makhnovtchina

Makhnovtchina est un projet adisciplinaire et forain qui vise à expérimenter, co-naître et cartographier (sur tous types de supports) la ville mobile avec ceux qui la vivent ainsi qu'à outiller des situations critiques - ou les espaces produits par la Métropole – en Haute-Normandie et à l'Est de l'Europe (Russie / Moldavie).




♦ Jean-Charles aux premières loges pour observer la 8ème étape du tour de France !

Cependant, derrière la carte du tour de France, d'autres courses se disputent. De Flamanville à Vernon, plusieurs dizaines de milliers d'ouvriers mobiles sillonnent la France, de centrales en usines, pour consolider la ville planifiée qui une fois édifiée viendra alors les pourchasser. Habitants plus ou moins temporaires de campements ouvriers ou de camions solitaires, ils dessinent sur leur chemin une autre ville, celle-ci mobile et inquiète. C’est dans ce reflet trouble des espaces en crises de la ville officielle qu'émergent néanmoins autant de pratiques, de détournements, de modes de vie et de sociabilités visant à rendre l'impossible vivable.

Pour voir les nouvelles créations de Jean-Charles : Eolienne foraine, série Hacking ouvrier - Chauffe-eau forain, série Hacking ouvrier

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♦ Retour sur Flamanville printemps 2018

Rencontres, tournage et projections à Flamanville avec les ouvriers détachés qui travaillent à l’EPR de Flamanville et leurs modes de vie.

  • Contexte

Le territoire rural a changé de nature, c'est désormais un territoire urbanisé. La modification majeure dans le paysage du Cotentin aux alentours de Flamanville est produite par le chantier infrastructurel (EPR). 

Selon EDF, 5000 ouvriers travaillent sur le chantier de l'EPR et 1700 ouvriers sont appelés en 2018 dans le cadre du grand carénage (visite technique décennale de la centrale en fonctionnement). Cette arrivée massive d’ouvriers dans cette petite ville de plus de 1000 habitants nécessite l’installation de parkings géants à proximité de l’EPR. Il y en a actuellement six autour du chantier et un nouveau parking de 800 places vient d'être construit. Des navettes ont été mises en place par EDF pour emmener les ouvriers des parkings jusqu'à l'EPR.


  • Rencontres avec les ouvriers lors de projections de films

C’est à la Forgette, bar à proximité de Flamanville, que nous retrouvons les ouvriers du chantier de l’EPR (Réacteur pressurisé européen). Grâce à la tenancière, une soirée de projection de nos films est organisée. L’occasion de faire connaître notre travail, de rencontrer de nouvelles personnes, de mieux comprendre leurs situations. 

Durant la soirée, nous avons discuté avec certains travailleurs de l’EPR et ainsi d’en apprendre plus sur ce chantier qu’est l’EPR, ses besoins en travailleur mobiles et sa singularité. Après ces nombreux échanges, le tournage du film va pouvoir démarrer. Le projet prend la forme d'une écriture hybride entre documentaire de création, fiction et objets vidéos (animation, textes, cartes...).

Il s'agit de construire un projet commun : un avec les habitants de cette urbanité particulière en prenant comme point de départ l'entretien et la prise de vue. Le film s'inscrit dans un processus long de work in progress où le temps se partage en périodes de résidence à Flamanville et périodes de restitutions.

Pour commencer, un premier film est réalisé en reprenant des images d'archives, ce qui permet d'introduire les questions liées à l'habitat des ouvriers en lien avec les projets infrastructurels à Flamanville (mines de Diélettes, centrale nucléaire, EPR...) depuis le XIXème siècle.

  • Visites des lieux en compagnie de quelques ouvriers dont voici les récits.

Nous parcourons les allées de la base de vie des Pieux avec Paulo, où 196 mobil-homes sont installés par l’AIE sur cet ancien parking communal, pour loger les ouvriers en déplacement sur le chantier de l’EPR. Chaque mobil-home comporte deux chambres ; tous les résidents vivent donc en colocation.

