makhnovtchina

Makhnovtchina est un projet adisciplinaire et forain qui vise à expérimenter, co-naître et cartographier (sur tous types de supports) la ville mobile avec ceux qui la vivent ainsi qu'à outiller des situations critiques - ou les espaces produits par la Métropole – en Haute-Normandie et à l'Est de l'Europe (Russie / Moldavie).




♦ #2 Tournée du MKN-VAN avec la Fanzinothèque de Poitiers dans le pays Brionnais

Du 15 au 21 mai, la Fanzinothèque mobile et le MKN-VAN ont été en territoire Brionnais pour créer un Fanzine avec les lycéens (lycée Augustin Boismard), faire une exposition, de la sérigraphie et des diffusions de nos films avec le MKN-VAN.

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♦ Soirée de projection de films à la forgette

C’est à la Forgette que nous retrouvons ce soir là les ouvriers du chantier de l’EPR (Réacteur pressurisé européen). La Forgette, bar situé aux Pieux à 5 Km de Flamanville. La Forgette aussi, où nous avions rencontré pour la première fois Cyrille, Gigi, Paulo, Mathieu et Eddy. À la Forgette encore, et grâce à Valérie, tenancière, que nous avons décidé d'organiser une soirée de projection de nos films. L’occasion pour nous de faire connaître notre travail, de rencontrer de nouvelles personnes, de mieux comprendre leurs situations.

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♦ Deuxième tournée du MKN-VAN !

Pour cette deuxième tournée du MKN-VAN nous sommes partis à la rencontres de personnes, de situations : déjà vues ou écrites, filmées. Une semaine pour continuer le travail avec eux.
La lanterne magique nous a guidés dans l'Eure, de Brionne à Ménilles, d'Etrepagny à Limetz.

Anciens Articles sur le camping de Limetz, ses problématiques d'accès à l'eau et les films avec Lucille et Kevin habitants du camping : Ici, Ici, Ici
Ancien Article sur Etrepagny et sa base vie ou nous avions rencontré Jean-Pierre : Ici
Anciens Articles sur Jean-Charles et Marie-Christine, habitants en camion au bord d'une route et bricolant régulièrement leur camion : Ici, Ici, Ici
Anciens Articles sur Ménilles, école "capitale du Royaume sur Roues" : Ici, Ici, Ici, Ici


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♦ Compte rendu des rencontres de l'habitat léger et mobile 2016 à Rouen / Désinventer la Seine

Désinventer la Seine, note d'intention des rencontres :

Reconquête ! Les mots sont lancés à travers une Europe désindustrialisée, de la Seine à la Moskva.

Depuis 2013 à Rouen, mairie et métropole ont lancé les chantiers de reconquête de la rive gauche des bords de Seine. Ceux-ci constituaient pourtant en plein centre ville une rareté : une place pour la ville mobile et foraine, accueillant retraités en camping car, travellers, voyageurs, habitats et commerces forains, cirques et circassiens etc. Mais le rouge est mit. Pelleteuses et Barrières signent à grand frais la fin de cette exception urbaine. Après un début d’aménagement sans bruit, communication et marketing ont pris le relais et, sur les affiches, camions, tentes, stands et camping-cars sont remplacés par les vélos, pelouses et hypothétiques cerfs-volants de la métropole techno-verte et conviviale.

Il s’agit à présent de mettre des mots et des images sur cet art de faire la ville, contre le voyageur : « Le fleuve devient un lieu de vie, d’activité économique et d’habitat », disent-ils. Comment ? « (…) par l’anéantissement d’un lieu de vie, d’habitats et d'activités économiques qui y étaient présent », voudrions nous rajouter.

À notre tour de poser des mots, de dire ce qu’il en est et de raconter ceux qui vivent, mobiles dans les vides des cartes.

