ou l'opérateur ?

Mon téléphone l'affirme depuis le passage de la frontière Moldave, c'est à Orange que chacune de mes connexions rapporte désormais de l'argent. Ici, la compagnie est partout, ce qui fait sens dans ce Far East commercial qui aurait pu lui préférer une compagnie russe.

Pluie légère sur le naufrage. Depuis septembre et la « disparition » d'un milliard de dollars des banques moldaves, les deux campements restent installés au centre ville. À 200 mètres l'un de l'autre, avec pour point de symétrie, la statue de Stefan cel Mare père fondateur officiel de la nation au XVe siècle mais aussi initiateur de l'esclavage des Roms (alors éclaireurs des Tatars).

Les rares médias et caméras qui s'étaient allumés ici l'été dernier (mais le plus souvent en automne) se sont depuis longtemps détournés, éteints. Rien de neuf, donc Rien pour le marché de l'événement. Or c'est bien ce qui en dit le plus long. Deux camps, là, depuis des mois. Celui de la « plateforme démocratique » face à la Maison du gouvernement, celui de la coalition socialiste et communiste face au parlement.

Des deux côtés des vétérans de la guerre de Transnistrie, cet autre non-événement au yeux du marché médiatique. Des deux côtés, des tentes qui peu à peu se pétrifient et prennent la forme de cabanes de bois ou de maisons de bâche pour le camp de la coalition ou de chambres froides ou d'igloos de polystyrène pour le camp socialiste-communiste.

De la guerre de mouvement que pouvaient évoquer les tentes de l'été dernier, les campements sont devenus l'instrument d'une guerre politique de position. Ils prennent place. Font place. Deux pôles fixes, toujours satellites de Stefan cel Mare pourtant. On y parle roumain d'un côté, russe de l'autre. On y vante le rattachement à la Roumanie, à l'Europe ou au contraire à la fédération russe. Les deux Camps font poids des deux côtés de la nappe prête à craquer qu'est le pays.

Autour, la vie du reste des Moldaves semble se poursuivre normalement dans cette étrange douceur qui émane de la ville. « Ils me semblent tous ridicules » entend-t-on ici ou encore « quelques instants j'ai cru qu'ils pouvaient porter une alternative mais aujourd'hui... » ou même « ce qui ce passe ? Je ne veux même plus regarder. Je vis. On verra ». Qui sont ces « Ils » ? Pour beaucoup de Moldaves peu importe entre les démocrates, nationalistes, ou ces communistes payés dit-on pour barrer le passage des chars de l'OTAN venus défiler le 8 mai (ce qui fait sens ?).

Ici, peut-être plus qu'ailleurs, on rabâche les vielles solutions dans un logiciel politique digne des années 50.

« On s'accorde à reconnaître, généralement, qu'une fédération Européenne cohérente et viable ne pourrait se constituer en dehors de la partie orientale du continent (...) Il va sans dire que, en vue d'une réorganisation réellement constructive de l'Europe orientale, les diverses politiques nationales des gouvernements en exil devraient, en principe, s'harmoniser entre elles, au moins en ce qui concerne certaines lignes générales. Malheureusement, il semble que ces politiques subissent, pour la plupart, l'empreinte d'un nationalisme exagéré, déterminant une « petite diplomatie » méfiante entre les divers « comités nationaux ». (…) cette situation est-elle irrémédiable ? Il serait prématuré de l'affirmer.» Janvier 1953 ! Réflexion sur une Fédéralisation de l'Europe Danubienne XX in Politique étrangère, n°6

Ce devrait être fini mais à peine quelques pas plus loin que la maison du gouvernement, on bute sur un troisième campement, de caravanes cette fois, réclamant un revenu minimum de 2000 lei. 100 euros environ.

À force de déménagements, les Moldaves sont comme expropriés de leurs histoires. Alors le campement… s'il n'est souhaitable fait clairement sens. Et pour lui seul, renvoie à une antériorité au concept Est/Ouest, quand, ici comme en Ukraine, une troisième voie sur roues, se levait : Makhnovtchina et ses sœurs sans descendance.

Mais, dans la culture de l’événement, le sens n'est pas médiatique.

♦ Jeannine et Michel



En maraude, au sud de l'intercom du pays brionnais, s’efforçant de suivre la Risle, nous tombons sur une rue en c coupée par la voie de chemin de fer.
Juste avant cette rue il y a un pont qui surplombe la rivière et un antiquaire. Sur notre droite une maison avec dans son jardin des caravanes défoncées, une casse artisanale.
Tout autour, des maisons et plus loin un chalet sans fondation. Celui-ci fait environ 30 mètres carré au sol, il au centre du terrain entouré d'herbe et à sa gauche se trouve un garage. Au loin, sur la droite on aperçoit cet immense pont avec l'A 28 qui le traverse.

