makhnovtchina

Makhnovtchina est un projet adisciplinaire et forain qui vise à expérimenter, co-naître et cartographier (sur tous types de supports) la ville mobile avec ceux qui la vivent ainsi qu'à outiller des situations critiques - ou les espaces produits par la Métropole – en Haute-Normandie et à l'Est de l'Europe (Russie / Moldavie).




♦ Bases vie et campings ouverts à l'année_Flamanville, chantier de l'EPR

Nous partons à Flamanville afin d'aller à la rencontre des ouvriers mobilisés sur le chantier de l'EPR. Certains sont sur place depuis le début du chantier, en 2007. Une petite dizaine de campings situés à Flamanville et ses environs, accueillent à l'année certains de ces ouvriers. Au camping municipal de Siouville, la réceptionniste nous explique que dans la région tous les campings sont ouverts à l'année, à l'exception de ceux qui sont uniquement touristiques. « Ha bon ? Ailleurs les campings sont tenus de fermer un mois dans l'année ? » s'étonne-t-elle. Dans ce camping, cohabitent à l'année retraités et ouvriers du chantier de l'EPR et tous ont la possibilité de recevoir leur courrier sur place. Les retraités sont presque tous propriétaires de leur mobil home. Certains ouvriers du chantier possèdent aussi leur propre caravane ou camping car et d'autres louent des mobil homes. Pour augmenter la capacité d'accueil, le camping a également été étendu au moment du lancement du chantier. Sur cette parcelle située au bout du camping sont disposés une vingtaine de mobil homes appartenant à l'AIE, l'Association Inter Entreprises, financée par les entreprises titulaires d'un marché avec EDF. Elle a pour but de prendre en charge le logement, la restauration et les transports des ouvriers de l'EPR. « C'est l'AIE qui gère cette partie du camping ! Les ouvriers leur payent directement la location et voient avec eux pour ce qui est de l'entretien des mobil homes. Par contre, ils sont soumis au règlement intérieur du camping et ont accès à ses sanitaires. Il y a un arrangement entre l'AIE et les élus mais je ne sais pas lequel... ».

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♦ Etrepagny, exploration des environs d'une usine sucrière

Sous de larges volutes de fumée et dans d'étranges odeurs âcres et caramélisées, le MKN-Van arrive à Etrepagny. L'entrée dans le village longe les hautes cheminées de l'industrie sucrière St Louis, tandis que de nombreux camions vrombissent sur la route. Ici, des tonnes de betteraves (beta vulgaris) sont acheminées des environs puis traitées par un procédé de séparation permettant l'extraction du sucre des plantes. Une fois les betteraves coupées, broyées, chauffées, épurées, évaporées, cristallisées... le sucre est empaqueté puis disséminé en France. Ce sont des routiers qui s'occupent alors de tisser le lien entre les champs et l'usine (dans un rayon d'environ 200km) ; d'autres entre l'usine et le reste du pays.

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♦ Deuxième tournée du MKN-VAN !

Pour cette deuxième tournée du MKN-VAN nous sommes partis à la rencontres de personnes, de situations : déjà vues ou écrites, filmées. Une semaine pour continuer le travail avec eux.
La lanterne magique nous a guidés dans l'Eure, de Brionne à Ménilles, d'Etrepagny à Limetz.

Anciens Articles sur le camping de Limetz, ses problématiques d'accès à l'eau et les films avec Lucille et Kevin habitants du camping : Ici, Ici, Ici
Ancien Article sur Etrepagny et sa base vie ou nous avions rencontré Jean-Pierre : Ici
Anciens Articles sur Jean-Charles et Marie-Christine, habitants en camion au bord d'une route et bricolant régulièrement leur camion : Ici, Ici, Ici
Anciens Articles sur Ménilles, école "capitale du Royaume sur Roues" : Ici, Ici, Ici, Ici


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♦ Une clim' pour l'été !

Rare chaude après-midi de juillet aux alentours de Vernon. Nous passons rendre visite à Jean-Charles et Marie-Christine. Nous buvons un verre sous un barnum nous protégeant du soleil, installé près de l'arrière du camion. Pour nous rafraîchir, ils approchent de la table leur dernière invention : « notre nouvelle clim' ! ».


