makhnovtchina

Makhnovtchina est un projet adisciplinaire et forain qui vise à expérimenter, co-naître et cartographier (sur tous types de supports) la ville mobile avec ceux qui la vivent ainsi qu'à outiller des situations critiques - ou les espaces produits par la Métropole – en Haute-Normandie et à l'Est de l'Europe (Russie / Moldavie).




♦ Gennevilliers - De la cité 51 au Tremplin Sud


Le travail ici s'articule autour des traces du passé des anciennes cités de transit de Gennevilliers, notamment la cité 9 et la cité 51. Ces dernières ont perduré pendant plus de vingt ans, de 1965 à 1987. Vous trouverez sur le journal un historique de ces cités. Aujourd'hui, nous sommes partis découvrir celle du numéro 51 de la Route du Port.

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♦ Vingt ans de cités provisoires

Axe Seine : le Port de Gennevilliers

Alain Bourgarel est l’auteur de l’ouvrage « Les cités de transit du Port de Gennevilliers 1965-1987 », Société d’histoire de Gennevilliers n°11 – avril 2016. Il a été instituteur pendant 20 ans dans les écoles installées près des deux cités de transit du Port de Gennevilliers. Il commence notre rencontre par nous interpeller sur le terme de provisoire. « C’est une notion qui a un caractère très pernicieux. Ici, à Gennevilliers, on a collé cette étiquette de « provisoire » aux habitants des cités de transit. Elles ont perduré pendant plus de vingt ans... »

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♦ Tryptique forain (3) : L'invisible, usages et relations au monde vivant

Dans le tumulte de la Fête disparait l'île. L'im-plantation foraine met à distance le lieu, et invisibilise les structures et les rapports spatiaux.

Où il est question d'organisation et de logistique,
de sécurité,
et d'économies.
Quels dialogues se mettent en place entre la fête et l'espace, entre la foule et le végétal, entre mobilier et mouvement ?

Plongée dans l'arrière scène de la foire.

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♦ Les candidats au voyage par leurs voisins-mêmes



Les candidats au voyage par leur voisins-mêmes from Echelle Inconnue on Vimeo.



Dieppe, le Pollet, après Calais, l'autre point de traversée possible pour les "réfugiés" vers l'Angleterre. Loin des caméras et des architectes, ce qui constitue peut-être une chance dans ces falaises qui ont vu au XIXe siècle d'autres réfugiés, Dieppois, eux, expulsés du centre par les projets urbains d'infrastructure.

♦ Bagdad Palace

Un havre pour les "Candidats au voyage".

Bagdad Palace from Echelle Inconnue on Vimeo.

♦ HackingBoat

Hacking signifie tout à la fois le bricolage et la création ou le détournement de code ou dispositifs numériques. Il implique aussi, de manière radicale, une remise en question de l'économie, de la propriété, ainsi que des processus de projets et de création.

José fait du code. Sa maison flottante ressemble à la matérialisation de ces assertions.

HackingBoat " Tu fais quoi là ? Le manouche sur l'eau !?" from Echelle Inconnue on Vimeo.

♦ Le Pollet au prisme forain : Le Bagdad Palace

Bagdad Palace from Echelle Inconnue on Vimeo.

Nous nourrissons le NigloBlaster d'autant de films qu'il est de mobilités dans ce quartier de Dieppe : camions ou caravanes habitées, voyageurs ou travailleurs forains et offshore. Ici le Bagdad Palace, havre "des candidats au voyage" comme les nomme Luc (peut-être devrions-nous dire Ben Zouf) un des Polletais avec qui nous travaillons. Ce squat se trouve à une limite critique du quartier que les cartes officielles réprouvent mais pourtant... C'est une halte possible d'une nuit ou quelques jours pour les migrants tentant de passer clandestinement en Angleterre cachés dans les camions qui embarquent en Ferry à l'autre bout du quartier. C'est comme en écho à Monsieur Evrard une image du quartier par l'accueil.

♦ RENCONTRES HABITAT LÉGER, ÉPHÉMÈRE ET MOBILE (HALEM) du 24 au 27 AOUT 2014 à HARFLEUR (Normandie)



Vous venez souvent jeter un œil sur ce journal en ligne. Il est temps maintenant de nous rencontrer pour discuter, débattre, échanger... Voici le programme :

Depuis l’été 2008, les rencontres de HALEM sont l’espace et le moment le plus important de l’association. Nous en profitons pour faire le point, analyser l’actualité, réfléchir aux différents besoins des personnes discriminées par leur mode d’habiter, établir les stratégies de l’année, rencontrer de nouvelles personnes, grossir notre équipe, nous organiser...

