makhnovtchina

Makhnovtchina est un projet adisciplinaire et forain qui vise à expérimenter, co-naître et cartographier (sur tous types de supports) la ville mobile avec ceux qui la vivent ainsi qu'à outiller des situations critiques - ou les espaces produits par la Métropole – en Haute-Normandie et à l'Est de l'Europe (Russie / Moldavie).




♦ Moscou. Nous marchons sur Shanghaï ! Épisode 1 « Ça fait longtemps que je vous attendais ! »

L’obscurité colle à la peau de la ville foraine. Méconnue, elle est l’espace fantasmé du crime comme du mystère. La ville foraine russe et ses espaces de garages, de wagons ou containers comme de kiosques et de marchés n’échappent pas à la règle.

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♦ Triptyque forain (2) : Digressions sur les mouvements de la presque île

Dans le lointain : ne plus voir la foire, l’ex-pulsion de la ville.

Sur les quais de Rouen, on enterre les cadavres du souvenir. Tout se revêt d’une propreté immaculée, impeccable. L’opération est impulsée par la Métropole Rouen Normandie et la Ville de Rouen : « Reconquête des quais de Seine ». Les grands travaux d’aménagement déposent un voile sacré sur la saleté. Une pelouse arboré remplace soudainement les anciens parkings suants l’huile moteur ; les rares hangars restants, rouillés et grinçants, deviennent, sous un fard de street art, l’épaule culturelle de la ville moderne ; la foire n’y est plus la bien-venue, et se retrouve peu à peu, acculée sur la presque-île Waddington, la fin de la rive droite. On déroule un tapis rouge pour le promeneur fort-avisé, de se rendre pour sa promenade, le long des quais. Alors on tasse, on déblai et on rabote derrière les oreilles du souvenir. Et puis la ville veut avancer. Dans un sursaut de salubrité publique, la ville Métropolitaine essaye de re-prendre possession de sa non-ville, et fleurit sur ses déchets. À l’ouest poussent les nouveaux éco-quartiers Flaubert et Lucilline, sur des terres nécrosées par des ères industrielles : l’habitat bio, logique éco-normique. Les derniers grands projets immobiliers y écrasent la crasse : rive gauche, le Hangar 106, scène de la musique Actuelle, le prochain Hangar 107, bureaux, restaurants, crèche et salle d’exposition, le Hangar 108, futur Hotel de Métropole, le ‘parc’ de la presqu’île Rollet ; rive droite, le panorama XXL, les Docks 76, centre Commercial et de Loisirs, le palais des sports Kindarena, les Hangars 9, 10, 11, lieux de consommation de nourriture, de sports et de séminaires, le hangar 23, lieu de musiques et danses du Monde, un appel à projet sur le Chai à Vin, la démolition partielle du Hangar 13 abritant le Musée Maritime, Fluvial et Portuaire, la démolition totale des Hangars 15 et 16…

Alors après les déboires et l’annulation de la précédente édition (2015), on relègue la Fête au bout des quais. La presque-île Waddington devient l’esplanade Saint Gervais, plateforme événementielle du temporaire encadré : concerts, cirques, et nouvellement, le dé-ménagement de la foire St Romain…

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♦ Triptyque forain (1) : Pré-histoires botaniques de la presqu'île Waddington

Il n'y a rien alors... Alors on peut y délocaliser la Foire comme on l'avait fait il y a quelques décennies sur cet autre rien qu'étaient les quais avant que l'on découvre qu'ils étaient bordés d'eau, nouvel or de l'aménageur. Il n'y a rien. Ce rien qu'on réserve aux mobiles. Mais de quoi Rien est-il fait ?

La presque-île Waddington -ou l'esplanade St Gervais-, prolonge les quais de la rive droite vers l'ouest de la ville et est avant tout un vaste sol inerte. Un patchwork de différentes textures, matériaux et granulométries, témoin des nombreux ré-aménagements, et de l'évolution des usages de l'espace. On y trouve quelques traces d'agitation, le squelette du hangar 23 reconverti en « Salle des musiques, danses et cultures du monde » et aujourd'hui délocalisé en centre ville, un musée maritime, le Chai à vin, un terminal croisière et un terminal granulats.
Presque une île, de béton, de remblais, acculée au bout des quais. Ancien territoire des dockers et des hangars, lieu d'agitation intense ; vaste parking aux flaques d'huile de vidange ; île habitée au gré de mouvements voyageurs ; scène éphémère, presque une île événementielle ; et aujourd'hui, une presque-île foraine ; demain peut-être, un nouveau fer de lance de la construction métropolitaine et de sa re-conquête du passé industriel des bords de Seine.