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♦ « Une base de vie ? Il n'y a personne qui vit ici... ! »

Jean-Pierre travaille à la sucrerie Saint Louis d'Étrépagny depuis 5 ans. Il fait « la matinée », de 4h à 15h30. Il n'habite pas très loin de l'usine et peut donc rentrer chez lui le soir. « On ne va jamais à plus de 90 km pour aller chercher des betteraves ». Le reste de l'année il travaille pour une autre boîte et parcourt la France dans son poids lourd. « Un poids lourd de 40 tonnes, toutes charges comprises, avec les betteraves ! ». Il ne rentre alors chez lui que les week-ends.

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♦ RENCONTRES HABITAT LÉGER, ÉPHÉMÈRE ET MOBILE (HALEM) du 24 au 27 AOUT 2014 à HARFLEUR (Normandie)



Vous venez souvent jeter un œil sur ce journal en ligne. Il est temps maintenant de nous rencontrer pour discuter, débattre, échanger... Voici le programme :

Depuis l’été 2008, les rencontres de HALEM sont l’espace et le moment le plus important de l’association. Nous en profitons pour faire le point, analyser l’actualité, réfléchir aux différents besoins des personnes discriminées par leur mode d’habiter, établir les stratégies de l’année, rencontrer de nouvelles personnes, grossir notre équipe, nous organiser...

Tout au long de ces journées nous échangerons des situations diverses, des trucs et astuces, des conflits avec les communes, de la posture de l’État et de leur services, de l’insécurité dans les terrains de camping, de la situation des installations spontanées, de la lutte permanente que doivent subir les itinérants, les habitants de caravanes...

Chaque année nous choisissons un lieu qui illustre notre propos et où une résistance à soutenir est présente.

« Oui, Messieurs, c’est la guerre entre les riches et les pauvres : les riches l’ont voulu ainsi ; ils sont en effet les agresseurs. Seulement ils considèrent comme une action néfaste le fait que les pauvres opposent une résistance. Ils diraient volontiers, en parlant du peuple : cet animal est si féroce qu’il se défend quand il est attaqué. » Extrait de la défense d’Auguste Blanqui en Cour d’Assises, 1832 Le lieu :

Cette année, les rencontres de HALEM se passeront en Normandie, plus exactement derrière la mairie de Harfleur, près du Havre.

Depuis plusieurs années, quelques membres du Groupe Animation de HALEM nous interpellent sur leurs luttes et leurs recherches sur ce territoire.

Dans leurs visites aux environs du Havre, ceux-ci ont rencontré plusieurs raisons pertinentes de faire réagir HALEM.

Le secteur du Havre, de part sa configuration de ville portuaire est très symptomatique pour parler de la mobilité lié à l’activité (péniches, marins, gros chantier... ). La ville a été totalement reconstruite après la guerre et abrite encore un quartier de cabanes sensé être provisoire et habité par des personnes qui ne sont pas disposées à déménager... Important !!!

   Les repas pourront être pris collectivement (cuisine et réfectoire sous un grand barnum),
   Un chapiteau, un tipi, une grande tente et peut être une yourte pour dormir...
   Pensez à prendre vos couchages (matelas, tentes, camions, caravanes...)
   possibilité d’arriver dès vendredi 22 et donner un coup de main pour la préparation.
   Si vous avez besoin de plus de confort, quelques hébergements sont possibles chez des militants

N’hésitez pas à nous contacter...

Programme :

Avec la participation d’Échelle Inconnue : http://www.echelleinconnue.net/

   Une conférence état des lieux des différents types de mobilités en Haute-Normandie
   Une lecture de texte sur la situation en Russie.
   Diffusion avec le journal d’Échelle Inconnue des travaux des rencontres
   Essaie d’un document vidéo à partir des interventions.



DIMANCHE 24

10h Présentation d'Halem, du contexte local et des associations membres du réseau

14h Atelier 1 : TECHNIQUES DE NOMADES, DE CONSTRUCTIONS LÉGÈRES ET HACKING

Il a semblé intéressant de rentrer cette fois-ci dans le débat par une approche plus technique que d’habitude.