Tout au long de ces journées nous échangerons des situations diverses, des trucs et astuces, des conflits avec les communes, de la posture de l’État et de leur services, de l’insécurité dans les terrains de camping, de la situation des installations spontanées, de la lutte permanente que doivent subir les itinérants, les habitants de caravanes...

Chaque année nous choisissons un lieu qui illustre notre propos et où une résistance à soutenir est présente.

« Oui, Messieurs, c’est la guerre entre les riches et les pauvres : les riches l’ont voulu ainsi ; ils sont en effet les agresseurs. Seulement ils considèrent comme une action néfaste le fait que les pauvres opposent une résistance. Ils diraient volontiers, en parlant du peuple : cet animal est si féroce qu’il se défend quand il est attaqué. » Extrait de la défense d’Auguste Blanqui en Cour d’Assises, 1832 Le lieu :

Cette année, les rencontres de HALEM se passeront en Normandie, plus exactement derrière la mairie de Harfleur, près du Havre.

Depuis plusieurs années, quelques membres du Groupe Animation de HALEM nous interpellent sur leurs luttes et leurs recherches sur ce territoire.

Dans leurs visites aux environs du Havre, ceux-ci ont rencontré plusieurs raisons pertinentes de faire réagir HALEM.

Le secteur du Havre, de part sa configuration de ville portuaire est très symptomatique pour parler de la mobilité lié à l’activité (péniches, marins, gros chantier... ). La ville a été totalement reconstruite après la guerre et abrite encore un quartier de cabanes sensé être provisoire et habité par des personnes qui ne sont pas disposées à déménager... Important !!!

   Les repas pourront être pris collectivement (cuisine et réfectoire sous un grand barnum),
   Un chapiteau, un tipi, une grande tente et peut être une yourte pour dormir...
   Pensez à prendre vos couchages (matelas, tentes, camions, caravanes...)
   possibilité d’arriver dès vendredi 22 et donner un coup de main pour la préparation.
   Si vous avez besoin de plus de confort, quelques hébergements sont possibles chez des militants

N’hésitez pas à nous contacter...

Programme :

Avec la participation d’Échelle Inconnue : http://www.echelleinconnue.net/

   Une conférence état des lieux des différents types de mobilités en Haute-Normandie
   Une lecture de texte sur la situation en Russie.
   Diffusion avec le journal d’Échelle Inconnue des travaux des rencontres
   Essaie d’un document vidéo à partir des interventions.



DIMANCHE 24

10h Présentation d'Halem, du contexte local et des associations membres du réseau

14h Atelier 1 : TECHNIQUES DE NOMADES, DE CONSTRUCTIONS LÉGÈRES ET HACKING

Il a semblé intéressant de rentrer cette fois-ci dans le débat par une approche plus technique que d’habitude.

L’habitat mobile, éphémère évolue avec la société et n’est, contrairement aux apparences, pas du tout en marge, bien au contraire, il est même souvent à la pointe de l’innovation. Des techniques, des réseaux d’entraides, des échanges dans le même esprit que le logiciel libre...

Le législateur ne cesse de nous rabattre les oreilles avec ses « liens sociaux » tout en s’acharnant à détruire cette solidarité que nous pourrions presque nommer « solidarité de classe ». Depuis les systèmes D ingénieux jusqu’aux kits du type « la yourte mongole » devenue la tarte à la crème de l’HL, nous pourrions présenter des solutions pour obtenir un confort qui feraient pâlir de jalousie bien des logements plus conventionnels.

Nous espérons que la rencontre avec les hackers de Rouen et du Havre (les bidouilleurs en programmation / électronique / création d’outils libres..), avec les bricoleurs de l’habitat légers ou mobile sera fructifiante. Notre philosophie commune : nous accaparer nous-mêmes tous les outils possibles, en créer d’autres pour notre autonomie et ne pas dépendre du marché et des exploiteurs.


16h Pause

16h30 Atelier 2 : DANSE AVEC LES ÉLUS : la loi ALUR, état des lieux et conséquences...

