makhnovtchina

Makhnovtchina est un projet adisciplinaire et forain qui vise à expérimenter, co-naître et cartographier (sur tous types de supports) la ville mobile avec ceux qui la vivent ainsi qu'à outiller des situations critiques - ou les espaces produits par la Métropole – en Haute-Normandie et à l'Est de l'Europe (Russie / Moldavie).




♦ FOURGON DE CURIOSITÉS - ФУРГОН С ДИКОВИНАМИ



« Parfois, des gens s’arrêtent, parce qu’ils pensent qu’on manque de quelque chose en voyant de loin notre camion. Alors je les invite à boire un café et leur montre que non ! Regarde on a de l’eau, du chauffage et de la lumière ! ».

«Иногда люди останавливаются, потому что видят издалека наш грузовик и думают, что нам чего-то не хватает. Тогда я предлагаю им выпить кофе и показываю, что это не так! Посмотри: у нас есть вода, отопление и свет!»

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♦ Tryptique forain (3) : L'invisible, usages et relations au monde vivant

Dans le tumulte de la Fête disparait l'île. L'im-plantation foraine met à distance le lieu, et invisibilise les structures et les rapports spatiaux.

Où il est question d'organisation et de logistique,
de sécurité,
et d'économies.
Quels dialogues se mettent en place entre la fête et l'espace, entre la foule et le végétal, entre mobilier et mouvement ?

Plongée dans l'arrière scène de la foire.

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♦ Triptyque forain (2) : Digressions sur les mouvements de la presque île

Dans le lointain : ne plus voir la foire, l’ex-pulsion de la ville.

Sur les quais de Rouen, on enterre les cadavres du souvenir. Tout se revêt d’une propreté immaculée, impeccable. L’opération est impulsée par la Métropole Rouen Normandie et la Ville de Rouen : « Reconquête des quais de Seine ». Les grands travaux d’aménagement déposent un voile sacré sur la saleté. Une pelouse arboré remplace soudainement les anciens parkings suants l’huile moteur ; les rares hangars restants, rouillés et grinçants, deviennent, sous un fard de street art, l’épaule culturelle de la ville moderne ; la foire n’y est plus la bien-venue, et se retrouve peu à peu, acculée sur la presque-île Waddington, la fin de la rive droite. On déroule un tapis rouge pour le promeneur fort-avisé, de se rendre pour sa promenade, le long des quais. Alors on tasse, on déblai et on rabote derrière les oreilles du souvenir. Et puis la ville veut avancer. Dans un sursaut de salubrité publique, la ville Métropolitaine essaye de re-prendre possession de sa non-ville, et fleurit sur ses déchets. À l’ouest poussent les nouveaux éco-quartiers Flaubert et Lucilline, sur des terres nécrosées par des ères industrielles : l’habitat bio, logique éco-normique. Les derniers grands projets immobiliers y écrasent la crasse : rive gauche, le Hangar 106, scène de la musique Actuelle, le prochain Hangar 107, bureaux, restaurants, crèche et salle d’exposition, le Hangar 108, futur Hotel de Métropole, le ‘parc’ de la presqu’île Rollet ; rive droite, le panorama XXL, les Docks 76, centre Commercial et de Loisirs, le palais des sports Kindarena, les Hangars 9, 10, 11, lieux de consommation de nourriture, de sports et de séminaires, le hangar 23, lieu de musiques et danses du Monde, un appel à projet sur le Chai à Vin, la démolition partielle du Hangar 13 abritant le Musée Maritime, Fluvial et Portuaire, la démolition totale des Hangars 15 et 16…

Alors après les déboires et l’annulation de la précédente édition (2015), on relègue la Fête au bout des quais. La presque-île Waddington devient l’esplanade Saint Gervais, plateforme événementielle du temporaire encadré : concerts, cirques, et nouvellement, le dé-ménagement de la foire St Romain…

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♦ Triptyque forain (1) : Pré-histoires botaniques de la presqu'île Waddington

Il n'y a rien alors... Alors on peut y délocaliser la Foire comme on l'avait fait il y a quelques décennies sur cet autre rien qu'étaient les quais avant que l'on découvre qu'ils étaient bordés d'eau, nouvel or de l'aménageur. Il n'y a rien. Ce rien qu'on réserve aux mobiles. Mais de quoi Rien est-il fait ?