L’habitat mobile, éphémère évolue avec la société et n’est, contrairement aux apparences, pas du tout en marge, bien au contraire, il est même souvent à la pointe de l’innovation. Des techniques, des réseaux d’entraides, des échanges dans le même esprit que le logiciel libre...

Le législateur ne cesse de nous rabattre les oreilles avec ses « liens sociaux » tout en s’acharnant à détruire cette solidarité que nous pourrions presque nommer « solidarité de classe ». Depuis les systèmes D ingénieux jusqu’aux kits du type « la yourte mongole » devenue la tarte à la crème de l’HL, nous pourrions présenter des solutions pour obtenir un confort qui feraient pâlir de jalousie bien des logements plus conventionnels.

Nous espérons que la rencontre avec les hackers de Rouen et du Havre (les bidouilleurs en programmation / électronique / création d’outils libres..), avec les bricoleurs de l’habitat légers ou mobile sera fructifiante. Notre philosophie commune : nous accaparer nous-mêmes tous les outils possibles, en créer d’autres pour notre autonomie et ne pas dépendre du marché et des exploiteurs.


16h Pause

16h30 Atelier 2 : DANSE AVEC LES ÉLUS : la loi ALUR, état des lieux et conséquences...

Nous sommes nombreux à penser que celle-ci n’a rien fait évoluer voir même comporte des aspects discriminatoires envers les habitantEs de caravane que le législateur nomme sans vergogne « gens du voyage ». Confirme t-elle, dans sa forme, le droit que possèdent les élus à choisir qui a le droit de vivre sur son territoire ?

Contrairement à ce que beaucoup pensent, il n’y a pas « d’après la loi Alur » : aucun décret n’est tombé. Les assos sont maintenant définitivement exclues du débat depuis le départ de Cécile Duflot, les collectivités s’empressent de créer leur documents d’urbanisme, comme d’habitude en essayant d’exclure une partie de leur population, en la rendant illégale sur leur territoire, en rivalisant de zèle et en sautant sur toutes les occasions pour organiser sa chasse aux plus modestes... Les arguments écolos deviennent les principaux ennemis des installations spontanées, celles-ci devenant les fautives de la disparition des espaces agricoles, les malpropres qui détériorent le paysage par leur unique présence...

Nous nous appuierons entre autre sur l’exemple de l’agglo du Havre (la codah), sur sa posture, ses décisions en matière d’habitat léger et sur les affreux débats que nous avons entendus sur les bancs des législateurs. Nous essaierons de les rencontrer pour parler de futur/bonnes pratiques...


LUNDI 25 AOÛT 2014

10h00 Atelier 3 : L’HABITAT PARTICIPATIF : avant garde ou concept bobo et gentrifieur ?

Au sujet de l’habitat participatif. Un vaste débat est en cours pour définir un concept flou et qui par ce fait contribue à ne pas poser les vrais questions.

Il n’existe pas de définition officielle de l’habitat participatif. Certains le caractérisent par « la mobilisation des habitants dans la production ou la coproduction de leur cadre de vie et leur implication dans la gestion courante et ordinaire du patrimoine qu’ils occupent ». Il n’existe pas plus de 20 000 personnes concernées par les projets d’habitats qui ont défrayés la chronique pendant toute la période l’élaboration de la loi ALUR. Le grand sujet a surtout été de savoir comment devenir propriétaire d’un morceau collectif et concerne, en très grande majorité, une population au statut social élevé. Par contre, le gouvernement a recensé 16 949 personnes vivant dans des campements illicites en été 2013. C’est un chiffre étonnamment précis lorsqu’on sait l’obligation de se cacher pour les personnes concernées. Quand bien même... disons 20 000 autres personnes qui participent elles aussi à l’élaboration de leur habitat, dont la principale crainte est de se voir expulsée et qui n’a pas la voix au chapitre. Depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir, la situation ne s’est pas arrangée. Entre 2012 et 2013, le nombre d’expulsions de campements a doublé. Les procès pour les yourtes, cabanes... sont de plus en plus durs à gagner et l’État fait de plus en plus appel lorsqu’il perd en première instance. Les installations spontanées par choix ou nécessité ne sont elles pas pourtant concernées pas cette définition ?