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♦ Repousser les oiseaux de fer - Notre-Dame des Landes / juillet 2016

Il y a à la Zad des gens de passage, des gens qui y vivent depuis l'opération César ou même pour très peu d'entre eux depuis les années 90. Il est difficile de connaître l'histoire de celle-ci et de son développement, ce qui est sûr c'est qu'historiquement il y a sur le terrain, trois exploitants agricoles qui se sont opposés dès les années 60 au projet d'aéroport, le projet est alors tombé dans l'oubli dans les années 70. Dans les années 90, à l'aube d'une résurgence du projet seraient venus se greffer quelques squats autour de ces fermes. C'est à partir de 2009 et 2010 que vont s'installer plus massivement les Zadistes.

En effet, en 2009 s'y est déroulé le premier camp action climat. En 2010 pendant le G8 a été recensé sur la planète beaucoup de manifestations qui furent violentes et extrêmement répréhensives, notamment à Strasbourg. C'est alors que fut prise la décision d'occuper une zone pour dire "non" aux décisions gouvernementales en plus des manifestations. Il y eu ensuite l'opération César en 2012 (délogement des zadistes) qui fut un échec du gouvernement et qui a un peu plus médiatisé le combat présent sur la ZAD. Enfin la mort de Rémi Fraisse en 2014 (opposant au barrage de Sivens) a ramené encore plus de militants sur la ZAD.

Mais l'avenir de la Zad est en suspend, comme l'a été toute son histoire. Le gouvernement veut que la « décision démocratique soit respectée », envoi de CRS ? Non car il y a une volonté de régler tout cela dans la paix selon Ségolène Royal. Manuel Valls veut débuter les travaux en octobre, « les zadistes doivent s'en aller » a-t-il dit. Sans violence ? Ou bien durant les vacances d’août où les médias n'ont que peu de retentissance ? Le gouvernement osera-t-il s'occuper du problème ? Ou le laissera-t-il au prochain gouvernement ? Personne n'a de réponse, la crainte est présente, certains y pensent, « il faut construire la cabane avant qu'il ne soit trop tard », d'autres non.

Ce qui est certains c'est que les Zadistes ont un fort pouvoir de mobilisation durant ces assauts. Que ce soit par l'appui du plus grand nombre, de collectifs : comité Landais, de Bordeaux, de Lot Et Garonne, Haute Loire, Caen.., par leur rapidité de réactions, par les actions menées (occupation massive par la construction de nouvelles cabanes, mise en place de barrages et de systèmes de communication..).

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♦ Julien

Si vous habitez Rouen, vous avez sûrement déjà croisé Julien, souvent sans le savoir. Originaire du Havre, il quitte Tarbes en 2007 après avoir perdu sa maison et ses trois chiens dans un incendie. Depuis 2012, Rouen. Et la manche, place du Vieux Marché, au pied du Micromania d'abord et aujourd'hui près de la gare en semaine et, le dimanche, près du carrefour de la fac de droit.

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♦ Axe Seine... proximité de Vernon « Tu veux le faire toi ? Le truc du film ? Bah si ça peut aider pour l'eau... ».

Sur le camping, la situation a évolué. Ils sont plus nombreux. Mais toujours sans eau, la vie se complique, les rapports se tendent.

À l'entrée à gauche, vivent Lucille et sa fille. Depuis le départ de son mari, son beau frère Bouboule s'est installé à côté en caravane avec sa femme Priscilla et leur enfant de 4 mois. À droite de l'allée, en mobile home, Kevin et ses voisins, Marie et son époux, installés ici depuis 25 ans dans un grand mobile home aux murs intérieurs entièrement enduits. À côté, seul et handicapé, vit Olivier, dans le camping depuis très longtemps aussi. En face de chez Marie, il y a son fils Dylan et sa copine Kimberly qui habitent une caravane dont le grand auvent s'est un peu effondré.

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♦ Rencontres nationales itinérantes de l'Habitat léger et mobile 2015

La caravane HALEM fait cette année une halte à la ferme des Bouillons les 23 et 24 juillet 2015. Des ateliers-débats, projections, diagnostics partagés de situations vécues par des habitants en camion, caravane, vivant en camping à l'année, bidonville, yourte seront organisés.