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♦ Echelle dans le territoire Brionnais #04 – un matin pluvieux au camping de Pont-Authou

Quelques mois après la séance de projection de certains de nos films, retour au camping de Pont-Authou. Ce matin là, la pluie et la vision de ce camping presque vide n’est pas très joyeuse. Cependant, Jacqueline est là, comme toujours depuis 19 ans, ravie d' accueillir, dans ce camping ouvert en 1989. La mairie, à cette époque, avait décidé qu’il serait ouvert tout au long de l’année et l’aire d’accueil pour les Gens du Voyage avait naturellement été installée à côté. Aujourd’hui, rien de cela n’est assuré et au camping on se demande combien de temps les habitants pourront y rester.

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♦ Sotchi

Le plus grand aquarium de Russie ressemble davantage à une animalerie qu'à un méga centre aquatique. À la sortie une berline blanche. Adossé à un palmier, coupe à la brosse, pantalon blanc, chemise assortie ouverte sur un ventre rebondi il marmonne « taxi ? - oui ! centre ville - C'est loin ! Plus de soixante kilomètres !». l'agglomération de Sotchi s'étale sur 165 kilomètres.

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♦ Crash-test du Nigloblaster

Première sortie du Nigloblaster 2.0 au Pollet le mercredi 29 juillet 2015

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♦ La cour de l’école élémentaire de Ménilles, capitale temporaire de la ville foraine / L'utopie se concrétise du 13 au 15 avril 2015

Du 13 au 15 avril, des habitants mobiles et des commerces forains du département de l’Eure viennent s’installer dans cette école, lieu d’observation et d’ouverture sur ce qu’est la mobilité et ce que pourrait être l’école.

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♦ Chisinau. Le marché espace nécessaire de la ville transit.

« La plupart commencent sur le trottoir avec quelques cartons puis viennent installer ici un stand. S'ils réussissent ils ouvriront ensuite un magasin dans un des centres commerciaux de la ville.

Alors c'est une école de commerce à ciel ouvert ?

Tu sais beaucoup de gens ici on un diplôme universitaire. Mais après ? Il faut gagner sa vie, faire quelque chose. Alors ils montent un petit business.

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♦ RENCONTRES HABITAT LÉGER, ÉPHÉMÈRE ET MOBILE (HALEM) du 24 au 27 AOUT 2014 à HARFLEUR (Normandie)



Vous venez souvent jeter un œil sur ce journal en ligne. Il est temps maintenant de nous rencontrer pour discuter, débattre, échanger... Voici le programme :

Depuis l’été 2008, les rencontres de HALEM sont l’espace et le moment le plus important de l’association. Nous en profitons pour faire le point, analyser l’actualité, réfléchir aux différents besoins des personnes discriminées par leur mode d’habiter, établir les stratégies de l’année, rencontrer de nouvelles personnes, grossir notre équipe, nous organiser...

Tout au long de ces journées nous échangerons des situations diverses, des trucs et astuces, des conflits avec les communes, de la posture de l’État et de leur services, de l’insécurité dans les terrains de camping, de la situation des installations spontanées, de la lutte permanente que doivent subir les itinérants, les habitants de caravanes...

Chaque année nous choisissons un lieu qui illustre notre propos et où une résistance à soutenir est présente.

« Oui, Messieurs, c’est la guerre entre les riches et les pauvres : les riches l’ont voulu ainsi ; ils sont en effet les agresseurs. Seulement ils considèrent comme une action néfaste le fait que les pauvres opposent une résistance. Ils diraient volontiers, en parlant du peuple : cet animal est si féroce qu’il se défend quand il est attaqué. » Extrait de la défense d’Auguste Blanqui en Cour d’Assises, 1832 Le lieu :

Cette année, les rencontres de HALEM se passeront en Normandie, plus exactement derrière la mairie de Harfleur, près du Havre.

Depuis plusieurs années, quelques membres du Groupe Animation de HALEM nous interpellent sur leurs luttes et leurs recherches sur ce territoire.

Dans leurs visites aux environs du Havre, ceux-ci ont rencontré plusieurs raisons pertinentes de faire réagir HALEM.