Les mobil-homes sont perchés sur quelques parpaings empilés et Alexandre, un collègue de travail de Paulo lui aussi Portugais, nous fait part des tarifs et du mode de vie.
Chaque mobil-home revient à 400 euros à la boîte qui doit loger ses ouvriers, donc 200 euros par tête : « Si tu veux aller vivre autre part, la boîte te reverse 200 euros par mois. Mais les loyers sont chers et tu dois payer les charges… Ici au moins on a chaud en hiver ! »
Alexandre évoque le fait que les mobil-homes ne sont pas très bien isolés, et surtout du bruit.
Un règlement est affiché dans chaque bungalow et un gardien est présent en permanence sur le site. Les règles les plus contraignantes pour les habitants concernent les visites : interdiction de recevoir de la visite sans en avoir demandé l’autorisation au préalable au gardien et interdiction inconditionnelle de recevoir de la visite entre 22h et 10h. Beaucoup de Portugais vivent sur la base vie des Pieux ; également de nombreux Ukrainiens qui travaillent en France sous contrat portugais. « Ils n’ont souvent pas de famille au Portugal bien qu’ils aient la double nationalité. »
Alexandre est embauché par la même boîte d’intérim portugaise que Paulo, contractée en sous-traitance par la société SPIE Nucléaire, elle-même sous contrat avec EDF. Ils sont chargés de réaliser les chemins de câbles, les raccordements et les tirages de câbles. « Les charges sont plus importantes en France », explique Paulo. Il y a toutefois une très grande différence de salaire en fonction du pays d’où est délivré le contrat.


  • Un environnement hostile

Au camping de Flamanville, un ouvrier explique les conditions rudes que les personnes peuvent subir.
« Lorsqu'ils veulent se débarrasser d'un gars, ils lui font faire "Le Tour de France" : deux jours à travailler ici, quatre jours à travailler là-bas... Il peuvent t'envoyer du jour au lendemain dans une centrale à l'autre bout de la France ! Ni le temps de rentrer chez toi, ni de trouver un logement sur place... Tu ne tiens pas... Tu lâches...» 

L’ équipe a suivi Richard, ouvrier vivant en gîte, lors du trajet en bus qu’il prend depuis le parking de Tréauville jusqu’à l ‘EPR. Il nous parle de la difficulté pour se garer, l'attente entre les navettes mais aussi de son parcours...


Une prochaine session de tournage aura lieu en septembre pour continuer les entretiens avec d’autres ouvriers comme Yannick qui vit en camion aménagé ou Francis qui répare un petit bateau pendant son temps libre. Sans oublier, les dragons du trou Balligan, mutiques anonymes mais pas encore terrassés par ce monstre surgit des mines.

♦ Flamanville brûle-t-il? Prologue

Le territoire rural a changé de nature, c'est désormais un territoire urbanisé. La modification majeure dans le paysage du Cotentin aux alentours de Flamanville est produite par le chantier infrastructurel (EPR).



Selon EDF, 5000 ouvriers travaillent sur le chantier de l'EPR et 1700 ouvriers seront appelés en 2018 dans le cadre du grand carénage (visite technique décennale de la centrale en fonctionnement). Alors que les formes mobiles de l'habitat et plus largement de la ville sont réputées incompatibles avec la ville planifiée, elles sont cependant nécessaires voire souhaitées lors de travaux infrastructurels pour loger la main d’œuvre au plus près du chantier.



Pourtant, cette urbanité temporaire déroge aux règles d'urbanismes et au droit commun du logement. Il s'agit d'enclaves économiques spéciales ou dérégulées, accueillant travailleurs français comme travailleurs détachés ; ou pourtant, des sociabilités, détournements et modes de vie subsistent et résistent grâce à ses habitants.



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♦ Le tour de France du nucléaire

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♦ Flamanville brûle-t-il? Extrait 1 : Entretien à la base vie des Pieux.

Flamanville brûle-t-il? Extrait 1 : Entretien à la base vie des Pieux. from Echelle Inconnue on Vimeo.


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♦ Soirées de projection à Limay et Gennevilliers

Dernière semaine avant les fêtes de fin d'année, il est temps pour nous de présenter notre travail final sur les ports de Limay et Gennevilliers. Nous projetons dans des lieux propres au film "Le port, les monstres" : AMF, l'aire d'accueil et le Rendez-vous des chauffeurs.