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♦ Bases vie et campings ouverts à l'année_Flamanville, chantier de l'EPR

Nous partons à Flamanville afin d'aller à la rencontre des ouvriers mobilisés sur le chantier de l'EPR. Certains sont sur place depuis le début du chantier, en 2007. Une petite dizaine de campings situés à Flamanville et ses environs, accueillent à l'année certains de ces ouvriers. Au camping municipal de Siouville, la réceptionniste nous explique que dans la région tous les campings sont ouverts à l'année, à l'exception de ceux qui sont uniquement touristiques. « Ha bon ? Ailleurs les campings sont tenus de fermer un mois dans l'année ? » s'étonne-t-elle. Dans ce camping, cohabitent à l'année retraités et ouvriers du chantier de l'EPR et tous ont la possibilité de recevoir leur courrier sur place. Les retraités sont presque tous propriétaires de leur mobil home. Certains ouvriers du chantier possèdent aussi leur propre caravane ou camping car et d'autres louent des mobil homes. Pour augmenter la capacité d'accueil, le camping a également été étendu au moment du lancement du chantier. Sur cette parcelle située au bout du camping sont disposés une vingtaine de mobil homes appartenant à l'AIE, l'Association Inter Entreprises, financée par les entreprises titulaires d'un marché avec EDF. Elle a pour but de prendre en charge le logement, la restauration et les transports des ouvriers de l'EPR. « C'est l'AIE qui gère cette partie du camping ! Les ouvriers leur payent directement la location et voient avec eux pour ce qui est de l'entretien des mobil homes. Par contre, ils sont soumis au règlement intérieur du camping et ont accès à ses sanitaires. Il y a un arrangement entre l'AIE et les élus mais je ne sais pas lequel... ».

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♦ Etrepagny, exploration des environs d'une usine sucrière

Sous de larges volutes de fumée et dans d'étranges odeurs âcres et caramélisées, le MKN-Van arrive à Etrepagny. L'entrée dans le village longe les hautes cheminées de l'industrie sucrière St Louis, tandis que de nombreux camions vrombissent sur la route. Ici, des tonnes de betteraves (beta vulgaris) sont acheminées des environs puis traitées par un procédé de séparation permettant l'extraction du sucre des plantes. Une fois les betteraves coupées, broyées, chauffées, épurées, évaporées, cristallisées... le sucre est empaqueté puis disséminé en France. Ce sont des routiers qui s'occupent alors de tisser le lien entre les champs et l'usine (dans un rayon d'environ 200km) ; d'autres entre l'usine et le reste du pays.

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♦ Deuxième tournée du MKN-VAN !

Pour cette deuxième tournée du MKN-VAN nous sommes partis à la rencontres de personnes, de situations : déjà vues ou écrites, filmées. Une semaine pour continuer le travail avec eux.
La lanterne magique nous a guidés dans l'Eure, de Brionne à Ménilles, d'Etrepagny à Limetz.

Anciens Articles sur le camping de Limetz, ses problématiques d'accès à l'eau et les films avec Lucille et Kevin habitants du camping : Ici, Ici, Ici
Ancien Article sur Etrepagny et sa base vie ou nous avions rencontré Jean-Pierre : Ici
Anciens Articles sur Jean-Charles et Marie-Christine, habitants en camion au bord d'une route et bricolant régulièrement leur camion : Ici, Ici, Ici
Anciens Articles sur Ménilles, école "capitale du Royaume sur Roues" : Ici, Ici, Ici, Ici


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♦ « Un pour tous, tous pour un ! »

Rouen, presqu'île Waddington, le 06.11.2015.

En l'espace de deux semaines, la presqu'île s'est vidée de ses habitants temporaires. Les forains ont pris la route pour Lille, Paris ou encore Amiens, vers d'autres foires. Quelques caravanes sont encore présentes.

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♦ Tout le monde peut le faire !

Le camion de Jean-Charles et Marie-Christine a évolué, une antenne satellite vient compléter la panoplie, éolienne et panneau photovoltaïque.

Jean-Charles nous avait déjà parlé de son côté bricoleur, bidouilleur a lire ici.
Depuis, nous avons essayé de mieux comprendre ce qu'il trifouille au fin fond de son camion, ou sur son toit, ses recherches d'autonomie et d'indépendance énergétique.


Tout le monde peut le faire from Echelle Inconnue on Vimeo.

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♦ Un camion navigue-t-il?

Sandrine, polletaise travaillant au chantier naval et vivant en yourte et en camion.

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♦ Moscou. Les Babouchkas britchkas, les marchés formel et informel russes et la théorie de V Radaev en image.


/ Station Touchkinskaya / sortir en tête du train / continuer tout droit par le souterrain le plus loin possible.... Quelques marches et la vue bascule du ciel au sol, arrêtée par les traditionnels kiosques posés là il y a cinq, dix ou vingt ans.