La presque-île Waddington -ou l'esplanade St Gervais-, prolonge les quais de la rive droite vers l'ouest de la ville et est avant tout un vaste sol inerte. Un patchwork de différentes textures, matériaux et granulométries, témoin des nombreux ré-aménagements, et de l'évolution des usages de l'espace. On y trouve quelques traces d'agitation, le squelette du hangar 23 reconverti en « Salle des musiques, danses et cultures du monde » et aujourd'hui délocalisé en centre ville, un musée maritime, le Chai à vin, un terminal croisière et un terminal granulats.
Presque une île, de béton, de remblais, acculée au bout des quais. Ancien territoire des dockers et des hangars, lieu d'agitation intense ; vaste parking aux flaques d'huile de vidange ; île habitée au gré de mouvements voyageurs ; scène éphémère, presque une île événementielle ; et aujourd'hui, une presque-île foraine ; demain peut-être, un nouveau fer de lance de la construction métropolitaine et de sa re-conquête du passé industriel des bords de Seine.

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♦ « Un pour tous, tous pour un ! »

Rouen, presqu'île Waddington, le 06.11.2015.

En l'espace de deux semaines, la presqu'île s'est vidée de ses habitants temporaires. Les forains ont pris la route pour Lille, Paris ou encore Amiens, vers d'autres foires. Quelques caravanes sont encore présentes.

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♦ Moscou, un kiosque et deux corbeaux pour seul politique et urbain baromètre.

Dès que j'arrive ici, j'entends le crack de ma mécanique qui casse. Emmuré dans ma langue, je ne suis plus qu'œil, pointu, roulant fou dans l'orbite du désir de connaître. Alors, tendu comme une fibre lentement arrachée au poulpe séché lymphatique, le nerd optique se déroule puis enroule les réalités proches pour y chercher le sens du tout.

Le dégel en flaques, souvenir des monticules de neige d'hier et de l'année d'avant quand ils entouraient encore le kiosque de mon voisin Prodoukti. Celui-ci, après avoir déménagé trois fois déjà; du trottoir au trottoir, puis du trottoir à l'indéterminé espace entre public et privé de la cour de l'immeuble, « pour échapper aux ennuis »; a lui aussi fondu. Disparue, la structure préfabriquée légère de sa Palatka, reliée aux pylônes par une tresse de cordons électriques... Disparue. C'est désormais derrière la porte vitrée de la sortie de secours de l'immeuble que l'on distingue, entre les boules multicolores de ses fruits empilés comme des bonbons en bocal, son grand sourire.

Aussi certain que la neige fond en eau pour de nouveau se figer en glace sur laquelle tout Moscou se casse la gueule, le nomadisme à pas comptés de mon voisin Prodoukti en dit long sur la ressaisie de l'espace (public?) opérée par les autorités. Pour qu'au printemps, éclosent de nouveau les planches de l'architecture légère et branchée dans les parcs et les allées, il faut semble-t-il que s'accomplisse au cœur noir de l'hiver le sacrifice des tôles spontanées du commerce informel. C'est à ce prix que le soleil de la ville cool réapparaîtra pour faire fondre encore davantage l'hiver mythique et multipolaire des années 90.

De la fenêtre, dix étages plus bas, l'emplacement du kiosque est vide. En face, les travaux de réhabilitation d'un immeuble désaffecté, en résidence jaune, ont chassé du toit, vers un ailleurs indéterminé, le couple de corbeaux qui y nichait.