PROGRAMMATION

JEUDI 23 JUILLET

14h - Les histoires de la Caravane d'Halem, présentation générale de la Caravane, retour sur les étapes passées et lancement des deux journées d'ateliers-débats.

16h - Partage d'expériences de terrain avec des occupants de la ferme des Bouillons, toute personne désireuse d'apporter ces expériences à la discussion et un retour sur les situations rencontrées par les membres d'Echelle Inconnue en haute-Normandie. Le groupe se basera sur le projet et les films réalisés dans l'Eure avec l'école primaire de Ménilles et des habitants de manière légère et mobile des environs (voir les articles sur ce projet "Ménilles, capitale de la mobilité")

19h - Repas à prix libre

21h -"Hacking Ouvrier" : Les enjeux du numérique et du bricolage dans la ville mobile avec la présentation, par des membres du Hackerspace de Rouen "Jeanne d'Hack", de leur imprimante 3D géante et une programmation de films réalisés par Echelle Inconnue avec des personnes utilisant le numérique, le bricolage électronique pour construire son habitat léger-mobile.

Fin de soirée - cinéma avec programmation libre des films d'Echelle Inconnue sur des situations en Haute-Normandie, en Moldavie ou à Moscou.

VENDREDI 24 JUILLET

11h - Économie informelle dans la ville foraine avec Arnaud Lemarchand, chercheur en économie et Hugues Bazin, chercheur indépendant en sciences sociales.
Cette présentation abordera les points suivants :

  • L'habitat mobile au sein de l'économie informelle : comment approcher, indirectement, son évolution via des indicateurs tels l'activité des laveries, la progression des branchements électriques provisoires etc.
  • Les habitants de logements mobiles démontables etc. participent aussi de la vie d'équipements collectifs.
  • Le passage de l'informel au formel, l'exemple des espaces négociés, des marchés transitoires des biffins. Avec la projection d'un film sur l'expérience de recherche action "rues marchandes" : Comment s'inspirer de ces expériences pour obtenir une meilleure place à l'habitat démontable ? Ce point permet aussi de revenir sur les expériences en milieu urbain.
  • La démarche recherche-action. Jusqu'ici Halem a échangé avec des chercheurs, a mené des actions militantes et des négociations avec les pouvoirs publics, il est possible d'avancer en adoptant d'autres stratégies d'expérimentation pour chercher des modèles d'insertion.

12h30 - repas à prix libre

14h30 - Édition d’un guide pour les usagers d'habitats légers et mobiles avec Diway, dessinateur, auteur de "sdf un métier d'avenir" (sous réserve), HALEM et Echelle Inconnue.


N'ATTENDEZ PLUS, VENEZ !

Se rendre sur place : La ferme des Bouillons est accessible en voiture, camion, caravane, avec possibilité de stationnement. Et, le lieu est également accessible depuis la gare de Rouen par la ligne de bus F2 direction "La Vatine MONT-SAINT-AIGNAN" : voir le trajet à pied de L'arrêt "centre commercial La Vatine" jusqu'à la Ferme des Bouillons ICI.

Vie sur place : bar ouvert, repas à prix libre et emplacements camping !

Envie d'être bénévole ?

Rendez-vous le mercredi 22 au soir pour aider au montage et le 24 au soir pour le démontage du terrain ! Et si vous êtes plutôt cuisine n'hésitez pas à vous manifester également. Les copains d'HALEM vous en seront très reconnaissants !
lucie.echelleinconnue.net



LES RENCONTRES ITINÉRANTES D'HALEM 2015 :

"Vous voulez partir en vacances tout en défendant les HABITATS LÉGERS ? Rejoignez la Caravane HALEM 2015 du 7 juillet au 6 août

La loi ALUR, la loi Raimbourg, la réforme des camping... Les lignes bougent et pas toujours très bien. Et nous ? Qu’est-ce que nous faisons ?

HALEM se déplacera sur différents sites sur lesquels se pose la question de faire évoluer la législation pour le bien-être d’occupants de résidences mobiles, démontables ou éphémères. Une initiative qui se projette jusqu’aux rencontres 2016.

