makhnovtchina

Makhnovtchina est un projet adisciplinaire et forain qui vise à expérimenter, co-naître et cartographier (sur tous types de supports) la ville mobile avec ceux qui la vivent ainsi qu'à outiller des situations critiques - ou les espaces produits par la Métropole – en Haute-Normandie et à l'Est de l'Europe (Russie / Moldavie).




♦ Communiqué de presse avec Halem

Déjà 14 jours de grève de la faim pour faire entendre une évidence.
Depuis deux ans, suite à un arrêt maladie puis un licenciement, Éric a choisi de vivre toute l’année dans un camion qu’il a aménagé confortablement.
Répondant à ses besoins résidentiel et professionnel, il ne souhaite ni ne peut changer d’habitat actuellement.

Ce choix a été fait pour répondre à la nécessité d’habiter la mobilité, en fonction des boulots qu’il est obligé d’aller chercher à gauche et droite. Des nouvelles normes imposées par le contrôle technique l’obligent à mettre son camion à la casse, mais il a décidé, pour lui et toutes les personnes concernées, de ne pas baisser les bras.

Il n’est pas seul dans ce cas : travailleurs-euses précaires, intérimaires, saisonnier-ères, retraité-es, étudiant-es, intermittent-es, traveller’s, voyageurs-ses... le nombre de personnes dont l’habitat mobile et le mode de vie est directement mis en danger par la réforme du contrôle technique, mise en application ce mois de mai 2018, est considérable.

On hésite à convoquer les chiffres qui rendraient compte du phénomène. La "vulnérabilité de masse" se développe et il est devenu impossible pour beaucoup de se loger, de trouver un travail stable et d’assurer sa subsistance.

Lundi 18 juin à 15h30, Éric, assisté de son comité de soutien, a été écouté par le député LREM Bertrand Sorre. Voici un résumé de la rencontre : Il fait part de sa peur de se retrouver à la rue, de faire partie des SDF qui meurent de froid l'hiver, de son inquiétude pour les autres personnes prochainement victimes de la réforme : les gens susceptibles de perdre leur emploi car ils ne pourront plus utiliser leur véhicule pour aller travailler. Éric explique comment le contrôle technique risque d'engendrer une paupérisation et d'envoyer beaucoup de gens à la rue.

Bertrand Sorre s'engage à appeler le préfet, parle d'une volonté de sécuriser (grâce au CT), il dit qu'il contactera également le ministère de l'intérieur et des collectivités territoriales. « Il y a plein de cas comme vous » dixit Bertrand Sorre, ce qui laisse à penser que bon nombre d’élus sont au courant des risques d’exclusion et du désastre social qu’engendre ce nouveau contrôle technique. Le député s’engage également à exposer le cas d’Éric sur le site de l’assemblée nationale, sur le journal officiel et indique qu’il fera part des réponses à l’intéressé.

Suite à cet échange, Éric maintient sa grève de la faim jusqu’à la réponse de Bertrand Sorre, promise d’ici jeudi 21 juin, lui permettant d’obtenir une solution pour conserver son véhicule aménagé. A l’appui, Halem appelle toutes les associations et les instances qui s’inquiètent de graves répercussions économiques et sociales au plan national, à rejoindre les associations d’usagers. Il s’agit de venir en soutien à toutes les personnes qui encourent là une grave atteinte à leurs droits au logement et à la mobilité professionnelle.

Nous demandons :

 Une réponse rapide de la préfecture, du fait de l’urgence sociale, et une table ronde pour discuter des points suivants et trouver des solutions au plus vite.

 Une indemnité allouée à l'aménagement des VASP pour les personnes dont c'est la résidence principale, sur le modèle du Fonds de Solidarité Logement.

 L’exonération du coût de l'homologation par la DREAL, pour les petits revenus, les travailleurs précaires et temporaires, les bénéficiaires des minimas sociaux...

 Une prime à la mobilité pour les personnes devant se déplacer pour chercher du travail loin de leur domicile.

 Une aide à l'énergie comme tout le monde.

 Le retrait des points considérés comme « défaillances techniques » sur tous les véhicules et ne mettant personne en danger. Depuis trente ans, tandis que s'impose un chômage élevé, se développent un salariat précaire, aux temps contraints et morcelés, la mobilité pour tou-te-s promue impliquant de se déplacer pour suivre les opportunités d’emploi. L'évolution du marché du travail aussi bien que la crise du logement jettent sans cesse des gens sur les routes, générant au passage des formes nouvelles de nomadisme résidentiel.