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♦ AXE SEINE - Transit historique

Au fil du fleuve et du temps : Gennevilliers et Limay, deux villes industrielles et portuaires où viennent se caser vi(ll)es mobiles et transitoires.

♦ Soirée projection de films à l'aire d'accueil de Limay : « C’est pas mal votre film, mais quand même il manque quelque chose... »

Nous arrivons un jeudi soir à Limay avec le MKN-VAN pour présenter l’avancée de notre travail dans les ports de Limay et de Gennevilliers. Valérie, responsable du Pôle Habitat à l’ADVOG, nous accompagne. Nous nous dirigeons tout d’abord vers des terrains situés au sud de la ville, habités par des Voyageurs dont l’expansion du port va provoquer l’expulsion. Un jeune garçon nous invite à le suivre. « Mes parents, mes frères, tout le monde travaille la ferraille ici ! Moi aussi, déjà, je commence avec mon père ! » Le terrain où il habite est situé au bout d’un chemin le long duquel caravanes et caisses aménagées se succèdent, urbanisation caractéristique de cette lisière portuaire. « Certaines personnes sont installées ici depuis plus de 20 ans ! » Arrivés sur le terrain, plusieurs personnes viennent à notre rencontre et nous proposent de garer le camion au centre du terrain pour projeter quelques films. Puis une femme se joint au groupe : « Nous n’avons rien à vous montrer, c’est un terrain privé ici, veuillez sortir maintenant ! » Un des fils vient nous retrouver à l’extérieur avec sa copine. Ils nous expliquent : « La ferraille, c’est tabou ! »

Nous nous rendons alors sur l’aire d’accueil de Limay, où nous avions déjà fait la connaissance de Teddy et Johnny, jeunes ferrailleurs qui nous avaient alors proposé de les accompagner dans une tournée nocturne des encombrants. Nous installons le MKN-VAN à l’entrée de l’aire d’accueil, l’écran déployé vers les caravanes. Au programme : notre entretien avec Claude, chauffeur routier travaillant comme transporteur pour l'entreprise de recyclage GDE, avec qui nous avions fait la route « GDE Gennevilliers - GDE Limay » afin de livrer de la ferraille il y a quelques semaines et des images d’archives concernant l’extension du port de Limay et les réunions de concertation la concernant. Une vingtaine de personnes rejoignent cette projection improvisée. Tous sont enthousiastes par le camion, les films, le sujet de la ferraille et des usines du port qui les entourent. Un jeune homme s’installe sur un muret près du camion pour jouer de la guitare. « C’est un Reinhardt ! » nous dit sa mère.


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♦ Bases vie et campings ouverts à l'année_Flamanville, chantier de l'EPR

Nous partons à Flamanville afin d'aller à la rencontre des ouvriers mobilisés sur le chantier de l'EPR. Certains sont sur place depuis le début du chantier, en 2007. Une petite dizaine de campings situés à Flamanville et ses environs, accueillent à l'année certains de ces ouvriers. Au camping municipal de Siouville, la réceptionniste nous explique que dans la région tous les campings sont ouverts à l'année, à l'exception de ceux qui sont uniquement touristiques. « Ha bon ? Ailleurs les campings sont tenus de fermer un mois dans l'année ? » s'étonne-t-elle. Dans ce camping, cohabitent à l'année retraités et ouvriers du chantier de l'EPR et tous ont la possibilité de recevoir leur courrier sur place. Les retraités sont presque tous propriétaires de leur mobil home. Certains ouvriers du chantier possèdent aussi leur propre caravane ou camping car et d'autres louent des mobil homes. Pour augmenter la capacité d'accueil, le camping a également été étendu au moment du lancement du chantier. Sur cette parcelle située au bout du camping sont disposés une vingtaine de mobil homes appartenant à l'AIE, l'Association Inter Entreprises, financée par les entreprises titulaires d'un marché avec EDF. Elle a pour but de prendre en charge le logement, la restauration et les transports des ouvriers de l'EPR. « C'est l'AIE qui gère cette partie du camping ! Les ouvriers leur payent directement la location et voient avec eux pour ce qui est de l'entretien des mobil homes. Par contre, ils sont soumis au règlement intérieur du camping et ont accès à ses sanitaires. Il y a un arrangement entre l'AIE et les élus mais je ne sais pas lequel... ».