Il s’agira de créer ensemble un diagnostic de la situation tout en imaginant ce qu’il serait souhaitable de faire évoluer. L’idée est de faire en sorte que l’analyse et les propositions se fassent avec les personnes concernées. Il s’agit pas d’une commande de l’État, il s’agit de faire en sorte que tout le monde puisse devenir acteurs/trices des réflexions qui concernent sa vie et que chacun/e d’entre nous devienne une force de proposition."

Plus d'information et programmation complète de la caravane :ICI

♦ RENCONTRES HABITAT LÉGER, ÉPHÉMÈRE ET MOBILE (HALEM) du 24 au 27 AOUT 2014 à HARFLEUR (Normandie)



Vous venez souvent jeter un œil sur ce journal en ligne. Il est temps maintenant de nous rencontrer pour discuter, débattre, échanger... Voici le programme :

Depuis l’été 2008, les rencontres de HALEM sont l’espace et le moment le plus important de l’association. Nous en profitons pour faire le point, analyser l’actualité, réfléchir aux différents besoins des personnes discriminées par leur mode d’habiter, établir les stratégies de l’année, rencontrer de nouvelles personnes, grossir notre équipe, nous organiser...

Tout au long de ces journées nous échangerons des situations diverses, des trucs et astuces, des conflits avec les communes, de la posture de l’État et de leur services, de l’insécurité dans les terrains de camping, de la situation des installations spontanées, de la lutte permanente que doivent subir les itinérants, les habitants de caravanes...

Chaque année nous choisissons un lieu qui illustre notre propos et où une résistance à soutenir est présente.

« Oui, Messieurs, c’est la guerre entre les riches et les pauvres : les riches l’ont voulu ainsi ; ils sont en effet les agresseurs. Seulement ils considèrent comme une action néfaste le fait que les pauvres opposent une résistance. Ils diraient volontiers, en parlant du peuple : cet animal est si féroce qu’il se défend quand il est attaqué. » Extrait de la défense d’Auguste Blanqui en Cour d’Assises, 1832 Le lieu :

Cette année, les rencontres de HALEM se passeront en Normandie, plus exactement derrière la mairie de Harfleur, près du Havre.

Depuis plusieurs années, quelques membres du Groupe Animation de HALEM nous interpellent sur leurs luttes et leurs recherches sur ce territoire.

Dans leurs visites aux environs du Havre, ceux-ci ont rencontré plusieurs raisons pertinentes de faire réagir HALEM.

Le secteur du Havre, de part sa configuration de ville portuaire est très symptomatique pour parler de la mobilité lié à l’activité (péniches, marins, gros chantier... ). La ville a été totalement reconstruite après la guerre et abrite encore un quartier de cabanes sensé être provisoire et habité par des personnes qui ne sont pas disposées à déménager... Important !!!

   Les repas pourront être pris collectivement (cuisine et réfectoire sous un grand barnum),
   Un chapiteau, un tipi, une grande tente et peut être une yourte pour dormir...
   Pensez à prendre vos couchages (matelas, tentes, camions, caravanes...)
   possibilité d’arriver dès vendredi 22 et donner un coup de main pour la préparation.
   Si vous avez besoin de plus de confort, quelques hébergements sont possibles chez des militants

N’hésitez pas à nous contacter...

Programme :

Avec la participation d’Échelle Inconnue : http://www.echelleinconnue.net/

   Une conférence état des lieux des différents types de mobilités en Haute-Normandie
   Une lecture de texte sur la situation en Russie.
   Diffusion avec le journal d’Échelle Inconnue des travaux des rencontres
   Essaie d’un document vidéo à partir des interventions.



DIMANCHE 24

10h Présentation d'Halem, du contexte local et des associations membres du réseau

14h Atelier 1 : TECHNIQUES DE NOMADES, DE CONSTRUCTIONS LÉGÈRES ET HACKING

Il a semblé intéressant de rentrer cette fois-ci dans le débat par une approche plus technique que d’habitude.