Le secteur du Havre, de part sa configuration de ville portuaire est très symptomatique pour parler de la mobilité lié à l’activité (péniches, marins, gros chantier... ). La ville a été totalement reconstruite après la guerre et abrite encore un quartier de cabanes sensé être provisoire et habité par des personnes qui ne sont pas disposées à déménager... Important !!!

   Les repas pourront être pris collectivement (cuisine et réfectoire sous un grand barnum),
   Un chapiteau, un tipi, une grande tente et peut être une yourte pour dormir...
   Pensez à prendre vos couchages (matelas, tentes, camions, caravanes...)
   possibilité d’arriver dès vendredi 22 et donner un coup de main pour la préparation.
   Si vous avez besoin de plus de confort, quelques hébergements sont possibles chez des militants

N’hésitez pas à nous contacter...

Programme :

Avec la participation d’Échelle Inconnue : http://www.echelleinconnue.net/

   Une conférence état des lieux des différents types de mobilités en Haute-Normandie
   Une lecture de texte sur la situation en Russie.
   Diffusion avec le journal d’Échelle Inconnue des travaux des rencontres
   Essaie d’un document vidéo à partir des interventions.



DIMANCHE 24

10h Présentation d'Halem, du contexte local et des associations membres du réseau

14h Atelier 1 : TECHNIQUES DE NOMADES, DE CONSTRUCTIONS LÉGÈRES ET HACKING

Il a semblé intéressant de rentrer cette fois-ci dans le débat par une approche plus technique que d’habitude.

L’habitat mobile, éphémère évolue avec la société et n’est, contrairement aux apparences, pas du tout en marge, bien au contraire, il est même souvent à la pointe de l’innovation. Des techniques, des réseaux d’entraides, des échanges dans le même esprit que le logiciel libre...

Le législateur ne cesse de nous rabattre les oreilles avec ses « liens sociaux » tout en s’acharnant à détruire cette solidarité que nous pourrions presque nommer « solidarité de classe ». Depuis les systèmes D ingénieux jusqu’aux kits du type « la yourte mongole » devenue la tarte à la crème de l’HL, nous pourrions présenter des solutions pour obtenir un confort qui feraient pâlir de jalousie bien des logements plus conventionnels.

Nous espérons que la rencontre avec les hackers de Rouen et du Havre (les bidouilleurs en programmation / électronique / création d’outils libres..), avec les bricoleurs de l’habitat légers ou mobile sera fructifiante. Notre philosophie commune : nous accaparer nous-mêmes tous les outils possibles, en créer d’autres pour notre autonomie et ne pas dépendre du marché et des exploiteurs.


16h Pause

16h30 Atelier 2 : DANSE AVEC LES ÉLUS : la loi ALUR, état des lieux et conséquences...

Nous sommes nombreux à penser que celle-ci n’a rien fait évoluer voir même comporte des aspects discriminatoires envers les habitantEs de caravane que le législateur nomme sans vergogne « gens du voyage ». Confirme t-elle, dans sa forme, le droit que possèdent les élus à choisir qui a le droit de vivre sur son territoire ?

Contrairement à ce que beaucoup pensent, il n’y a pas « d’après la loi Alur » : aucun décret n’est tombé. Les assos sont maintenant définitivement exclues du débat depuis le départ de Cécile Duflot, les collectivités s’empressent de créer leur documents d’urbanisme, comme d’habitude en essayant d’exclure une partie de leur population, en la rendant illégale sur leur territoire, en rivalisant de zèle et en sautant sur toutes les occasions pour organiser sa chasse aux plus modestes... Les arguments écolos deviennent les principaux ennemis des installations spontanées, celles-ci devenant les fautives de la disparition des espaces agricoles, les malpropres qui détériorent le paysage par leur unique présence...

Nous nous appuierons entre autre sur l’exemple de l’agglo du Havre (la codah), sur sa posture, ses décisions en matière d’habitat léger et sur les affreux débats que nous avons entendus sur les bancs des législateurs. Nous essaierons de les rencontrer pour parler de futur/bonnes pratiques...


LUNDI 25 AOÛT 2014

10h00 Atelier 3 : L’HABITAT PARTICIPATIF : avant garde ou concept bobo et gentrifieur ?

Au sujet de l’habitat participatif. Un vaste débat est en cours pour définir un concept flou et qui par ce fait contribue à ne pas poser les vrais questions.