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♦ Petite leçon de Manouche au bord de la Risle

Première maraude avec le MKN-VAN dans la commune de Pont-Audemer, dans l’Eure. Le long de la Risle, sur la gauche, une petite allée entre de deux parkings, amène à un terrain sur lequel sont installées de nombreuses caravanes.
Un homme s’avance : Anthony, qui habite une de ces caravanes. Il nous apprend alors que cet endroit est une ancienne déchetterie où « les gens venaient y déposer leurs gravats. »

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♦ Axe Seine... proximité de Vernon « On veut boire de l'eau au robinet ! »

Il n'y a toujours pas d'eau au camping de Limetz, « mais on a racheté une plus grande cuve ! », nous annonce Lucille à notre arrivée. Elle raconte aussi qu'il y a quelques mois, un homme est venu les voir – soit disant - de la part de la propriétaire pour leur demander de payer de nouveau un loyer. Le loyer est alors fixé à la tête du client, de 200 à 300 euros par emplacement. En échange, il devait faire quelques travaux d'aménagements sur le camping et remettre l'eau. Au bout de deux mois, ne voyant aucune modification, Lucille se rend à la gendarmerie avec sa quittance de loyer : « Le papier était bidon ! C'est dur quand même 400 euros pour rien... ».

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♦ Jeannine et Michel



En maraude, au sud de l'intercom du pays brionnais, s’efforçant de suivre la Risle, nous tombons sur une rue en c coupée par la voie de chemin de fer.
Juste avant cette rue il y a un pont qui surplombe la rivière et un antiquaire. Sur notre droite une maison avec dans son jardin des caravanes défoncées, une casse artisanale.
Tout autour, des maisons et plus loin un chalet sans fondation. Celui-ci fait environ 30 mètres carré au sol, il au centre du terrain entouré d'herbe et à sa gauche se trouve un garage. Au loin, sur la droite on aperçoit cet immense pont avec l'A 28 qui le traverse.

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♦ Julien

Si vous habitez Rouen, vous avez sûrement déjà croisé Julien, souvent sans le savoir. Originaire du Havre, il quitte Tarbes en 2007 après avoir perdu sa maison et ses trois chiens dans un incendie. Depuis 2012, Rouen. Et la manche, place du Vieux Marché, au pied du Micromania d'abord et aujourd'hui près de la gare en semaine et, le dimanche, près du carrefour de la fac de droit.

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♦ Echelle dans le territoire Brionnais #03 - Mobilité du travail au camping de Pont-Authou

Nous nous rendons un matin au camping de Pont-Authou. Il fait beau, et nous avons l'objectif de filmer les avenues de ce camping habité en parti à l'année ; caravanes, mobilhomes installés sur de petits terrains tous très bien entretenus, tondus, décorés, scénographiés.



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♦ Echelle dans le territoire Brionnais #02 - Rues entre voies départementales et ferrées

Nous sommes en repérage et ce matin, nous décidons de prendre toutes les petites rues qui partent sur la gauche de la route principale, en direction de la voie ferrée, ou plus précisément qui sillonnent entre la départementale et la voie ferrée.

À première vue, la première rue que nous prenons est un chemin privatif, mais les nombreuses boites aux lettres nous indiquent que la voie dessert plusieurs parcelles. Les premières accueillent des maisons en bois imposantes. En revanche, plus loin, sur la gauche, on y trouve une caravane bien installée sous son toit, un mobilhome dont les pots de fleur et le barbecue sont en béton, à droite, une caravane de forain. L'impasse se termine par un terrain dont les arbres dissimulent presque une cabane comme extension d'une caravane.





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Makhnovtchina / cycle urbanismes combattants
atelier cartographique de campagne


stany cambot / échelle inconnue
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