Nous sommes nombreux à penser que celle-ci n’a rien fait évoluer voir même comporte des aspects discriminatoires envers les habitantEs de caravane que le législateur nomme sans vergogne « gens du voyage ». Confirme t-elle, dans sa forme, le droit que possèdent les élus à choisir qui a le droit de vivre sur son territoire ?

Contrairement à ce que beaucoup pensent, il n’y a pas « d’après la loi Alur » : aucun décret n’est tombé. Les assos sont maintenant définitivement exclues du débat depuis le départ de Cécile Duflot, les collectivités s’empressent de créer leur documents d’urbanisme, comme d’habitude en essayant d’exclure une partie de leur population, en la rendant illégale sur leur territoire, en rivalisant de zèle et en sautant sur toutes les occasions pour organiser sa chasse aux plus modestes... Les arguments écolos deviennent les principaux ennemis des installations spontanées, celles-ci devenant les fautives de la disparition des espaces agricoles, les malpropres qui détériorent le paysage par leur unique présence...

Nous nous appuierons entre autre sur l’exemple de l’agglo du Havre (la codah), sur sa posture, ses décisions en matière d’habitat léger et sur les affreux débats que nous avons entendus sur les bancs des législateurs. Nous essaierons de les rencontrer pour parler de futur/bonnes pratiques...


LUNDI 25 AOÛT 2014

10h00 Atelier 3 : L’HABITAT PARTICIPATIF : avant garde ou concept bobo et gentrifieur ?

Au sujet de l’habitat participatif. Un vaste débat est en cours pour définir un concept flou et qui par ce fait contribue à ne pas poser les vrais questions.

Il n’existe pas de définition officielle de l’habitat participatif. Certains le caractérisent par « la mobilisation des habitants dans la production ou la coproduction de leur cadre de vie et leur implication dans la gestion courante et ordinaire du patrimoine qu’ils occupent ». Il n’existe pas plus de 20 000 personnes concernées par les projets d’habitats qui ont défrayés la chronique pendant toute la période l’élaboration de la loi ALUR. Le grand sujet a surtout été de savoir comment devenir propriétaire d’un morceau collectif et concerne, en très grande majorité, une population au statut social élevé. Par contre, le gouvernement a recensé 16 949 personnes vivant dans des campements illicites en été 2013. C’est un chiffre étonnamment précis lorsqu’on sait l’obligation de se cacher pour les personnes concernées. Quand bien même... disons 20 000 autres personnes qui participent elles aussi à l’élaboration de leur habitat, dont la principale crainte est de se voir expulsée et qui n’a pas la voix au chapitre. Depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir, la situation ne s’est pas arrangée. Entre 2012 et 2013, le nombre d’expulsions de campements a doublé. Les procès pour les yourtes, cabanes... sont de plus en plus durs à gagner et l’État fait de plus en plus appel lorsqu’il perd en première instance. Les installations spontanées par choix ou nécessité ne sont elles pas pourtant concernées pas cette définition ?

Nous ferons un rappel historique sur la pérennisation de l’habitat provisoire d’après guerre au Havre. Est-il risqué de faire un parallèle entre des bombardements ou des catastrophes naturelles et la spéculation immobilière lorsque les conséquences sont les mêmes ? Pourtant les mesures ne suivent pas...


14h Atelier 4 : COMMERCE AMBULANT, TRAVAILLEURS MOBILES, ÉCONOMIE INFORMELLE.

Le commerce ambulant, la situation des travailleurs mobiles, évolution, état des lieux. Le lien est évidement direct avec l’habitat mobile ou éphémère. Une analyse du contexte sous un regard d’économistes, de sociologues sera sûrement très utile pour nous aider comprendre les mécanismes. Entre le monde que nous souhaiterions voir et les réalités de celui-ci, quelles forces devrions nous déployer ?

Nous ouvrirons également les questions de l’économie informelle fortement criminalisée, en France et plus largement en Europe. Les travaux d’Échelle Inconnue en Russie pourront nous servir d’exemple...


En soirée : Echelle Inconnue présentera une conférence état des lieux des différents types de mobilités en Haute-Normandie et présentera une vidéo réalisée en Russie.

