makhnovtchina

Makhnovtchina est un projet adisciplinaire et forain qui vise à expérimenter, co-naître et cartographier (sur tous types de supports) la ville mobile avec ceux qui la vivent ainsi qu'à outiller des situations critiques - ou les espaces produits par la Métropole – en Haute-Normandie et à l'Est de l'Europe (Russie / Moldavie).




♦ Vingt ans de cités provisoires

Axe Seine : le Port de Gennevilliers

Alain Bourgarel est l’auteur de l’ouvrage « Les cités de transit du Port de Gennevilliers 1965-1987 », Société d’histoire de Gennevilliers n°11 – avril 2016. Il a été instituteur pendant 20 ans dans les écoles installées près des deux cités de transit du Port de Gennevilliers. Il commence notre rencontre par nous interpeller sur le terme de provisoire. « C’est une notion qui a un caractère très pernicieux. Ici, à Gennevilliers, on a collé cette étiquette de « provisoire » aux habitants des cités de transit. Elles ont perduré pendant plus de vingt ans... »

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♦ Flamanville - Base vie des Pieux

Nous retrouvons Paulo le dimanche après-midi devant l’entrée principale de la base vie des Pieux. Nous parcourons les allées avec lui, entourées des 196 mobil-homes installés par l’AIE sur cet ancien parking communal, pour loger les ouvriers en déplacement sur le chantier de l’EPR. Chaque mobil-home comporte deux chambres ; tous les résidents vivent donc en colocation. Les « bungalows », comme les appelle Paulo, sont tous identiques : « comme ça il n’y a pas de jalousie ! », nous dit-il en riant.

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♦ Soirée de projection de films à la forgette

C’est à la Forgette que nous retrouvons ce soir là les ouvriers du chantier de l’EPR (Réacteur pressurisé européen). La Forgette, bar situé aux Pieux à 5 Km de Flamanville. La Forgette aussi, où nous avions rencontré pour la première fois Cyrille, Gigi, Paulo, Mathieu et Eddy. À la Forgette encore, et grâce à Valérie, tenancière, que nous avons décidé d'organiser une soirée de projection de nos films. L’occasion pour nous de faire connaître notre travail, de rencontrer de nouvelles personnes, de mieux comprendre leurs situations.

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♦ FOURGON DE CURIOSITÉS - ФУРГОН С ДИКОВИНАМИ



« Parfois, des gens s’arrêtent, parce qu’ils pensent qu’on manque de quelque chose en voyant de loin notre camion. Alors je les invite à boire un café et leur montre que non ! Regarde on a de l’eau, du chauffage et de la lumière ! ».

«Иногда люди останавливаются, потому что видят издалека наш грузовик и думают, что нам чего-то не хватает. Тогда я предлагаю им выпить кофе и показываю, что это не так! Посмотри: у нас есть вода, отопление и свет!»

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♦ Moscou. Nous marchons sur Shanghaï ! Épisode 1 « Ça fait longtemps que je vous attendais ! »

L’obscurité colle à la peau de la ville foraine. Méconnue, elle est l’espace fantasmé du crime comme du mystère. La ville foraine russe et ses espaces de garages, de wagons ou containers comme de kiosques et de marchés n’échappent pas à la règle.

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♦ Tryptique forain (3) : L'invisible, usages et relations au monde vivant

Dans le tumulte de la Fête disparait l'île. L'im-plantation foraine met à distance le lieu, et invisibilise les structures et les rapports spatiaux.

Où il est question d'organisation et de logistique,
de sécurité,
et d'économies.
Quels dialogues se mettent en place entre la fête et l'espace, entre la foule et le végétal, entre mobilier et mouvement ?

Plongée dans l'arrière scène de la foire.

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♦ Triptyque forain (2) : Digressions sur les mouvements de la presque île

Dans le lointain : ne plus voir la foire, l’ex-pulsion de la ville.