♦ Un camion, bientôt un cinéma !

Le camion cinéma MKN-VAN est un des outils mis en place par Echelle inconnue pour poursuivre son travail de recherches et de créations sur le projet Makhnovtchina, la ville mobile. En cours de transformation au lycée professionnel Augustin Boismard, ce camion parcourra ensuite les routes normandes, et au-delà, pour diffuser les films que nous réalisons avec des personnes habitant de manière mobile et légère. La matière récoltée à un endroit sera diffusée dans un autre. Ainsi, dans les rails du train-cinéma de Medvedkine, le camion-cinéma MKN-VAN aura pour objectif de rapprocher des situations de mobilité les unes des autres.

Un camion, bientot un cinema ! from Echelle Inconnue on Vimeo.

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♦ Echelle dans le territoire Brionnais #02 - Rues entre voies départementales et ferrées

Nous sommes en repérage et ce matin, nous décidons de prendre toutes les petites rues qui partent sur la gauche de la route principale, en direction de la voie ferrée, ou plus précisément qui sillonnent entre la départementale et la voie ferrée.

À première vue, la première rue que nous prenons est un chemin privatif, mais les nombreuses boites aux lettres nous indiquent que la voie dessert plusieurs parcelles. Les premières accueillent des maisons en bois imposantes. En revanche, plus loin, sur la gauche, on y trouve une caravane bien installée sous son toit, un mobilhome dont les pots de fleur et le barbecue sont en béton, à droite, une caravane de forain. L'impasse se termine par un terrain dont les arbres dissimulent presque une cabane comme extension d'une caravane.





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♦ Moscou, Hôtel Sébastopol.

"Sébastopol" sonne comme un nom de boulevard parisien ou comme celui d'une histoire qui bégaie : Ukraine / guerre civile et, en 1921 déjà, l'affrontement de la France et l'Angleterre contre la Russie impériale.

C'était avant la révolution de 18 dans cette ville de Crimée qui vit la défaite de l'armée blanche de Wrangel (soutenue par celles du Japon, du Royaume Uni, du canada de la France et des Etats-Unis…) face à l'Armée Rouge, soutenue par les troupes Makhnovistes.

C'était déjà, et avant aujourd'hui...

Mais pour le Moscovite averti, Sébastopol résonne aussi comme un marché, un bazar vertical qui prit ces quartiers dès 1995 dans l’hôtel du même nom. Là, des commerçants turques, à ce que l'on me dit, investirent et transformèrent chaque chambre de cet hôtel de 14 étages, en échoppes. On y trouvait boulangeries, parfumeries, marchands d'épices ou de gadgets mais aussi boucheries dont les labos prenaient place dans les salles de bain.

Autre forme urbaine de l'économie de transition des années 90, ce bazar a, depuis, pris des airs de centre commercial (enseignes, signalisations, publicité dans les escaliers mais surtout réfection des 2 ascenseurs de l’hôtel qui permettent d'échapper à l'ascension des 14 étages par les escaliers). Les boucheries ont disparu, mais la forme du bazar demeure. À chaque étage, les portes des chambres s'ouvrent sur une quinzaines d'échoppes. On y trouve parfums, pierres, papeteries, accessoires électroniques, maroquinerie, ustensiles de cuisine, coutellerie et armurerie, bijouteries, souvenirs orthodoxes… Certains écriteaux sont traduits en indien ou en Farsi. Certains chambranles de portes annoncent, par autocollant, qu'à l'intérieur on accepte la carte bleue. Les prix sont rarement indiqués et s'élaborent à la demande. Entre les étages, les commis s'affairent ployant sous les colis. Dockers de couloir et d'ascenseur, ils scandent des « davaï » et des « izvinitié » pour qu'on leur laisse le passage. L'ascenseur leur sert aussi d'interphone. La bouche collée à la jointure de la porte, ils hurlent à l'adresse des collègues du dessus.