Nous ferons un rappel historique sur la pérennisation de l’habitat provisoire d’après guerre au Havre. Est-il risqué de faire un parallèle entre des bombardements ou des catastrophes naturelles et la spéculation immobilière lorsque les conséquences sont les mêmes ? Pourtant les mesures ne suivent pas...


14h Atelier 4 : COMMERCE AMBULANT, TRAVAILLEURS MOBILES, ÉCONOMIE INFORMELLE.

Le commerce ambulant, la situation des travailleurs mobiles, évolution, état des lieux. Le lien est évidement direct avec l’habitat mobile ou éphémère. Une analyse du contexte sous un regard d’économistes, de sociologues sera sûrement très utile pour nous aider comprendre les mécanismes. Entre le monde que nous souhaiterions voir et les réalités de celui-ci, quelles forces devrions nous déployer ?

Nous ouvrirons également les questions de l’économie informelle fortement criminalisée, en France et plus largement en Europe. Les travaux d’Échelle Inconnue en Russie pourront nous servir d’exemple...


En soirée : Echelle Inconnue présentera une conférence état des lieux des différents types de mobilités en Haute-Normandie et présentera une vidéo réalisée en Russie.

Mardi 26

Il est important que nous sortions de ces journées avec les idées un peu plus claires et de définir quelques objectifs opérationnels pour l’année à venir. - proposition d’organisation - projets à mener


Mercredi 27

Pour celles et ceux qui pourront rester, HALEM est un outil qu’il faut huiler, entretenir, animer, rendre efficace. Il est possible de rejoindre celles et ceux qui s’y attellent en restant un jour de plus et en proposant, par exemple, de faire partie du « groupe animation du réseau », que nous appelons Conseil d’Animation ou de devenir une personne ressource de l’association.


Renseignements pratiques :

LIEU : Parc proche de la Mairie d'Harfleur (76) - Possibilité de garer son véhicule habitable (camion, caravane...)

Dates : du 24 au 27 août 2014

Plus d'informations sur HALEM : http://www.halemfrance.org/

Retrouvez Echelle Inconnue sur Twitter : @EchelleInconnue

♦ Moscou gare de Bieloruskaya. Tourner, attendre et découvrir la réalité d'une brigade d'ouvriers migrants.

Marché des heures, en plein cagnard, à courir après elle.

Mais elle ne se laisse pas approcher. Elle se dérobe, se camoufle, se déguise ou simplement déserte les endroits où on pensait la trouver, les berges le long desquelles la pêcher. Elle se planque. Ses habitants filent en amis fugitifs. Peut-être s'agit-il d'une des conditions du pacte signé avec la ville Normale...

Trois heures autour des voies partant de la gare de Bieloruskaya vers le sud-est !

Nib ! Les garages quoiques légers et sans doute « informels », ne sont véritablement que des garages.

T'as beau chercher les offres d'emploi au black accrochées aux poteaux, te surprendre à repérer des phénotypes (puisqu'ici la ville informelle est asiatique) rien.

A mesure de la marche tout ça commence à sentir le mauvais carnet de voyage. T'es un Américain des années cinquante, la caméra rebondissant sur le nombril, la sueur qui emporte et dégueule la gomina dans tes yeux. Et l'appareil qui collectionne à vomir, en cahier de tendances, des containers, des bungalows, des baraques de tôles, des chantiers... T'as les pieds qui saignent.

Mauvaise méthode.

Marcher ne suffit plus pour rencontrer et interagir avec la ville mobile et informelle.

Après l'euphorie, deuxième échec. Le premier, ouvrier, s'appelait Ferouze.

Ferouze ou l'attente from Echelle Inconnue on Vimeo.

♦ Moscou. Les ouvriers ouzbeks ne nomadisent pas en yourte.

« Ça fait trois ans que je fais ça. Je compte continuer encore deux ans avant de rentrer chez moi »

Il a vingt ans est Ouzbek mais contrairement à l'image d’Épinal ce n'est pas en yourte qu'il nomadise mais de chantier en chantier, d'appartement en appartement. Trois ans, qu'avec ses deux compagnons, il habite les lieux mêmes des chantiers sur lesquels il travaille.