L’habitat mobile, éphémère évolue avec la société et n’est, contrairement aux apparences, pas du tout en marge, bien au contraire, il est même souvent à la pointe de l’innovation. Des techniques, des réseaux d’entraides, des échanges dans le même esprit que le logiciel libre...

Le législateur ne cesse de nous rabattre les oreilles avec ses « liens sociaux » tout en s’acharnant à détruire cette solidarité que nous pourrions presque nommer « solidarité de classe ». Depuis les systèmes D ingénieux jusqu’aux kits du type « la yourte mongole » devenue la tarte à la crème de l’HL, nous pourrions présenter des solutions pour obtenir un confort qui feraient pâlir de jalousie bien des logements plus conventionnels.

Nous espérons que la rencontre avec les hackers de Rouen et du Havre (les bidouilleurs en programmation / électronique / création d’outils libres..), avec les bricoleurs de l’habitat légers ou mobile sera fructifiante. Notre philosophie commune : nous accaparer nous-mêmes tous les outils possibles, en créer d’autres pour notre autonomie et ne pas dépendre du marché et des exploiteurs.


16h Pause

16h30 Atelier 2 : DANSE AVEC LES ÉLUS : la loi ALUR, état des lieux et conséquences...

Nous sommes nombreux à penser que celle-ci n’a rien fait évoluer voir même comporte des aspects discriminatoires envers les habitantEs de caravane que le législateur nomme sans vergogne « gens du voyage ». Confirme t-elle, dans sa forme, le droit que possèdent les élus à choisir qui a le droit de vivre sur son territoire ?

Contrairement à ce que beaucoup pensent, il n’y a pas « d’après la loi Alur » : aucun décret n’est tombé. Les assos sont maintenant définitivement exclues du débat depuis le départ de Cécile Duflot, les collectivités s’empressent de créer leur documents d’urbanisme, comme d’habitude en essayant d’exclure une partie de leur population, en la rendant illégale sur leur territoire, en rivalisant de zèle et en sautant sur toutes les occasions pour organiser sa chasse aux plus modestes... Les arguments écolos deviennent les principaux ennemis des installations spontanées, celles-ci devenant les fautives de la disparition des espaces agricoles, les malpropres qui détériorent le paysage par leur unique présence...

Nous nous appuierons entre autre sur l’exemple de l’agglo du Havre (la codah), sur sa posture, ses décisions en matière d’habitat léger et sur les affreux débats que nous avons entendus sur les bancs des législateurs. Nous essaierons de les rencontrer pour parler de futur/bonnes pratiques...


LUNDI 25 AOÛT 2014

10h00 Atelier 3 : L’HABITAT PARTICIPATIF : avant garde ou concept bobo et gentrifieur ?

Au sujet de l’habitat participatif. Un vaste débat est en cours pour définir un concept flou et qui par ce fait contribue à ne pas poser les vrais questions.

Il n’existe pas de définition officielle de l’habitat participatif. Certains le caractérisent par « la mobilisation des habitants dans la production ou la coproduction de leur cadre de vie et leur implication dans la gestion courante et ordinaire du patrimoine qu’ils occupent ». Il n’existe pas plus de 20 000 personnes concernées par les projets d’habitats qui ont défrayés la chronique pendant toute la période l’élaboration de la loi ALUR. Le grand sujet a surtout été de savoir comment devenir propriétaire d’un morceau collectif et concerne, en très grande majorité, une population au statut social élevé. Par contre, le gouvernement a recensé 16 949 personnes vivant dans des campements illicites en été 2013. C’est un chiffre étonnamment précis lorsqu’on sait l’obligation de se cacher pour les personnes concernées. Quand bien même... disons 20 000 autres personnes qui participent elles aussi à l’élaboration de leur habitat, dont la principale crainte est de se voir expulsée et qui n’a pas la voix au chapitre. Depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir, la situation ne s’est pas arrangée. Entre 2012 et 2013, le nombre d’expulsions de campements a doublé. Les procès pour les yourtes, cabanes... sont de plus en plus durs à gagner et l’État fait de plus en plus appel lorsqu’il perd en première instance. Les installations spontanées par choix ou nécessité ne sont elles pas pourtant concernées pas cette définition ?