Il n’existe pas de définition officielle de l’habitat participatif. Certains le caractérisent par « la mobilisation des habitants dans la production ou la coproduction de leur cadre de vie et leur implication dans la gestion courante et ordinaire du patrimoine qu’ils occupent ». Il n’existe pas plus de 20 000 personnes concernées par les projets d’habitats qui ont défrayés la chronique pendant toute la période l’élaboration de la loi ALUR. Le grand sujet a surtout été de savoir comment devenir propriétaire d’un morceau collectif et concerne, en très grande majorité, une population au statut social élevé. Par contre, le gouvernement a recensé 16 949 personnes vivant dans des campements illicites en été 2013. C’est un chiffre étonnamment précis lorsqu’on sait l’obligation de se cacher pour les personnes concernées. Quand bien même... disons 20 000 autres personnes qui participent elles aussi à l’élaboration de leur habitat, dont la principale crainte est de se voir expulsée et qui n’a pas la voix au chapitre. Depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir, la situation ne s’est pas arrangée. Entre 2012 et 2013, le nombre d’expulsions de campements a doublé. Les procès pour les yourtes, cabanes... sont de plus en plus durs à gagner et l’État fait de plus en plus appel lorsqu’il perd en première instance. Les installations spontanées par choix ou nécessité ne sont elles pas pourtant concernées pas cette définition ?

Nous ferons un rappel historique sur la pérennisation de l’habitat provisoire d’après guerre au Havre. Est-il risqué de faire un parallèle entre des bombardements ou des catastrophes naturelles et la spéculation immobilière lorsque les conséquences sont les mêmes ? Pourtant les mesures ne suivent pas...


14h Atelier 4 : COMMERCE AMBULANT, TRAVAILLEURS MOBILES, ÉCONOMIE INFORMELLE.

Le commerce ambulant, la situation des travailleurs mobiles, évolution, état des lieux. Le lien est évidement direct avec l’habitat mobile ou éphémère. Une analyse du contexte sous un regard d’économistes, de sociologues sera sûrement très utile pour nous aider comprendre les mécanismes. Entre le monde que nous souhaiterions voir et les réalités de celui-ci, quelles forces devrions nous déployer ?

Nous ouvrirons également les questions de l’économie informelle fortement criminalisée, en France et plus largement en Europe. Les travaux d’Échelle Inconnue en Russie pourront nous servir d’exemple...


En soirée : Echelle Inconnue présentera une conférence état des lieux des différents types de mobilités en Haute-Normandie et présentera une vidéo réalisée en Russie.

Mardi 26

Il est important que nous sortions de ces journées avec les idées un peu plus claires et de définir quelques objectifs opérationnels pour l’année à venir. - proposition d’organisation - projets à mener


Mercredi 27

Pour celles et ceux qui pourront rester, HALEM est un outil qu’il faut huiler, entretenir, animer, rendre efficace. Il est possible de rejoindre celles et ceux qui s’y attellent en restant un jour de plus et en proposant, par exemple, de faire partie du « groupe animation du réseau », que nous appelons Conseil d’Animation ou de devenir une personne ressource de l’association.


Renseignements pratiques :

LIEU : Parc proche de la Mairie d'Harfleur (76) - Possibilité de garer son véhicule habitable (camion, caravane...)

Dates : du 24 au 27 août 2014

Plus d'informations sur HALEM : http://www.halemfrance.org/

Retrouvez Echelle Inconnue sur Twitter : @EchelleInconnue

♦ Au bord de la Seine... Être âgé de plus de 70 ans, habiter dans une caravane et ne pas avoir l'eau courante, c'est encore possible en France !

Il y a un mois, nous avions déjà pris cette route et rencontré un plaisancier à la retraite. Les mains dans le cambouis ce jour-là, nous revenons un peu sur nos pas et rencontrons un autre habitant de la rue. Monsieur R. profite du soleil à l'ombre de son parasol. Devant lui de nombreuses fleurs. Derrière, une cabane en bois abrite une caravane. Sur sa droite, derrière une petite haie, son jardin potager.

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♦ Au bord de la Seine... Construire, oui, mais sous le sol s'il vous plait !

Toujours installés dans notre twingo, nous poursuivons notre repérage de la mobilité sur les bords de la Seine. Au bord de la route, au-delà d'une haie fleurie, caravanes et cabane se laissent apercevoir. Monsieur C. nous accueille. Il est élagueur.

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♦ Moscou. Bois de coffrage et démocratie.

Le parc de l'auteur d'ta mère et la ville cool.
les formes internationales de la ville légère institutionnelle.


Moscou a poussé pendant la nuit. Le temps d'une éclipse en France et en Moldavie, le soleil vertical écrase la canopée qui recouvre le rez-de-chaussée de la ville. À l'ombre des arbres qui échappent ici à la rituelle et printanière mutilation de l'élagage, la boue du dégel s'est asséchée en terre poussiéreuse.