Impossible de dire pour l'instant, d'où viennent ces produits, s'il s'agit de copies et contrefaçons de marques de luxe (pour la parfumerie et la maroquinerie). On peut, en tout cas, si on le souhaite, emporter ses achats dans un sac plastique à l'enseigne de quelques enseignes prestigieuse de la capitale.

L’hôtel Sébastopol ne désemplit pas et les russes y croisent les marchands de l'Asie qui poussent ici sa corne et redéveloppe les formes commerciales qu'économie planifiée comme économie libérale ont, ailleurs ou dans d'autres temps, éradiqués.

♦ Chisinau. Le marché espace nécessaire de la ville transit.

« La plupart commencent sur le trottoir avec quelques cartons puis viennent installer ici un stand. S'ils réussissent ils ouvriront ensuite un magasin dans un des centres commerciaux de la ville.

Alors c'est une école de commerce à ciel ouvert ?

Tu sais beaucoup de gens ici on un diplôme universitaire. Mais après ? Il faut gagner sa vie, faire quelque chose. Alors ils montent un petit business.

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♦ Moscou. La guerre au kiosque.

Ça a beau être stupide, il en sortira bien quelque chose. Alors tu continues et photographies tout ce que la ville compte de léger et mobile, enfermé que tu es dans ta langue d'étranger.

Un kiosque de livre, pour ainsi dire une armoire métallique vissée sur le trottoir, tu vises. Tu mets au point. Déclenches une fois, deux fois... S'en est déjà trop pour elle qui s'approche visiblement stressée. « Mais je suis en règle ! Dit-elle en montrant le badge épinglé sur sa poitrine. Ils m'ont déjà contrôlé. »

Contrôles ! Tel est l'autre nom de la campagne d'intranquillisation des « kiosquistes » lancée par la mairie. Normalisation du commerce de rue qui fut dans les années 90 l'outil autant que le fruit de la mutation économique.

C'est en 2010 que la mairie de Moscou entame cette chasse aux kiosques, incarnations de la troisième voie économique qui servie la transition mais qu'elle ne veut plus voir battre aujourd'hui le pavé.

Après la campagne de destruction massive d'il y a quelques années, chaque jour, un nouveau pas vers la « formalisation » est franchi. Au prétexte de la rénovation des passages souterrains, les kiosques « home made » qui y logeaient sont remplacés par une enfilade de vitrines derrières lesquelles les lots de deux mètres carrés sont en attente d'attribution. Les paires ou triplettes de toilettes chimiques publics gardées et entretenues par des femmes asiatiques font places aux automates Decaux. La dernière nouveauté municipale : un projet d'installation de nouveaux kiosques entièrement automatisés semblent vouloir marquer définitivement le passage du commerce à l'équipement public. Outre le lissage esthétique invoqué, c'est évidemment la disparition d'un certain type d'économie et de petits commerces (évoquant l'époque de transition et d'économie informelle) au profit de monopoles qui est visé.

Les solutions des Babouchka-britchka et de Oleg semblent, par leur plus grande légèreté encore, les seuls solutions possibles pour exercer.

♦ Moscou. Les Babouchkas britchkas, les marchés formel et informel russes et la théorie de V Radaev en image.


/ Station Touchkinskaya / sortir en tête du train / continuer tout droit par le souterrain le plus loin possible.... Quelques marches et la vue bascule du ciel au sol, arrêtée par les traditionnels kiosques posés là il y a cinq, dix ou vingt ans.

A l'ombre de l'un d'eux, un agent de police jette des cartons dans un benne sous l’œil de ses collègues restés dans la voiture. Exercice de civisme peu habituel pour un agent des forces de l'ordre penserait-on avant de comprendre qu'il s'agit bien là d'une opération de police. Ce qu'il jette là constituait encore, il y a quelques minutes, l'unique étal de la vieille dame qui serre contre elle le sac contenant les marchandises qu'on lui interdit de vendre.