Nous invitons toutes les personnes qui se sentent concernées, de près ou de loin, par le sujet (les habitants mobiles, les saisonniers, les artisans, les garagistes, les techniciens contrôleurs, les familles, les amis, les voisins, les sympathisants...) à interpeller leurs députés, afin que ceux-ci prennent la mesure de la situation et prennent en compte les dizaines de milliers de personnes qui vont être gravement touchées par les nouvelles directives du contrôle technique, économiquement pour certains, allant jusqu’à se retrouver complètement à la rue pour d’autres.

Sans cesse suspecté-es de contrevenir ou de troubler l'ordre public, les occupant-es de résidences mobiles doivent aujourd’hui se confronter à de fallacieuses normes de sécurité qui peuvent les priver à la fois de mobilité, de leur logement et de leur revenu.

Contacts :
Clément DAVID : 06 30 94 85 71 clement.david@halemfrance.org
Paul LACOSTE : 06 18 94 75 16 paul.lacoste@halemfrance.org

Source d'Halem : Communiqué de presse

♦ flamanville brûle-t-il? Extrait 2 : Déplacement vers l'EPR.

Flamanville brûle-t-il? Extrait 2 : Déplacement vers l'EPR. from Echelle Inconnue on Vimeo.


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♦ Flamanville brûle-t-il? Extrait 1 : Entretien à la base vie des Pieux.

Flamanville brûle-t-il? Extrait 1 : Entretien à la base vie des Pieux. from Echelle Inconnue on Vimeo.


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♦ Soirées de projection à Limay et Gennevilliers

Dernière semaine avant les fêtes de fin d'année, il est temps pour nous de présenter notre travail final sur les ports de Limay et Gennevilliers. Nous projetons dans des lieux propres au film "Le port, les monstres" : AMF, l'aire d'accueil et le Rendez-vous des chauffeurs.

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♦ Soirée projection de films à l'aire d'accueil de Limay : « C’est pas mal votre film, mais quand même il manque quelque chose... »

Nous arrivons un jeudi soir à Limay avec le MKN-VAN pour présenter l’avancée de notre travail dans les ports de Limay et de Gennevilliers. Valérie, responsable du Pôle Habitat à l’ADVOG, nous accompagne. Nous nous dirigeons tout d’abord vers des terrains situés au sud de la ville, habités par des Voyageurs dont l’expansion du port va provoquer l’expulsion. Un jeune garçon nous invite à le suivre. « Mes parents, mes frères, tout le monde travaille la ferraille ici ! Moi aussi, déjà, je commence avec mon père ! » Le terrain où il habite est situé au bout d’un chemin le long duquel caravanes et caisses aménagées se succèdent, urbanisation caractéristique de cette lisière portuaire. « Certaines personnes sont installées ici depuis plus de 20 ans ! » Arrivés sur le terrain, plusieurs personnes viennent à notre rencontre et nous proposent de garer le camion au centre du terrain pour projeter quelques films. Puis une femme se joint au groupe : « Nous n’avons rien à vous montrer, c’est un terrain privé ici, veuillez sortir maintenant ! » Un des fils vient nous retrouver à l’extérieur avec sa copine. Ils nous expliquent : « La ferraille, c’est tabou ! »

Nous nous rendons alors sur l’aire d’accueil de Limay, où nous avions déjà fait la connaissance de Teddy et Johnny, jeunes ferrailleurs qui nous avaient alors proposé de les accompagner dans une tournée nocturne des encombrants. Nous installons le MKN-VAN à l’entrée de l’aire d’accueil, l’écran déployé vers les caravanes. Au programme : notre entretien avec Claude, chauffeur routier travaillant comme transporteur pour l'entreprise de recyclage GDE, avec qui nous avions fait la route « GDE Gennevilliers - GDE Limay » afin de livrer de la ferraille il y a quelques semaines et des images d’archives concernant l’extension du port de Limay et les réunions de concertation la concernant. Une vingtaine de personnes rejoignent cette projection improvisée. Tous sont enthousiastes par le camion, les films, le sujet de la ferraille et des usines du port qui les entourent. Un jeune homme s’installe sur un muret près du camion pour jouer de la guitare. « C’est un Reinhardt ! » nous dit sa mère.