Sur les quais de Rouen, on enterre les cadavres du souvenir. Tout se revêt d’une propreté immaculée, impeccable. L’opération est impulsée par la Métropole Rouen Normandie et la Ville de Rouen : « Reconquête des quais de Seine ». Les grands travaux d’aménagement déposent un voile sacré sur la saleté. Une pelouse arboré remplace soudainement les anciens parkings suants l’huile moteur ; les rares hangars restants, rouillés et grinçants, deviennent, sous un fard de street art, l’épaule culturelle de la ville moderne ; la foire n’y est plus la bien-venue, et se retrouve peu à peu, acculée sur la presque-île Waddington, la fin de la rive droite. On déroule un tapis rouge pour le promeneur fort-avisé, de se rendre pour sa promenade, le long des quais. Alors on tasse, on déblai et on rabote derrière les oreilles du souvenir. Et puis la ville veut avancer. Dans un sursaut de salubrité publique, la ville Métropolitaine essaye de re-prendre possession de sa non-ville, et fleurit sur ses déchets. À l’ouest poussent les nouveaux éco-quartiers Flaubert et Lucilline, sur des terres nécrosées par des ères industrielles : l’habitat bio, logique éco-normique. Les derniers grands projets immobiliers y écrasent la crasse : rive gauche, le Hangar 106, scène de la musique Actuelle, le prochain Hangar 107, bureaux, restaurants, crèche et salle d’exposition, le Hangar 108, futur Hotel de Métropole, le ‘parc’ de la presqu’île Rollet ; rive droite, le panorama XXL, les Docks 76, centre Commercial et de Loisirs, le palais des sports Kindarena, les Hangars 9, 10, 11, lieux de consommation de nourriture, de sports et de séminaires, le hangar 23, lieu de musiques et danses du Monde, un appel à projet sur le Chai à Vin, la démolition partielle du Hangar 13 abritant le Musée Maritime, Fluvial et Portuaire, la démolition totale des Hangars 15 et 16…

Alors après les déboires et l’annulation de la précédente édition (2015), on relègue la Fête au bout des quais. La presque-île Waddington devient l’esplanade Saint Gervais, plateforme événementielle du temporaire encadré : concerts, cirques, et nouvellement, le dé-ménagement de la foire St Romain…

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♦ Triptyque forain (1) : Pré-histoires botaniques de la presqu'île Waddington

Il n'y a rien alors... Alors on peut y délocaliser la Foire comme on l'avait fait il y a quelques décennies sur cet autre rien qu'étaient les quais avant que l'on découvre qu'ils étaient bordés d'eau, nouvel or de l'aménageur. Il n'y a rien. Ce rien qu'on réserve aux mobiles. Mais de quoi Rien est-il fait ?

La presque-île Waddington -ou l'esplanade St Gervais-, prolonge les quais de la rive droite vers l'ouest de la ville et est avant tout un vaste sol inerte. Un patchwork de différentes textures, matériaux et granulométries, témoin des nombreux ré-aménagements, et de l'évolution des usages de l'espace. On y trouve quelques traces d'agitation, le squelette du hangar 23 reconverti en « Salle des musiques, danses et cultures du monde » et aujourd'hui délocalisé en centre ville, un musée maritime, le Chai à vin, un terminal croisière et un terminal granulats.
Presque une île, de béton, de remblais, acculée au bout des quais. Ancien territoire des dockers et des hangars, lieu d'agitation intense ; vaste parking aux flaques d'huile de vidange ; île habitée au gré de mouvements voyageurs ; scène éphémère, presque une île événementielle ; et aujourd'hui, une presque-île foraine ; demain peut-être, un nouveau fer de lance de la construction métropolitaine et de sa re-conquête du passé industriel des bords de Seine.

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♦ Bases vie et campings ouverts à l'année_Flamanville, chantier de l'EPR

Nous partons à Flamanville afin d'aller à la rencontre des ouvriers mobilisés sur le chantier de l'EPR. Certains sont sur place depuis le début du chantier, en 2007. Une petite dizaine de campings situés à Flamanville et ses environs, accueillent à l'année certains de ces ouvriers. Au camping municipal de Siouville, la réceptionniste nous explique que dans la région tous les campings sont ouverts à l'année, à l'exception de ceux qui sont uniquement touristiques. « Ha bon ? Ailleurs les campings sont tenus de fermer un mois dans l'année ? » s'étonne-t-elle. Dans ce camping, cohabitent à l'année retraités et ouvriers du chantier de l'EPR et tous ont la possibilité de recevoir leur courrier sur place. Les retraités sont presque tous propriétaires de leur mobil home. Certains ouvriers du chantier possèdent aussi leur propre caravane ou camping car et d'autres louent des mobil homes. Pour augmenter la capacité d'accueil, le camping a également été étendu au moment du lancement du chantier. Sur cette parcelle située au bout du camping sont disposés une vingtaine de mobil homes appartenant à l'AIE, l'Association Inter Entreprises, financée par les entreprises titulaires d'un marché avec EDF. Elle a pour but de prendre en charge le logement, la restauration et les transports des ouvriers de l'EPR. « C'est l'AIE qui gère cette partie du camping ! Les ouvriers leur payent directement la location et voient avec eux pour ce qui est de l'entretien des mobil homes. Par contre, ils sont soumis au règlement intérieur du camping et ont accès à ses sanitaires. Il y a un arrangement entre l'AIE et les élus mais je ne sais pas lequel... ».

