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GENNEVILLIERS
De la cité 51 au Tremplin Sud

Par manon, mardi 12 septembre 2017 ,Western

Le travail ici s'articule autour des traces du passé des anciennes cités de transit de Gennevilliers, notamment la cité 9 et la cité 51. Ces dernières ont perduré pendant plus de vingt ans, de 1965 à 1987. Vous trouverez sur le journal un historique de ces cités. Aujourd'hui, nous sommes partis découvrir celle du numéro 51 de la Route du Port.
C'est à l'aide du mémoire de Myriam Iaz, en se référant aux plans et aux photos, que nous avons réussi à localiser quelques indices tels que des matériaux entassés dans la végétation abondante, des dalles minérales sous nos pieds, mais aussi ces points de repère du paysage : les pylônes électriques marquant à la fois l'entrée et la sortie de la cité. Le site étant privé, et composé de nombreuses barrières, c'est en suivant les rails qu'il est le plus facile de l'atteindre. Ils coupent la route principale du port et semblent, grâce à la courbe qu'ils dessinent, vouloir nous emmener plus loin, vers un lieu caché.


Notre chemin se trouve vite confronté à des barrières, des portes, plus ou moins imposantes dans le paysage, qui le ponctuent. Ces points de repères sont pour la majorité fabriqués par la main de l'homme : des grillages, des pylônes, des « arches » métalliques rouges et noires. Au fur et à mesure que l'on atteint le cœur de la cité 51, les portes deviennent à taille humaine, plus accessibles. En suivant la courbe des rails, qui se trouve sur notre gauche, et le haut mur en béton à notre droite, nous apercevons deux pylônes électriques, signes d'une entrée. En se rapprochant, ce sont les arches qui nous font avancer, en se répétant, elles donnent l'envie de les franchir. Puis divers chemins se présentent à nous : celui sur lequel nous nous trouvons se sépare pour entourer un cœur de végétation, qui semble habité aujourd'hui. Un Homme, ou peut-être même plusieurs, a créé son habitat fait de plaques en tôle, de plots de chantier et d'un frigo.


Les autres chemins sont plus cachés, enfouis entre les hautes herbes et les arbres du terrain en friche, où l'on trouve des poutres en bois, des pierres, du béton sous différentes formes, signe de présence humaine d'hier et d'aujourd'hui.


Une barrière située entre deux autres pylônes marque la fin de la cité 9, avec derrière un endroit qui semble ne contenir que de la végétation, autrefois habité.


Étant impossible de franchir la barrière, à moins de sauter par dessus, nous décidons de continuer notre parcours le long des rails, jusqu'à atteindre la passerelle piétonne. Sur notre gauche, c'est une succession de bâtiments industriels qui marquent le paysage. À droite, l'autoroute reste cachée par une frange végétale.


À mesure que nous avançons, nous rencontrons les marques d'anciens rails, des bâtiments désaffectés, dont ceux de la DIRIF ainsi qu'une casse automobile, et des grillages nous séparant de camions garés. L'un d'entre eux est gardé par un chien, signe qu'ils ne sont pas abandonnés.


Ici, la passerelle piétonne, qui surplombe l'autoroute A86. Elle fut un lien fondamental rattachant les deux parties de la ville, physiquement et socialement.



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Réalisation :
  • L échelle inconnue
MAKHNOVTCHINA
MAKHNOVTCHINA
Makhnovtchina est un repérage actif des nouvelles mobilités urbaines et périurbaines à l'heure des grands projets de métropolisation. C'est un atelier itinérant de production participative d'images (fixes, vidéos, ou multimédia), de textes, de cartes, de journaux, « Work in progress ». Ce travail mené par des architecte, géographe, créateur informatique, sociologue et économiste vise à terme la proposition d'architecture ou d'équipements mobiles et légers. Ce travail vise, en outre, à explorer les futurs vides ou terrae incognitae que créent ou créeront les métropoles. Il propose une traversée du terrain d'accueil pour « gens du voyage » au marché forain en passant par les espaces des nouveaux nomadismes générés par la déstructuration des entreprises, notamment de réseau (EDF, GDF, France télécom...), ainsi que par les campings où, faute de moyens, on loge à l'année. Une traversée, pour entendre comment la ville du cadastre rejette, interdit, tolère, s'arrange, appelle ou fabrique la mobilité et le nomadisme. Ce projet de recherche et de création s'inscrit dans la continuité de certains travaux menés depuis 2001 : travail sur l'utopie avec des « gens du voyage » (2001-2003), participation à l'agora de l'habitat choisi (2009), réalisation d'installation vidéo avec les Rroms expulsés du bidonville de la Soie à Villeurbanne (2009) et encadrement du workshop européen « migrating art academy » avec des étudiants en art lituaniens, allemands et français (2010). Il tente d'explorer les notions de ville légère, mobile et non planifiée avec ceux et celles qui les vivent.