Mardi 26

Il est important que nous sortions de ces journées avec les idées un peu plus claires et de définir quelques objectifs opérationnels pour l’année à venir. - proposition d’organisation - projets à mener


Mercredi 27

Pour celles et ceux qui pourront rester, HALEM est un outil qu’il faut huiler, entretenir, animer, rendre efficace. Il est possible de rejoindre celles et ceux qui s’y attellent en restant un jour de plus et en proposant, par exemple, de faire partie du « groupe animation du réseau », que nous appelons Conseil d’Animation ou de devenir une personne ressource de l’association.


Renseignements pratiques :

LIEU : Parc proche de la Mairie d'Harfleur (76) - Possibilité de garer son véhicule habitable (camion, caravane...)

Dates : du 24 au 27 août 2014

Plus d'informations sur HALEM : http://www.halemfrance.org/

Retrouvez Echelle Inconnue sur Twitter : @EchelleInconnue

♦ carnet de l'insensé républicain #2

Il faut imaginer une scène de guerre, une « ville (ou un morceau de celle-ci) détruite par des hommes en uniforme ». Au milieu, deux frêles édifices de toile, de fils et de bois encore intactes.

On se plairait alors à croire à un miracle, à un filtre protecteur et mystérieux de légende grecs.

Non, juste l'insensé, encore.

Ces uniformes déjà venus compter les corps à évacuer, corps de femmes, corps de vieillards, d'hommes et d'enfants sont revenus au petit matin, comme il se doit, pour procéder. A la porte cependant ils rassurent « Echelle Inconnue, on connaît... On ne touche pas aux toilettes sèches... On ne touche pas à une œuvre d'art, ordre du préfet ! »

Ainsi, habitations, meubles de fortunes, poêles à bois fabriqués à grand renfort d'ingéniosité détruits, réduits en un fracas de planches, de bâches et de tôles que déjà d'autre pauvres viennent piller pour les revendre au ferrailleur d'à côté ; les corps ont été évacués, le reste suivra, mais les toilettes restent debout « ordre du préfet » qui, il est vrai, avait jeté son accord pour leur installation. Merci citoyen !

Le reste s'évacue donc à petites brassées tout comme les corps, pas très loin, jetés là, dans un square, où les familles perdues passerons leur deuxième nuit à la belle étoile. La préfecture joue au peintre de genre : scène pittoresque et toute XIXe du campement de bohémien. Car ici on détruit des quartiers auto-construits pour créer des campements, des vrais, sur un bout de trottoir.

Insensé !

Comme ces délégations ministérielles qui ne peuvent que soumettre ou proposer à des sous-préfets, véritables monarques en leur royaumes, des solutions sensées.

Insensé !

Comme ces propriétaires du terrain dévasté qui viendront demain nous accompagner pour que nous de soyons pas inquiétés par les ouvriers en charge de l'ultime déblaiement.

Il y a les "clients" de l'administration, de l'état, que l'on nous montre à longueur de colonnes et de JT fondant sur les bidonvilles pour en chasser l'envahisseur. Portrait robot médiatique du citoyen, vite démenti quand on s'y attarde ou que l'on prend la peine d'écouter ces chefs d'entreprise et leur employés sélectionnant le matériel de construction pour le bidonville et aidant à le charger dans le camion, cette voisine qui « prête » son électricité pour que l'on puisse organiser des projections, cette autre, qui le soir de l'expulsion nous invite à une visite guidée du quartier de l'Eure pour nous faire découvrir les lieux où les familles pourraient s'installer au cri riant de "il y a beaucoup d’opportunités ici!"

Mais voilà, l'insensé mariage du bulldozer et de l'uniforme célèbre les noces sur les gravas. Son bruit couvre le bon sens. Dormant à la belle étoile, les familles sortent des problématiques de logements pour entrer dans celles de la circulation et du code de la route. Les polices passent, demandent de bouger, circuler, évacuer, juste un peu loin, sur un espace qui ne soit pas de leur ressort « car vous savez, on ne fait pas ça de gaieté de cœur. Et on sait bien, il n'y a pas solution. Et puis si les autres passent, ce sera une autre histoire ! » Un peu plus loin donc, hors de la ville et ses pouvoirs de police, sur un autre espace institutionnel, « pourquoi pas le port ? Ou alors les marais ? » Le port autonome ou la réserve naturelle sauront bien s'en débrouiller.

Manière insensée de les remettre toujours en mouvement.