Nous ferons un rappel historique sur la pérennisation de l’habitat provisoire d’après guerre au Havre. Est-il risqué de faire un parallèle entre des bombardements ou des catastrophes naturelles et la spéculation immobilière lorsque les conséquences sont les mêmes ? Pourtant les mesures ne suivent pas...


14h Atelier 4 : COMMERCE AMBULANT, TRAVAILLEURS MOBILES, ÉCONOMIE INFORMELLE.

Le commerce ambulant, la situation des travailleurs mobiles, évolution, état des lieux. Le lien est évidement direct avec l’habitat mobile ou éphémère. Une analyse du contexte sous un regard d’économistes, de sociologues sera sûrement très utile pour nous aider comprendre les mécanismes. Entre le monde que nous souhaiterions voir et les réalités de celui-ci, quelles forces devrions nous déployer ?

Nous ouvrirons également les questions de l’économie informelle fortement criminalisée, en France et plus largement en Europe. Les travaux d’Échelle Inconnue en Russie pourront nous servir d’exemple...


En soirée : Echelle Inconnue présentera une conférence état des lieux des différents types de mobilités en Haute-Normandie et présentera une vidéo réalisée en Russie.

Mardi 26

Il est important que nous sortions de ces journées avec les idées un peu plus claires et de définir quelques objectifs opérationnels pour l’année à venir. - proposition d’organisation - projets à mener


Mercredi 27

Pour celles et ceux qui pourront rester, HALEM est un outil qu’il faut huiler, entretenir, animer, rendre efficace. Il est possible de rejoindre celles et ceux qui s’y attellent en restant un jour de plus et en proposant, par exemple, de faire partie du « groupe animation du réseau », que nous appelons Conseil d’Animation ou de devenir une personne ressource de l’association.


Renseignements pratiques :

LIEU : Parc proche de la Mairie d'Harfleur (76) - Possibilité de garer son véhicule habitable (camion, caravane...)

Dates : du 24 au 27 août 2014

Plus d'informations sur HALEM : http://www.halemfrance.org/

Retrouvez Echelle Inconnue sur Twitter : @EchelleInconnue

♦ « On va là où il y a du travail »

A quelques kilomètres du village de Ménilles, sur le bas côté d'une route parallèle à la route principale, un camion est garé, avec panneau photovoltaïque et petite éolienne.

Marie-Christine et Jean-Charles sortent de leur véhicule. Elle vient de Rouen, lui du Pas de Calais.


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♦ Les forains partent les camtars restent

L’entre-sort forain et municipal de noël touche à sa fin ; et déjà les équipes allemande et française s’attellent au démontage de la grande roue et des baraques. De la terrasse du café on voit les semi-remorques attendre.

Les laisses sont lâches. La meute de trois chiens accompagne plus qu'elle ne tire ou n'est traînée par l'homme qui entre et commande une bière.

« Non, je ne dis jamais où je stationne.

Je vis en camion mais c'est un peu différent, je travaille... et comme je suis un père divorcé, pendant les vacances, je garde ma fille. Alors je ne bouge pas beaucoup.

Dans le camion j'ai tout. Une douche, des WC, une citerne.

C'est un choix... enfin disons que c'est surtout économique... entre la pension alimentaire et l'argent que m'a coûté le divorce...

Avant j'avais une maison, une femme... presque un bourgeois

Là, j'ai acheté le camion 6000 euros... mais quand tu ouvres la porte, tu as le plus grand jardin du monde !

Je suis sur l'île Lacroix, tout seul en ce moment.

Des problèmes de stationnement ? J'en ai pas. Comme je travaille, je pars avec mon camion tous les matins. Il y a seulement la police qui passe et nous demande de dégager les soirs de match de hockey. C'est un peu incompréhensible vu la distance avec la patinoire mais bon, je ne suis pas très flic mais toujours poli.