A l'ombre de l'un d'eux, un agent de police jette des cartons dans un benne sous l’œil de ses collègues restés dans la voiture. Exercice de civisme peu habituel pour un agent des forces de l'ordre penserait-on avant de comprendre qu'il s'agit bien là d'une opération de police. Ce qu'il jette là constituait encore, il y a quelques minutes, l'unique étal de la vieille dame qui serre contre elle le sac contenant les marchandises qu'on lui interdit de vendre.

Le long du chemin, une dizaine de Babouchkas font mine de prendre le frais à l'ombre du mur. Elle attendrons le départ de la police pour étaler à nouveau les cartons de babioles, tissus, vêtements et marchandises sur lesquels elles sont pour l'instant assises. En attendant, à voix basse, ce troisième âge de la délinquance conciliabule.

A quelques mètres seulement, sous des tentes neuves et légères estampillées des armoiries du district, s'étend le marché officiel, formel que la police protège des vieilles.

Babouchkas / Brichkas from Echelle Inconnue on Vimeo.

Application de la théorie de l'économiste Radaev à la ville foraine moscovite. Avec les textes de Isaac Babel, Myriam Désert et Svetlana Alexievitch film d'animation.

♦ Moscou gare de Bieloruskaya. Tourner, attendre et découvrir la réalité d'une brigade d'ouvriers migrants.

Marché des heures, en plein cagnard, à courir après elle.

Mais elle ne se laisse pas approcher. Elle se dérobe, se camoufle, se déguise ou simplement déserte les endroits où on pensait la trouver, les berges le long desquelles la pêcher. Elle se planque. Ses habitants filent en amis fugitifs. Peut-être s'agit-il d'une des conditions du pacte signé avec la ville Normale...

Trois heures autour des voies partant de la gare de Bieloruskaya vers le sud-est !

Nib ! Les garages quoiques légers et sans doute « informels », ne sont véritablement que des garages.

T'as beau chercher les offres d'emploi au black accrochées aux poteaux, te surprendre à repérer des phénotypes (puisqu'ici la ville informelle est asiatique) rien.

A mesure de la marche tout ça commence à sentir le mauvais carnet de voyage. T'es un Américain des années cinquante, la caméra rebondissant sur le nombril, la sueur qui emporte et dégueule la gomina dans tes yeux. Et l'appareil qui collectionne à vomir, en cahier de tendances, des containers, des bungalows, des baraques de tôles, des chantiers... T'as les pieds qui saignent.

Mauvaise méthode.

Marcher ne suffit plus pour rencontrer et interagir avec la ville mobile et informelle.

Après l'euphorie, deuxième échec. Le premier, ouvrier, s'appelait Ferouze.

Ferouze ou l'attente from Echelle Inconnue on Vimeo.

♦ Moscou : C'est dans le cambouis que le modernisme (re)naît. Le garage de Melnikov.

« Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie » Lautréamont

« L'image est une création pure de l'esprit. Elle ne peut naître d'une comparaison mais du rapprochement de deux réalités plus ou moins éloignées. Plus les rapports des deux réalités seront lointains et justes, plus l'image sera forte. » Reverdy

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♦ Neo...

...nomade une manière beaucoup plus bankable d'entrevoir le phénomène de la mobilité

La question est là, du moins en partie : de quelle mobilité parlons-nous ? La tendance néo-nomade portée par le marché et une certaine idée toute métropolitaine du cadre métropolitain n'a, nous semble-t-il, ni besoin d'être défendu, ni réellement besoin d'être pensée. Elle nous pense.

Nous pense dans son désir surréel d'un monde de cadres mobiles, Iphone en poche, ordinateur portable vissé au genoux, voyage en tgv ou en avion, parfois low-cost, de métropole en métropole. Justifiant a posteriori l'injonction faite aux villes de devenir métropoles, propres, durables, dans la mesure où l'écologie de marché y trouve son compte.

A néo-nomade, néo-marché ? Pas vraiment. Renouvellement du logiciel capitaliste plus surement. "Nous vous avons vendu des pavillons à crédits, des voitures citadines pour vous y rendre en rentrant du travail. Nous vous vendrons maintenant des abonnements aux transports doux, des ordinateurs verrouillés et leur panoplie de produits davantage loués que vendus." La crise des sub primes inquiète votre existence pavillonnaire ? Changez de logiciel ! Peu importe que fournisseurs d’accès, marchands de téléphonie mobile, contractent avec vous, ou vos élus des marchés toxiques, préparant la prochaine crise qui sera, sans nul doute, la crise du réseau ; et ce, quand celui-ci vous sera devenu aussi nécessaire que la "citadine" et le pavillon.

neo...

Makhnovtchina / cycle urbanismes combattants
atelier cartographique de campagne


stany cambot / échelle inconnue
www.echelleinconnue.net mel@echelleinconnue.net


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