Le long du chemin, une dizaine de Babouchkas font mine de prendre le frais à l'ombre du mur. Elle attendrons le départ de la police pour étaler à nouveau les cartons de babioles, tissus, vêtements et marchandises sur lesquels elles sont pour l'instant assises. En attendant, à voix basse, ce troisième âge de la délinquance conciliabule.

A quelques mètres seulement, sous des tentes neuves et légères estampillées des armoiries du district, s'étend le marché officiel, formel que la police protège des vieilles.

Babouchkas / Brichkas from Echelle Inconnue on Vimeo.

Application de la théorie de l'économiste Radaev à la ville foraine moscovite. Avec les textes de Isaac Babel, Myriam Désert et Svetlana Alexievitch film d'animation.

♦ RENCONTRES HABITAT LÉGER, ÉPHÉMÈRE ET MOBILE (HALEM) du 24 au 27 AOUT 2014 à HARFLEUR (Normandie)



Vous venez souvent jeter un œil sur ce journal en ligne. Il est temps maintenant de nous rencontrer pour discuter, débattre, échanger... Voici le programme :

Depuis l’été 2008, les rencontres de HALEM sont l’espace et le moment le plus important de l’association. Nous en profitons pour faire le point, analyser l’actualité, réfléchir aux différents besoins des personnes discriminées par leur mode d’habiter, établir les stratégies de l’année, rencontrer de nouvelles personnes, grossir notre équipe, nous organiser...

Tout au long de ces journées nous échangerons des situations diverses, des trucs et astuces, des conflits avec les communes, de la posture de l’État et de leur services, de l’insécurité dans les terrains de camping, de la situation des installations spontanées, de la lutte permanente que doivent subir les itinérants, les habitants de caravanes...

Chaque année nous choisissons un lieu qui illustre notre propos et où une résistance à soutenir est présente.

« Oui, Messieurs, c’est la guerre entre les riches et les pauvres : les riches l’ont voulu ainsi ; ils sont en effet les agresseurs. Seulement ils considèrent comme une action néfaste le fait que les pauvres opposent une résistance. Ils diraient volontiers, en parlant du peuple : cet animal est si féroce qu’il se défend quand il est attaqué. » Extrait de la défense d’Auguste Blanqui en Cour d’Assises, 1832 Le lieu :

Cette année, les rencontres de HALEM se passeront en Normandie, plus exactement derrière la mairie de Harfleur, près du Havre.

Depuis plusieurs années, quelques membres du Groupe Animation de HALEM nous interpellent sur leurs luttes et leurs recherches sur ce territoire.

Dans leurs visites aux environs du Havre, ceux-ci ont rencontré plusieurs raisons pertinentes de faire réagir HALEM.

Le secteur du Havre, de part sa configuration de ville portuaire est très symptomatique pour parler de la mobilité lié à l’activité (péniches, marins, gros chantier... ). La ville a été totalement reconstruite après la guerre et abrite encore un quartier de cabanes sensé être provisoire et habité par des personnes qui ne sont pas disposées à déménager... Important !!!

   Les repas pourront être pris collectivement (cuisine et réfectoire sous un grand barnum),
   Un chapiteau, un tipi, une grande tente et peut être une yourte pour dormir...
   Pensez à prendre vos couchages (matelas, tentes, camions, caravanes...)
   possibilité d’arriver dès vendredi 22 et donner un coup de main pour la préparation.
   Si vous avez besoin de plus de confort, quelques hébergements sont possibles chez des militants

N’hésitez pas à nous contacter...

Programme :

Avec la participation d’Échelle Inconnue : http://www.echelleinconnue.net/

   Une conférence état des lieux des différents types de mobilités en Haute-Normandie
   Une lecture de texte sur la situation en Russie.
   Diffusion avec le journal d’Échelle Inconnue des travaux des rencontres
   Essaie d’un document vidéo à partir des interventions.