Une zone pour stationner ou vivre à Rouen ? Jamais les gens en camtar n'accepteront d'être parqué. Elle pourrait bien faire deux kilomètres que ce serait toujours une zone.

Il sort son portable et ouvre une page web www.park4night.com sur laquelle sont recensés les lieux de stationnement possible.

♦ Sans maison. Maison fragile. Maison mobile. Emission de radio sur france culture

Pas la peine de crier une émission de Marie Richeux 59 minutes Troisième moment de la semaine consacrée à la maison. L'invité, l’architecte Stany Cambot, est l’un des fondateurs du collectif Echelle Inconnue qui, depuis 1998, met en place des travaux et expériences artistiques autour de la ville et du territoire. Ces expériences au long cours interrogent et associent les « exclus du plan ». à écouter (ici)

♦ Halem et Echelle Inconnue sur La Locale

A l'occasion du conflit qui oppose les Voyageurs à la Mairie de Saint Girons, Le magazine d'info libertaire de la Locale invite Clément David d'Halem et Stany Cambot d'Echelle Inconnue à faire le point sur la situation de l'habitat mobile, léger et démontable.

Ecoutez l'émission en streaming sur le site de La Locale ici (+)

♦ Demandez l'journal ! Mais j'te connais toi !

C'est la tournée. Redistribuer le journal à ceux qui l'ont fait naître.

En voiture, journal à la main, nous relions les points de la carte de la ville mobile que le cadastre oblitère. Mais celle-ci a déjà changé. Les points s'en sont déplacés : chassés ou sur le point de l'être par la ville officielle en cette période préparative de noce électorale. C'est encore sur la carte mouvante des déplacés que nous marchons, carte de la fuite ou de l’échappée vers l'espace qui reste. En reliant ses points, nous la redessinons.

Nous filons sur la déchetterie ; repérons l'entrée du terrain toléré grâce aux poubelles installées en face. Chose neuve, une pancarte peinte à la main annonce :

« rempailleur de chaise 06 .. .. .. .. »

Le terrain n'a pas changé, rectangle de terre boueux qui ne semble pas avoir séché depuis presque un an. La voiture rebondie dans les ornières. Nous cherchons Nito et Timothée. Personne ne sait. On nous oriente vers une caravane voisine : « mais ils sont en bâtiments maintenant ! » On ne reconnaît personne. Plusieurs nouvelles caravanes se sont installées ici, chassées de la place qu'elles occupaient derrière la poste par la municipalité sans doute soucieuse de marquer d'un geste ferme le début de la campagne électorale. Elles sont maintenant ici, quatre, cinq, plus peut-être, les pneus plantés dans la boue du terrain vague exsudant le noir de sa sève de polluée.

« Nito et Timothé ? Tiens voilà sa mère qui arrive ! »

Elle cherche dans le journal le visage de son fils dont elle ne reconnaît d'abord pas le portrait. Elle demande un exemplaire supplémentaire pour elle. Elle est en visite et vit actuellement en HLM « pour l'hiver seulement ! J'ai gardé ma camping chez des amis. C'est juste pour l'hiver. Le HLM c'est vraiment pas mon genre, non ! »

Nous contournons la ville par ses voies rapides pour relier les terrains familiaux qui, avec leur hautes barrières et leur haies, constituent comme un prolongement naturel des parcelles pavillonnaires voisines. Ce n'est que sur la pointe des pieds, la vue au dessus de la barrière, qu'on les repère à leur petit bâtiment de bois ou de maçonnerie posé sur la parcelle de gravillons qui cumulent l'avantage de ne pas voir les caravanes s'enfoncer dans la boue en hiver à celui de dégager moins de chaleur que le bitume en été. Les terrains sont vides, nous postons les journaux dans les boîtes aux lettres.

Au retour, au détour d'un carrefour, émergent des hautes herbes entourant le parking d'une ZAC, une dizaines de caravanes.