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♦ Soirée projection de films et rencontre avec le routier Claude - entre Gennevilliers et Limay

À mesure de nos recherches et de nos rencontres, le projet a pris une direction particulière : celle de la ferraille. Son trajet est mis en lumière ici, notamment entre deux ports importants d'Ile-de-France, celui de Limay et de Gennevilliers. L'histoire de ceux qui créent et travaillent la ferraille, mais aussi de ceux qui la transportent, routiers et mariniers, est racontée. Une forme de livre se crée, reliée par un fil métallique réunissant différents types de ferrailleurs, retraçant leurs parcours des encombrants jusqu'aux entreprises de recyclages telles que GDE ou Alpa et au fil de l'eau.

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♦ #camping numérique : Quinzaine de création d'un tuto sur la construction d'une éolienne et d'une climatisation

Pendant deux semaines nous avons installé le MKN-VAN à côté du camion de Jean-Charles et Christine, pour réaliser avec eux un tutoriel sur la construction d’une éolienne et d’une climatisation sous le regard bienveillant d'un dragon de feuilles.

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♦ Vingt ans de cités provisoires

Axe Seine : le Port de Gennevilliers

Alain Bourgarel est l’auteur de l’ouvrage « Les cités de transit du Port de Gennevilliers 1965-1987 », Société d’histoire de Gennevilliers n°11 – avril 2016. Il a été instituteur pendant 20 ans dans les écoles installées près des deux cités de transit du Port de Gennevilliers. Il commence notre rencontre par nous interpeller sur le terme de provisoire. « C’est une notion qui a un caractère très pernicieux. Ici, à Gennevilliers, on a collé cette étiquette de « provisoire » aux habitants des cités de transit. Elles ont perduré pendant plus de vingt ans... »

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♦ #2 Tournée du MKN-VAN avec la Fanzinothèque de Poitiers dans le pays Brionnais

Du 15 au 21 mai, la Fanzinothèque mobile et le MKN-VAN ont été en territoire Brionnais pour créer un Fanzine avec les lycéens (lycée Augustin Boismard), faire une exposition, de la sérigraphie et des diffusions de nos films avec le MKN-VAN.

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♦ Nous avons marché sur Shangai


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Shanghaï, le nom d'une des plus grandes cités de garages habitées de Moscou. Épisode 1, Ilya

♦ Москва. А мы шагаем по Шанхаю. Эпизод 1 «Давно я вас поджидал».

Мобильный город окружен таинственностью. Его пространство живет во власти тайн и криминальных действий. И параллельному городу Москвы, его гаражам, контейнерам, торговым павильонам и рынкам, не удалось этого избежать.

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♦ Triptyque forain (2) : Digressions sur les mouvements de la presque île

Dans le lointain : ne plus voir la foire, l’ex-pulsion de la ville.

Sur les quais de Rouen, on enterre les cadavres du souvenir. Tout se revêt d’une propreté immaculée, impeccable. L’opération est impulsée par la Métropole Rouen Normandie et la Ville de Rouen : « Reconquête des quais de Seine ». Les grands travaux d’aménagement déposent un voile sacré sur la saleté. Une pelouse arboré remplace soudainement les anciens parkings suants l’huile moteur ; les rares hangars restants, rouillés et grinçants, deviennent, sous un fard de street art, l’épaule culturelle de la ville moderne ; la foire n’y est plus la bien-venue, et se retrouve peu à peu, acculée sur la presque-île Waddington, la fin de la rive droite. On déroule un tapis rouge pour le promeneur fort-avisé, de se rendre pour sa promenade, le long des quais. Alors on tasse, on déblai et on rabote derrière les oreilles du souvenir. Et puis la ville veut avancer. Dans un sursaut de salubrité publique, la ville Métropolitaine essaye de re-prendre possession de sa non-ville, et fleurit sur ses déchets. À l’ouest poussent les nouveaux éco-quartiers Flaubert et Lucilline, sur des terres nécrosées par des ères industrielles : l’habitat bio, logique éco-normique. Les derniers grands projets immobiliers y écrasent la crasse : rive gauche, le Hangar 106, scène de la musique Actuelle, le prochain Hangar 107, bureaux, restaurants, crèche et salle d’exposition, le Hangar 108, futur Hotel de Métropole, le ‘parc’ de la presqu’île Rollet ; rive droite, le panorama XXL, les Docks 76, centre Commercial et de Loisirs, le palais des sports Kindarena, les Hangars 9, 10, 11, lieux de consommation de nourriture, de sports et de séminaires, le hangar 23, lieu de musiques et danses du Monde, un appel à projet sur le Chai à Vin, la démolition partielle du Hangar 13 abritant le Musée Maritime, Fluvial et Portuaire, la démolition totale des Hangars 15 et 16…