DIMANCHE 24

10h Présentation d'Halem, du contexte local et des associations membres du réseau

14h Atelier 1 : TECHNIQUES DE NOMADES, DE CONSTRUCTIONS LÉGÈRES ET HACKING

Il a semblé intéressant de rentrer cette fois-ci dans le débat par une approche plus technique que d’habitude.

L’habitat mobile, éphémère évolue avec la société et n’est, contrairement aux apparences, pas du tout en marge, bien au contraire, il est même souvent à la pointe de l’innovation. Des techniques, des réseaux d’entraides, des échanges dans le même esprit que le logiciel libre...

Le législateur ne cesse de nous rabattre les oreilles avec ses « liens sociaux » tout en s’acharnant à détruire cette solidarité que nous pourrions presque nommer « solidarité de classe ». Depuis les systèmes D ingénieux jusqu’aux kits du type « la yourte mongole » devenue la tarte à la crème de l’HL, nous pourrions présenter des solutions pour obtenir un confort qui feraient pâlir de jalousie bien des logements plus conventionnels.

Nous espérons que la rencontre avec les hackers de Rouen et du Havre (les bidouilleurs en programmation / électronique / création d’outils libres..), avec les bricoleurs de l’habitat légers ou mobile sera fructifiante. Notre philosophie commune : nous accaparer nous-mêmes tous les outils possibles, en créer d’autres pour notre autonomie et ne pas dépendre du marché et des exploiteurs.


16h Pause

16h30 Atelier 2 : DANSE AVEC LES ÉLUS : la loi ALUR, état des lieux et conséquences...

Nous sommes nombreux à penser que celle-ci n’a rien fait évoluer voir même comporte des aspects discriminatoires envers les habitantEs de caravane que le législateur nomme sans vergogne « gens du voyage ». Confirme t-elle, dans sa forme, le droit que possèdent les élus à choisir qui a le droit de vivre sur son territoire ?

Contrairement à ce que beaucoup pensent, il n’y a pas « d’après la loi Alur » : aucun décret n’est tombé. Les assos sont maintenant définitivement exclues du débat depuis le départ de Cécile Duflot, les collectivités s’empressent de créer leur documents d’urbanisme, comme d’habitude en essayant d’exclure une partie de leur population, en la rendant illégale sur leur territoire, en rivalisant de zèle et en sautant sur toutes les occasions pour organiser sa chasse aux plus modestes... Les arguments écolos deviennent les principaux ennemis des installations spontanées, celles-ci devenant les fautives de la disparition des espaces agricoles, les malpropres qui détériorent le paysage par leur unique présence...

Nous nous appuierons entre autre sur l’exemple de l’agglo du Havre (la codah), sur sa posture, ses décisions en matière d’habitat léger et sur les affreux débats que nous avons entendus sur les bancs des législateurs. Nous essaierons de les rencontrer pour parler de futur/bonnes pratiques...


LUNDI 25 AOÛT 2014

10h00 Atelier 3 : L’HABITAT PARTICIPATIF : avant garde ou concept bobo et gentrifieur ?

Au sujet de l’habitat participatif. Un vaste débat est en cours pour définir un concept flou et qui par ce fait contribue à ne pas poser les vrais questions.