« hé toi ! J'te connais ! »

Les mains se tendent. Sous la casquette à carreaux enfoncée : les yeux, la barbe et le sourire de Minette que nous n'avons décidément pas fini de faire rire. Au journal tendu il répond par un autre sourire et un haussement d'épaule qui signe l'impuissance. « vous savez bien que nous autres on sait pas bien lire ! » Ils raconte son école chez les Gadgé : « on nous jetait un crayon à papier et une feuille pas plus grande que ça. Comment voulez-vous qu'on ait appris ? » La petite feuille, le crayon : l'os à ronger que l'école républicaine leur jetait en signe de renoncement à ses devoirs, l'esprit en paix. « c'était l'époque du carnet, le grand, après on a eu le petit » diminution de la pièce d'identité raciste comme un allègement de la peine. Mais rien n'a vraiment changé. Son père, un gaillard qui meurt jeune. « il a fait la guerre pourtant ! Mais ils ne lui ont jamais versé sa pension militaire. » « on était une grande famille avant... enfin on serait une grande famille s'ils ne les avaient pas tous brûlés... les camps, les arrestations par la police et la gendarmerie française... » le père aussi, mais mort plus tard, alors seul avec sa mère, Minette travaille au port. « c'était pas facile » Il redit travailler au port comme un signe clair de son ancrage ici, comme la légitimité de sa place sur ce territoire, ici, à Dieppe. C'est au port, à côté qu'on se rencontrait la première fois. Maintenant, il est ici. « s'ils nous chassent, on ira ailleurs » Pourquoi ici ? Il montre l'évidence du gris du ciel et du sol bitumé. « à cause de l'hiver. Quand il pleut, faut être sur un sol sec, sinon c'est la boue. Mais en été c'est trop chaud il faut se poser sur de l'herbe.

On parle du film en première étape de réalisation. A notre première entrevue, Minette ne voulait pas être enregistré « on parle pas bien nous autres ! » là, il montre sa parka imperméable jaune fluorescente haute visibilité nécessairement tâchée puisqu'il travaille avec. « vous avez vu comme on est joli ? » Il ne veut pas être filmé.

« Et puis vous êtes des genres de journalistes ? Non ? Parce qu'on en a vu plein déjà. Mais à chaque fois, s'ils prennent une photo, ils prennent les poubelles. Même si ils savent que ça va partir juste après. » Il montre un tas en attente derrière la caravane : son travail en somme, quelques palettes que quelqu'un viendra chercher et quelques objets chinés pour la ferraille, morceaux de grillage, carcasse de lave linge qui, une fois démontés trouverons preneur chez un ferrailleur. Bientôt, tout partira mais les photo-journalistes semblent habités du génie de la poubelle.

Mais ses fils veulent voir le film et que l'on vienne le projeter ici. Minette parle alors des grands parents qui faisaient des projection de cinéma, la famille de sa femme et une autre femme dont les parents étaient circassiens. Sa femme a conservé des photos de cette époque. Nous repasserons mais Minette n'aime pas laisser son numéro à n'importe qui... alors il suffira de le chercher s'ils se font chasser d'ici. Il nous lance son salut "Latcho deves!"

Nous repartons en direction du relais motard et, arrivant nous manquons de reconnaître le patron affairé à la mécanique d'une voiture devant l'atelier public de l'entrée. « ça va ? Non ! » et il montre le camping désert. « rien ! Pas une réservation ! Même pas pour cet été ! » c'est compliqué. Ces projets d'aménagement ? Oubliés. En perspective ? La clef sous la porte. Le « soleil amer » du camping semble l'engloutir.

Nous contournons de nouveau la ville pour atteindre la ferme Huchet. Arrivés au lotissement de caravane et de chalets, tous les regards se tourne vers la voiture étrangère. Notre connaissance est là, dans son chalet entouré du jardin propret. Le mobile-home posé sur sa pelouse de gravillon. Embusqués entre les rosiers, des nains de jardins le surveillent ou montent la garde devant le potager qu'ils délimitent. Nous convenons d'un soir pour visionner le film chez lui avant son départ en retraite.

Makhnovtchina / cycle urbanismes combattants
atelier cartographique de campagne


stany cambot / échelle inconnue
www.echelleinconnue.net mel@echelleinconnue.net


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