Il n'y a pas que les arbres qui poussent ici, la ville chantier continue de faire pousser ses étages, les « algeco » de tôle aluminium qui frigorifiaient l'esprit il y a quelque mois l'étouffent aujourd'hui à penser à ceux qui y vivent comme en étuve.

Les parcs se remplissent d'une foule compacte goûtant au vert, le temps d'un week-end, déambulant au milieu des constructions temporaires et légères : kiosques, bars, scènes, tentes géantes, containers aménagés qui, eux aussi, viennent de pousser là. Dans cette très officielle enclave verte, nomade et légère, où se décline la nouvelle grammaire de la ville cool internationale, on oublie presque les conflits en Ukraine, les migrants en containers, les anarchistes tabassés, les destructions de marchés et autres campagnes municipales anti-migratoires. Ici, l'espace est pacifié.

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♦ Acte I scène 2 de cette pièce trop souvent jouée

Retour sur le quartier de Couronne prolongée où l'état de guerre déclaré par la ville est aujourd'hui visible. Le 25 mars dernier, les premiers voyageurs du terrain des graviers, aire d'accueil illicite tolérée par la ville jusqu'à ce que les terrains de la rue de Couronne ne deviennent intéressants en terme d'expansion urbaine, ont intégré leurs logements dans le village de stabilisation conçu pour eux, dans une autre poche de fragilité urbaine, entre voies ferrées et industries. La police municipale qui jusqu'alors ignorait ce quartier y passe désormais trois fois par jour. Le jour de leur départ, les tractopelles se sont activées à massacrer la première moitié de ce terrain, afin que personne ne puisse s'y réinstaller. Acte I scène 2 d'une comédie trop souvent jouée.


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♦ Les trains...

Ceux de la Makhnovtchina, entrevus dans le film d'Hélène Chatelain, celui de Ziga Bertov, qui peut-être, un jour croisa les premiers en Ukraine. Celui de Medvedkine. Ceux qui amènent aux trois gares de Moscou les « migrants », candidats à la fabrique de la ville planifiée quitte à devoir dormir dans des containers. Les trains de la gare de treillage de Sotteville-lès-Rouen dans les wagons desquels dorment des employés.

Des trains et des lignes de chemin de fer qui, traçant la route, écartent le paysage et le plan même; générant à leurs abords des blancs de carte sur lesquels on vient vivre et construire quand on ne peut faire autrement... Hors-la-loi, hors la carte, comme hors la France ou la Russie profitant du vide là : caravanes ou espaces auto construits le long de la ligne Rouen/Paris ou Moscou/Domenovo. Les trains révèlent les bidonvilles prétendument disparus. Ils révèlent, la cécité entretenue.

chantier aux abords de la ligne Moscou/Domenovo

Et ces trains, américains ceux-là, qui transportaient les barnums du monsieur du même nom. Et celui, bolchevique, dont Voline tente de rattraper la métaphore politique pour y grimper et l'offrir au peuple.

Trains omniprésents, quoiqu'à respectable distance de ce qui nous occupe, mais trains tout de même dont on discutait avant mon décollage relativement aux collaborations universitaires Francorusse.

Je n'avais pour moi, jusqu'à présent, que la guerre du rail, juste vengeance face aux trains de la mort. Me manquait ces trains, tous les autres qui disent et sculptent notre monde.

♦ Moscou : C'est dans le cambouis que le modernisme (re)naît. Le garage de Melnikov.

« Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie » Lautréamont

« L'image est une création pure de l'esprit. Elle ne peut naître d'une comparaison mais du rapprochement de deux réalités plus ou moins éloignées. Plus les rapports des deux réalités seront lointains et justes, plus l'image sera forte. » Reverdy

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♦ Acte I d'une pièce trop souvent jouée

Ils s'appellent Rodrigues, de Freitas, Dosreis. Ils vivent tous rue de Couronne Prolongée depuis 15 ans, 20 ans, 30 ans et, bientôt, n'auront plus de maisons. Déjà, à l'angle de la rue, les premières clôtures ne renferment plus rien.

C'est l'observation de ce quartier, le premier acte de la destruction de toutes traces de l'urbanité, qui s'est crée d'elle-même avec le temps et les moyens dont disposaient ces habitants, que l'on propose ici. Le journal d'un effacement du réel pour faire correspondre le territoire à la carte.




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Makhnovtchina / cycle urbanismes combattants
atelier cartographique de campagne


stany cambot / échelle inconnue
www.echelleinconnue.net mel@echelleinconnue.net


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