Il n’existe pas de définition officielle de l’habitat participatif. Certains le caractérisent par « la mobilisation des habitants dans la production ou la coproduction de leur cadre de vie et leur implication dans la gestion courante et ordinaire du patrimoine qu’ils occupent ». Il n’existe pas plus de 20 000 personnes concernées par les projets d’habitats qui ont défrayés la chronique pendant toute la période l’élaboration de la loi ALUR. Le grand sujet a surtout été de savoir comment devenir propriétaire d’un morceau collectif et concerne, en très grande majorité, une population au statut social élevé. Par contre, le gouvernement a recensé 16 949 personnes vivant dans des campements illicites en été 2013. C’est un chiffre étonnamment précis lorsqu’on sait l’obligation de se cacher pour les personnes concernées. Quand bien même... disons 20 000 autres personnes qui participent elles aussi à l’élaboration de leur habitat, dont la principale crainte est de se voir expulsée et qui n’a pas la voix au chapitre. Depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir, la situation ne s’est pas arrangée. Entre 2012 et 2013, le nombre d’expulsions de campements a doublé. Les procès pour les yourtes, cabanes... sont de plus en plus durs à gagner et l’État fait de plus en plus appel lorsqu’il perd en première instance. Les installations spontanées par choix ou nécessité ne sont elles pas pourtant concernées pas cette définition ?

Nous ferons un rappel historique sur la pérennisation de l’habitat provisoire d’après guerre au Havre. Est-il risqué de faire un parallèle entre des bombardements ou des catastrophes naturelles et la spéculation immobilière lorsque les conséquences sont les mêmes ? Pourtant les mesures ne suivent pas...


14h Atelier 4 : COMMERCE AMBULANT, TRAVAILLEURS MOBILES, ÉCONOMIE INFORMELLE.

Le commerce ambulant, la situation des travailleurs mobiles, évolution, état des lieux. Le lien est évidement direct avec l’habitat mobile ou éphémère. Une analyse du contexte sous un regard d’économistes, de sociologues sera sûrement très utile pour nous aider comprendre les mécanismes. Entre le monde que nous souhaiterions voir et les réalités de celui-ci, quelles forces devrions nous déployer ?

Nous ouvrirons également les questions de l’économie informelle fortement criminalisée, en France et plus largement en Europe. Les travaux d’Échelle Inconnue en Russie pourront nous servir d’exemple...


En soirée : Echelle Inconnue présentera une conférence état des lieux des différents types de mobilités en Haute-Normandie et présentera une vidéo réalisée en Russie.

Mardi 26

Il est important que nous sortions de ces journées avec les idées un peu plus claires et de définir quelques objectifs opérationnels pour l’année à venir. - proposition d’organisation - projets à mener


Mercredi 27

Pour celles et ceux qui pourront rester, HALEM est un outil qu’il faut huiler, entretenir, animer, rendre efficace. Il est possible de rejoindre celles et ceux qui s’y attellent en restant un jour de plus et en proposant, par exemple, de faire partie du « groupe animation du réseau », que nous appelons Conseil d’Animation ou de devenir une personne ressource de l’association.


Renseignements pratiques :

LIEU : Parc proche de la Mairie d'Harfleur (76) - Possibilité de garer son véhicule habitable (camion, caravane...)

Dates : du 24 au 27 août 2014

Plus d'informations sur HALEM : http://www.halemfrance.org/

Retrouvez Echelle Inconnue sur Twitter : @EchelleInconnue

♦ бричка и le Cavalier rouge.

Même le jour a ici des tendances insomniaques. Il refuse de se coucher, les ongles accrochés aux acrotères ouest des immeubles. Complice de nuit blanche, il accompagne mes lectures tardives et prolonge inhumainement le chantier d'en face.

À sa lampe je dévore enfin la Cavalerie Rouge d'Isaac Babel; murmure les lignes qui retraversent l'Ukraine de la Guerre civile, celle de 1920 pas celle d'aujourd'hui...hein... J'y suis, mot à mot, les culottes rouges des cosaques à travers les ruines ; y épie les apparitions de Makhno et « sa clique » entre les pages. Je les pioche, les consigne, voilà.

« je couru alors vers la table où écrivait Sidorov, et feuilletais ses livres Ma trouble ivresse tomba. Je me penchais sur la feuille écrite par un autre. Sidorov, tueur angoissé, réduisait en lambeaux la ouate rose de mon imagination et m'entraînait dans les couloirs de sa folie sensée.