Rendez-vous est pris sur un parking. Et c'est en voiture que nous nous rendons au pied d'un marché. De là nous marchons jusqu'à un ensemble d'immeubles. Le chemin aurait été plus court en voiture mais il ne sais s'y rendre qu'à pied. Digicode, porte, ascenseur, couloir et une porte capitonnée s'ouvre sur des sacs de plâtre empilés dans le vestibule d'un appartement en réfection. Ses deux collègues, Ouzbeks eux aussi, sont là nettoyant leurs outils dans la cuisine. Il nous emmène jusqu'à deux chambres. Au milieu des outils, des ballots d'isolants, des fenêtres à poser sont jetés trois matelas, les leurs le temps du chantier. Un morceau de papier peint est posé à l'entrée et fait office de paillasson pour limiter l'invasion de la poussière de plâtre.

« En Ouzbékistan tout va bien sauf l'argent ! »

Nous nous installons. Il retape un peu sa paillasse et s’assoie sur un tabouret pour répondre à nos questions. « En Ouzbékistan tout va bien sauf l'argent ! » c'est pour ça qu'il a quitté sont emploi de vendeur de chaussure pour venir travailler ici. Tous les ans, avec son équipe, il construisent 6 maisons à Moscou. Pour nous rejoindre, il a quitté le chantier de l'une d'elle. Après nous, il entamera sa deuxième journée de travail ici dans cet appartement : les travaux bruyants jusqu'à 22h puis les travaux silencieux comme l'enduit, le papier peint ou la peinture.

Il n'a pas connu les containers dans lesquels vivent certains ouvriers et ne veut pas les connaître préférant le confort relatif qu'offre ce camping en appartement.

Nous discutons encore, filmons. Puis vient le moment de se séparer. Nous parlons un peu de la destination de ce film. Internet ? Non. Il ne veut pas.

Nous reviendrons avec un premier montage pour discuter.

À suivre...

♦ Moscou. Danse avec les murs.

Des murs et des barrières, immanquablement dressés entre les containers habités et la ville. Variété incroyable de surfaces contre lesquelles on bute et on peste. Quand la non-maîtrise de la langue condamne au stupide exercice de la série photographique, c'est avec eux que l'on danse, que l'on tourne, en contorsion dans l’entrebâillement, au dessus, en dessous. Murs, barrières, plus infranchissables encore que ceux des bidonvilles français.

Parce que ces barrières sont justement les précis synonymes du découragement, alors tentons au moins de les qualifier. Qualifier ce qui se dresse systématiquement entre ville normale et ville mobile, et au-delà tenter de lire la ville en les logeant.

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♦ Makhnovtchina ? Why this title ?

Why this title?

In France it is invariable, unpronounceable by mouths frightened after reading of the Wikipedia's article dedicated to it. Thus think! A revolution other than ours, the only one, the real, in 1789!

In Moscow it is even worse. "Can you explain why the title? "" Forget it! it evokes too much here, it has a bad reputation. "

Explain ! As always the vanquished must justify themselves. Maybe even more as it comes to Makhnovchina movement that was defeated on all sides, crushed between the jaws of the Red and the White armies.

So do we explain. Why this title?

Yes, the combination of Makhnovchina's history and Mobile city's history is truly surrealistic (as the "chance meeting on a dissecting table of a sewing machine and an umbrella"). Following the surrealism example, it is from the merger of a mobile city and of political events based on the mobility, that new realities, surpassing the reality, can emerge. We shall temporarily call them « future. »

Why this title?

The Situationists, Debord the first, devoted to Makhnovism many pages and a song. Is it a coincidence if those who saw in urban transformation the promise of radical changes, were also very much interested in Makhnovchina ? Isaac Babel once wrote that Makhnovchina "disfigured the face of war" when an army of peasant carts equipped with machine guns took the place of traditional cavalry, artillery etc. Speaking of the "Situs " (Debord and others) is quite legitimate but as soon as it comes to the topic they were discussing, that is to Makhnovchina as such, then problems arise.

Why this title?