Alors après les déboires et l’annulation de la précédente édition (2015), on relègue la Fête au bout des quais. La presque-île Waddington devient l’esplanade Saint Gervais, plateforme événementielle du temporaire encadré : concerts, cirques, et nouvellement, le dé-ménagement de la foire St Romain…

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♦ Bases vie et campings ouverts à l'année_Flamanville, chantier de l'EPR

Nous partons à Flamanville afin d'aller à la rencontre des ouvriers mobilisés sur le chantier de l'EPR. Certains sont sur place depuis le début du chantier, en 2007. Une petite dizaine de campings situés à Flamanville et ses environs, accueillent à l'année certains de ces ouvriers. Au camping municipal de Siouville, la réceptionniste nous explique que dans la région tous les campings sont ouverts à l'année, à l'exception de ceux qui sont uniquement touristiques. « Ha bon ? Ailleurs les campings sont tenus de fermer un mois dans l'année ? » s'étonne-t-elle. Dans ce camping, cohabitent à l'année retraités et ouvriers du chantier de l'EPR et tous ont la possibilité de recevoir leur courrier sur place. Les retraités sont presque tous propriétaires de leur mobil home. Certains ouvriers du chantier possèdent aussi leur propre caravane ou camping car et d'autres louent des mobil homes. Pour augmenter la capacité d'accueil, le camping a également été étendu au moment du lancement du chantier. Sur cette parcelle située au bout du camping sont disposés une vingtaine de mobil homes appartenant à l'AIE, l'Association Inter Entreprises, financée par les entreprises titulaires d'un marché avec EDF. Elle a pour but de prendre en charge le logement, la restauration et les transports des ouvriers de l'EPR. « C'est l'AIE qui gère cette partie du camping ! Les ouvriers leur payent directement la location et voient avec eux pour ce qui est de l'entretien des mobil homes. Par contre, ils sont soumis au règlement intérieur du camping et ont accès à ses sanitaires. Il y a un arrangement entre l'AIE et les élus mais je ne sais pas lequel... ».

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♦ Etrepagny, exploration des environs d'une usine sucrière

Sous de larges volutes de fumée et dans d'étranges odeurs âcres et caramélisées, le MKN-Van arrive à Etrepagny. L'entrée dans le village longe les hautes cheminées de l'industrie sucrière St Louis, tandis que de nombreux camions vrombissent sur la route. Ici, des tonnes de betteraves (beta vulgaris) sont acheminées des environs puis traitées par un procédé de séparation permettant l'extraction du sucre des plantes. Une fois les betteraves coupées, broyées, chauffées, épurées, évaporées, cristallisées... le sucre est empaqueté puis disséminé en France. Ce sont des routiers qui s'occupent alors de tisser le lien entre les champs et l'usine (dans un rayon d'environ 200km) ; d'autres entre l'usine et le reste du pays.

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♦ Deuxième tournée du MKN-VAN !

Pour cette deuxième tournée du MKN-VAN nous sommes partis à la rencontres de personnes, de situations : déjà vues ou écrites, filmées. Une semaine pour continuer le travail avec eux.
La lanterne magique nous a guidés dans l'Eure, de Brionne à Ménilles, d'Etrepagny à Limetz.

Anciens Articles sur le camping de Limetz, ses problématiques d'accès à l'eau et les films avec Lucille et Kevin habitants du camping : Ici, Ici, Ici
Ancien Article sur Etrepagny et sa base vie ou nous avions rencontré Jean-Pierre : Ici
Anciens Articles sur Jean-Charles et Marie-Christine, habitants en camion au bord d'une route et bricolant régulièrement leur camion : Ici, Ici, Ici
Anciens Articles sur Ménilles, école "capitale du Royaume sur Roues" : Ici, Ici, Ici, Ici


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Makhnovtchina / cycle urbanismes combattants
atelier cartographique de campagne


stany cambot / échelle inconnue
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