♦ Expulsion imminente et tristement ordinaire d'une trentaine de caravanes sur l'île Lacroix.

Illicite... Illicite... c'est ce que dit la mairie concernant cette occupation de l'espace. Illicite c'est aussi ce que dit la cour européenne des droits de l'homme concernant le carnet de circulation imposé par l'état français au voyageur. C'est peut-être ce que répètera le conseil constitutionnel français. Illicite c'est ce que depuis le début de ce projet nous entendons : des formes d'habiter illicites. [ Des voisins mécontents|http://haute-normandie.france3.fr/2012/09/30/gens-du-voyage-une-occupation-illegale-rouen-98039.html|fr]...alors ça expulse. On en revient tout juste. Ça commence par un article à la rubrique faits divers : « Des gens du voyage se sont installés dimanche 30 septembre sur l’Île Lacroix, provoquant la colère des riverains. ». ça se poursuit par une marche jusqu'au bout de l'île à recherche des dîtes caravanes. Nous ne sommes pas les seuls. Deux femmes en voiture les cherchent aussi , nous questionnent et poussent plus loin sur le chemin cabossé. Elles nous disent pourtant les avoir vu depuis le pont et s'étonnent que nous les cherchions aussi (nous n'avons toujours pas la tête de l'emploi)

Au retour, nous les trouvons enfin, sur une aire de jeu bitumée placée sous le pont, ou presque. Là, une vingtaine de caravane. Il doit être onze heure. Dehors les femmes s'activent, aèrent les couettes, ouvrent les boites à gaz, préparent le déjeuner.

Nous sommes précédés par deux journaliste qui discute avec un homme dans sa camionnette. Précédés eux-mêmes par beaucoup d'autres, journalistes, sous-préfet, police municipale, nationale. Rien d'étonnant que la femme à qui nous nous adressons lève d’abord les yeux au ciel en synonyme gestuel de « encore ? ». Elle ne peut pas nous renseigner, la caravane là bas, peut-être... non plus.

Les journalistes sont partis. Nous approchons à notre tour de la camionnette. Le conducteur nous explique. « On était installé près du hangar 23. mais le responsable du port à porté plainte et on nous a signifié l'expulsion. Alors on est parti un jour avant le délai, hier, pour ne pas avoir de problème. On s'est installé ici. Ce matin la police, la mairie et le sous préfet sont passés. Ils ont parlé de référé. On attend. Mais on ne sait pas où aller. Nous on demande juste un bout de terrain pour rester quelques jours, payer l'eau, les poubelles. Juste un bout de terrain. Et je peux vous dire qu'il y en a plein qui ne servent à rien ! »

« Vous savez, nous ce qu'on veut... »

Oui ! Comme tout le monde en somme, mais pour beaucoup ce doit être énorme : le droit à la ville ou du moins à la place. L'ensemble des aires d'accueil autour de Rouen sont pleines. L'obtention d'un terrain familial relève du parcours du combattant. C'est bien de place qu'il s'agit ici. Et il semble soudain incongru que cette question se pose au cœur de la ville même sur ce bout de bitume qui peine à se donner des allures d'aire de jeu.

L'île Lacroix, les quais et la zone portuaire sont le théâtre régulier de ce type d'occupation par les populations mobiles. Personnes vivant en camion, en camping car ou en caravane. Venant pour un séjour touristique ou pour travailler. Véritable anomalie pour les tenants de la ville « Normale » il semble bien que dans les pratiques comme dans l'histoire certaines zones de l'espace urbain se trouvent dédiées à un certain nomadisme. De la foire St Romain aux ouvriers restaurant les clochetons de la cathédrale (que l’employeur incite à camper au pied du hangar pour garder le matériel), en passant par les mariniers et même par les installations ludiques éphémères et foraines de la mairie, tout fait de ces morceaux de ville sans programme sédentaire des poches ou des enclaves nomades.

Répondre "Illicite" est un peu court...

Et ne laisser parler que les voisins mécontents, dangereux...

Alors nous attendons à côté du téléphone. Quand la police arrivera alors nous viendrons montrer au moins autre chose que le nouveau visage républicain du RIVERAINMECONTENTMAISVOTANT.

Makhnovtchina / cycle urbanismes combattants
atelier cartographique de campagne


stany cambot / échelle inconnue
www.echelleinconnue.net mel@echelleinconnue.net


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