The Russian economist Vladimir Radaev himself makes a link beetween Makhnovchina and informal economy. He sees in Makhno the father of the « informal » in Russia. For him, between the « Red's » ordered economy and the Whites' » formal market economy, the "Greens", under the leadership of Makhno, embodied the informal market economy. An alternative.

Why this title?

Because the father of one of our member has been working in the same company where Makhno worked and died.

Why this title?

Because desirables futures are still awaiting , burried in mass graves of history. We chose our projects' titles to revive dead histories. So did we with "Nowhere" (literal translation of Thomas More's novel title Utopia, who in his time had so little odds he was beheaded for political reasons), with "Black Bloc", with "Smala" (Abd-El-Kader Algerian city destroyed by the French colonial army), and with"Makhnovchina" . No doubt we will still use such titles to work on forgotten historical moments : insurgent Barcelona during civil war, Montoneros killed under the Argentine dictatorship, and others. Defeated futures that nevertheless shape our present times.

♦ Pourquoi ce titre ?

En France c'est invariable, imprononçable par les bouches effrayées après lecture de l'article que Wikipédia lui consacre. Pensez donc ! Une révolution autre que la nôtre, la seule, la vraie, 1789 !

À Moscou encore davantage. « Pouvez-vous m'expliquer ce titre ? », « Faut oublier ! ça évoque trop de choses ici, ça a mauvaise réputation ».

S'expliquer comme l'on demande toujours aux histoires des vaincus ; à celle-là qui plus est, vaincue de toute part, écrasée entre les mâchoires est et ouest de l'Europe. Pour un peu c'est sur ses restes qu'on dresserait la table d'une réconciliation des belligérants, France, Russie qui s'arrachaient en 1922 sa dépouille.

« Ça complique. Le rapport entre ville mobile et caravane insurrectionnelle est long à expliquer ».

Alors, expliquons-nous. Pourquoi ce titre ?

Oui, le rapprochement de cette histoire et de ce présent est proprement surréaliste (comme la rencontre fortuite d'une machine à coudre et d'un parapluie sur une table de dissection). À l'instar du surréalisme c'est de ce rapprochement d'un mode de ville, mobile, et d'un des rares événements politiques basé sur le mouvement, que peuvent émerger de nouvelles réalités surpassant le réel, que nous appellerons provisoirement futurs.

Pourquoi ce titre ?

Les situationnistes, Debord en tête, consacrèrent à la Makhnovtchina de nombreuses pages et une chanson. Est-ce un hasard si ceux qui voyaient dans la transformation urbaine la promesse du changement radical, s’intéressèrent tant à ce qui « défigura le visage de la guerre » remplaçant infanterie, artillerie et même cavalerie par une armée de charrettes paysannes équipées de mitrailleuses ? Comme quoi, même si les Situs, digérés par l'estomac de la branchitude, n'effraient plus personne. Citer leur source leur rend leur dangerosité intellectuelle.

Pourquoi ce titre ?

Parce que nous sommes si bien nés que c'est dans l'usine où Makhno mourut qu'un de nos pères travailla toute sa vie.

Pourquoi ce titre ?

Parce que les futurs désirables sommeillent encore dans les fosses communes de l'histoire. Après « Nulle part » (traduction littérale du roman de Thomas More qui en son temps eu si peu la cote qu'il en fut décapité pour raison politique), « Black bloc », « Smala » la ville détruite par l'armée coloniale française, « Makhnovtchina » ; sans doute continuerons-nous à ressusciter nos histoires mortes : la Barcelone insurgée de la guerre civile, les Montoneros assassinés de la dictature argentine, et les autres encore; futurs non avenus qui façonnent notre présent. " Car nous nous devons d'être responsables des enfants que nous n'avons pas eus*."

_*Salem Brahimi, Alger 2013

♦ Le blanc de la carte est-il néanmoins vide ?

Makhnovtchina. Vie et disparition d'une enclave nomade à Rouen from Echelle Inconnue on Vimeo.

Makhnovtchina / cycle urbanismes combattants
atelier cartographique de campagne


stany cambot / échelle inconnue
www.echelleinconnue.net mel@echelleinconnue.net


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