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BRICHKA
HABITER LA ROUTE

Jean-Charles Maillot ,Western

CONTEXTE NATIONAL

Depuis une quinzaine d’années le territoire de l’emploi a profondément changé de nature en France. Une catégorie sociale disparue depuis les années 1920 réapparaît : le travailleur mobile ou nomade, que les termes « intérimaires, détachés, travellers, saisonniers, déplacés » tentent de ceindre, et qui échappe encore à l’analyse institutionnelle.

Ce programme fait suite à un constat : denombreux ouvriers, intérimaires, chômeurs, aménagent des véhicules utilitaires, afin de répondre à cette mutation en matière d’emploi en habitant proche du chantier ou de l’usine. Les exigences du contrôle technique se renforcent à compter de mai 2018. Ces logements sur roues non homologués par la DREAL ne pourront plus circuler, ceci précarisant davantage ses travailleurs en les empêchant de répondre à l’offre d’emploi.

Les statistiques officielles n’existant pas ou peu précises, nous pouvons estimer à partir d’indicateursqu’àminima 23 000 personnes sont concernées en France (membres du groupe Facebook « camtar aménagé »). Et selon le Pôle Emploi le nombre d’intérimaires a atteint un niveau jamais connu jusqu’à présent passant à 818000 au premier trimestre 2018 selon la DARES, nombre d’entre eux sont concernés par les grands déplacements et peinent à trouver le logement qui leur permettra de répondre à l’offre (comme les 5000 ouvriers du chantier de l’EPR de Flamanville avec lesquels notre équipe poursuit actuellement une création documentaire). Enfin selon le dernier rapport datant de 2017 (bilan intermédiaire du « plan national de lutte contre le travail illégal » publié sur le site du Ministère du Travail), il est estimé à 516 000 le nombre de travailleurs détachés (venant d’un autre pays membre de l’Union Européenne).

CONTEXTE LOCAL

Dès l’étude de faisabilité en vue de la création d’un prototype de module véhiculé habitable, le programme « Brichkas, habiter la route » associe un de ces mobiles précaires à la fois en tant qu’habitant expert et spécialiste du détournement et de la récupération. Il en sera le futur habitant. Présent à toutes les phases du projet sa collaboration avec notre hackerspace sera favorisée (réalisation de pièces à l’imprimante 3D, connectivité etc.). Il coordonnera cette étude en binôme avec Misia Forlen, architecte.

La stratégie mise en place par Echelle Inconnue résulte d’un travail de recherche et de rencontre avec plusieurs centaines d’habitants mobiles depuis 2011 en France, à l’Est de l’Europe et en Russie et s’appuie sur un réseau de partenaires universitaires, institutionnels, associatifs et privés travaillant dans les domaines de l’habitat mobile, du social, de la recherche ou encore de la culture ainsi que des bailleurs sociaux...

UN PROJET NÉ DE PLUSIEURS RENCONTRES, ENQUÊTES PRÉLIMINAIRES AVEC :

- Eric, rencontré lors d’une grève de la faim relative à la loi modifiée en mai sur le contrôle technique.

- Une communauté d’habitants en camion (pour la plupart saisonniers) stationnent à Rouen les 2/3 de l’année (automne–hiver-printemps).Ils se déplacent à l’intérieur de Rouen en fonction des grands chantiers urbains.

- Les ouvriers du chantiers du réacteur EPR à Flamanville, ainsi que les « nomades du nucléaire » réalisant les arrêts de tranche des centrales nucléaires françaises, logés en campings et bases vie (dans le cadre d’un projet de création documentaire réalisé tout au long de l’année 2018).

- La rencontre avec Jean-Charles Maillot, habitant en camion, et son projet d’insertion à Echelle Inconnue.


tag : Brichka

Réalisation : Échelle inconnue
MAKHNOVTCHINA
MAKHNOVTCHINA
Makhnovtchina est un repérage actif des nouvelles mobilités urbaines et périurbaines à l'heure des grands projets de métropolisation. C'est un atelier itinérant de production participative d'images (fixes, vidéos, ou multimédia), de textes, de cartes, de journaux, « Work in progress ». Ce travail mené par des architecte, géographe, créateur informatique, sociologue et économiste vise à terme la proposition d'architecture ou d'équipements mobiles et légers. Ce travail vise, en outre, à explorer les futurs vides ou terrae incognitae que créent ou créeront les métropoles. Il propose une traversée du terrain d'accueil pour « gens du voyage » au marché forain en passant par les espaces des nouveaux nomadismes générés par la déstructuration des entreprises, notamment de réseau (EDF, GDF, France télécom...), ainsi que par les campings où, faute de moyens, on loge à l'année. Une traversée, pour entendre comment la ville du cadastre rejette, interdit, tolère, s'arrange, appelle ou fabrique la mobilité et le nomadisme. Ce projet de recherche et de création s'inscrit dans la continuité de certains travaux menés depuis 2001 : travail sur l'utopie avec des « gens du voyage » (2001-2003), participation à l'agora de l'habitat choisi (2009), réalisation d'installation vidéo avec les Rroms expulsés du bidonville de la Soie à Villeurbanne (2009) et encadrement du workshop européen « migrating art academy » avec des étudiants en art lituaniens, allemands et français (2010). Il tente d'explorer les notions de ville légère, mobile et non planifiée avec ceux et celles qui les vivent.