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♦ Etrepagny, exploration des environs d'une usine sucrière

Sous de larges volutes de fumée et dans d'étranges odeurs âcres et caramélisées, le MKN-Van arrive à Etrepagny. L'entrée dans le village longe les hautes cheminées de l'industrie sucrière St Louis, tandis que de nombreux camions vrombissent sur la route. Ici, des tonnes de betteraves (beta vulgaris) sont acheminées des environs puis traitées par un procédé de séparation permettant l'extraction du sucre des plantes. Une fois les betteraves coupées, broyées, chauffées, épurées, évaporées, cristallisées... le sucre est empaqueté puis disséminé en France. Ce sont des routiers qui s'occupent alors de tisser le lien entre les champs et l'usine (dans un rayon d'environ 200km) ; d'autres entre l'usine et le reste du pays.

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♦ Deuxième tournée du MKN-VAN !

Pour cette deuxième tournée du MKN-VAN nous sommes partis à la rencontres de personnes, de situations : déjà vues ou écrites, filmées. Une semaine pour continuer le travail avec eux.
La lanterne magique nous a guidés dans l'Eure, de Brionne à Ménilles, d'Etrepagny à Limetz.

Anciens Articles sur le camping de Limetz, ses problématiques d'accès à l'eau et les films avec Lucille et Kevin habitants du camping : Ici, Ici, Ici
Ancien Article sur Etrepagny et sa base vie ou nous avions rencontré Jean-Pierre : Ici
Anciens Articles sur Jean-Charles et Marie-Christine, habitants en camion au bord d'une route et bricolant régulièrement leur camion : Ici, Ici, Ici
Anciens Articles sur Ménilles, école "capitale du Royaume sur Roues" : Ici, Ici, Ici, Ici


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♦ Compte rendu des rencontres de l'habitat léger et mobile 2016 à Rouen / Désinventer la Seine

Désinventer la Seine, note d'intention des rencontres :

Reconquête ! Les mots sont lancés à travers une Europe désindustrialisée, de la Seine à la Moskva.

Depuis 2013 à Rouen, mairie et métropole ont lancé les chantiers de reconquête de la rive gauche des bords de Seine. Ceux-ci constituaient pourtant en plein centre ville une rareté : une place pour la ville mobile et foraine, accueillant retraités en camping car, travellers, voyageurs, habitats et commerces forains, cirques et circassiens etc. Mais le rouge est mit. Pelleteuses et Barrières signent à grand frais la fin de cette exception urbaine. Après un début d’aménagement sans bruit, communication et marketing ont pris le relais et, sur les affiches, camions, tentes, stands et camping-cars sont remplacés par les vélos, pelouses et hypothétiques cerfs-volants de la métropole techno-verte et conviviale.

Il s’agit à présent de mettre des mots et des images sur cet art de faire la ville, contre le voyageur : « Le fleuve devient un lieu de vie, d’activité économique et d’habitat », disent-ils. Comment ? « (…) par l’anéantissement d’un lieu de vie, d’habitats et d'activités économiques qui y étaient présent », voudrions nous rajouter.

À notre tour de poser des mots, de dire ce qu’il en est et de raconter ceux qui vivent, mobiles dans les vides des cartes.

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♦ Petite leçon de Manouche au bord de la Risle

Première maraude avec le MKN-VAN dans la commune de Pont-Audemer, dans l’Eure. Le long de la Risle, sur la gauche, une petite allée entre de deux parkings, amène à un terrain sur lequel sont installées de nombreuses caravanes.
Un homme s’avance : Anthony, qui habite une de ces caravanes. Il nous apprend alors que cet endroit est une ancienne déchetterie où « les gens venaient y déposer leurs gravats. »

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♦ Une clim' pour l'été !

Rare chaude après-midi de juillet aux alentours de Vernon. Nous passons rendre visite à Jean-Charles et Marie-Christine. Nous buvons un verre sous un barnum nous protégeant du soleil, installé près de l'arrière du camion. Pour nous rafraîchir, ils approchent de la table leur dernière invention : « notre nouvelle clim' ! ».


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♦ Axe Seine... proximité de Vernon « On veut boire de l'eau au robinet ! »

Il n'y a toujours pas d'eau au camping de Limetz, « mais on a racheté une plus grande cuve ! », nous annonce Lucille à notre arrivée. Elle raconte aussi qu'il y a quelques mois, un homme est venu les voir – soit disant - de la part de la propriétaire pour leur demander de payer de nouveau un loyer. Le loyer est alors fixé à la tête du client, de 200 à 300 euros par emplacement. En échange, il devait faire quelques travaux d'aménagements sur le camping et remettre l'eau. Au bout de deux mois, ne voyant aucune modification, Lucille se rend à la gendarmerie avec sa quittance de loyer : « Le papier était bidon ! C'est dur quand même 400 euros pour rien... ».

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Makhnovtchina / cycle urbanismes combattants
atelier cartographique de campagne


stany cambot / échelle inconnue
www.echelleinconnue.net mel@echelleinconnue.net


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