« j'ai fait cette campagne contre Makhno, une filouterie fatigante, rien de plus... Voline seul y est encore. Voline se pare de soutanes apostoliques et, abandonnant l'anarchie, grimpe en douceur vers Lénine. Effroyable ! Et le chef l'écoute, caressant le fil de fer poudreux de ses boucles et lâchant, à travers ses dents cariées, le long serpent de ses railleries de rustre. Et maintenant je me demande s'il n'y a pas dans tout cela une graine parasitaire d'anarchie et si nous saurons vous frotter suffisamment le nez, tchékistes maison sortis de l'atelier maison made in Kharkov, capitale de votre fabrication. Vos braves gaillards n'aiment plus à se souvenir des pêchés de leur jeunesse anarchiste et se moquent de nous, du haut de leur maturité politique ; le diable les emportent !... » »

«  je dis adieu à Ghédali et me rendis à la gare. Là, dans le train de propagande de la 1re Armée de cavalerie, m'attendais des centaines de feux, les magiques fulguration de la radio, le roulement ent^té des linos et mon article inachevé pour le Cavalier rouge. »

Briska / бричка

« la banale briska des popes et des fonctionnaires est devenue, par le caprice de nos dissensions intérieures, l'instrument de circonstance, une arme dangereuse et mobile, qui a créé une stratégie nouvelle et une nouvelle tactique, déformé le visage habituel de la guerre ; et des héros sont nés, des génies de la briska. Tel ce Makhno qui a fait de la briska le support de sa mystérieuse et malicieuse stratégie, lui qui supprima l'infanterie, l'artillerie et même la cavalerie, masses peu maniables, leur substituant une armée de briskas qui promenaient, vissées à bord, quelque trois cents mitrailleuses. Tel Makhno, multiforme comme la nature. Des charrettes de foin, rangées en ordre de bataille, prennent des villes. Un cortège nuptial arrive au Comité Exécutif d'un canton, ouvre une fusillade nourrie, et un pope chétif, déployant sur sa tête le drapeau noir de l'anarchie, exige des autorités qu'elle livrent les bourgeois, les prolétaires, du vin et de la musique.

Une armée de briskas a des aptitudes inouïes pour la manœuvre.

Boudienny l'a montré aussi bien que makhno. Il est difficile de sabrer une armée ainsi faite et insensé de vouloir s'en emparer. La mitrailleuse enfouie sous une meule de foin, la briska rentrée sous le hangar d'un paysan, il n'y a plus de forces armées dans la place. Ces points ensevelis, que l'on soupçonne sans les deviner, froment, additionnés, le village ukrainien tel qu'on l'a vu naguère, farouche, séditieux et rapace. Une armée pareille, avec des munitions fourrées dans tous les coins, un Makhno peut la mettre en une heure sur le pied de guerre ; il lui faut encore moins de temps pour la déémobiliser. »

« la brigade s'allongeait, poussiéreuse et interminable, comme les convois de paysans qui se rendent à la foire. En queue, s'essoufflaient des musiques fatiguées. »

♦ Quand, à deux pas de la guerre, l'Europe se fait Foraine...

Quand l'Europe se fait Foraine from Echelle Inconnue on Vimeo.


A deux pas de la guerre en Ukraine, la Moldavie célèbre un pas supplémentaire vers l'Union Européenne : la suppression des régimes de visa pour l'espace Schengen.

Au centre de la capitale, Chisinau, les institutions diplomatiques dressent une fête foraine peu convaincante à gloire de l'Union,

Approchez ! Approchez !

Et entendez tout de même sous les toiles les rumeurs sourdes de la guerre dans divers et insouciants entre-sorts forains, policiers et militaires....

Makhnovtchina / cycle urbanismes combattants
atelier cartographique de campagne


stany cambot / échelle inconnue
www.echelleinconnue.net mel@echelleinconnue.net


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