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SOIRÉE
Projection de films et rencontre avec le routier Claude - entre Gennevilliers et Limay

Par manon, mardi 31 octobre 2017 ,Western

À mesure de nos recherches et de nos rencontres, le projet a pris une direction particulière : celle de la ferraille. Son trajet est mis en lumière ici, notamment entre deux ports importants d'Ile-de-France, celui de Limay et de Gennevilliers. L'histoire de ceux qui créent et travaillent la ferraille, mais aussi de ceux qui la transportent, routiers et mariniers, est racontée. Une forme de livre se crée, reliée par un fil métallique réunissant différents types de ferrailleurs, retraçant leurs parcours des encombrants jusqu'aux entreprises de recyclages telles que GDE ou Alpa et au fil de l'eau.

Soirée de projection de films "Au rendez-vous des chauffeurs" à Gennevilliers C'est au restaurant routier « Au rendez-vous des chauffeurs » que nous retrouvons ce soir Camel, le gérant, ainsi que des travailleurs de Gennevilliers, et de passage.


Le restaurant est l'un des seuls routiers présents dans la zone portuaire de la ville, ne disposant que de quatre chambres à louer à l'année. Cela fait plusieurs années que Camel se demande pourquoi le port ne crée pas d'autres endroits pour les transporteurs. C'est notamment grâce à lui que nous avons pu organiser une soirée de projections de quatre de nos films : Un camion navigue-t-il Hacking Boat Tout le monde peut le faire Le businessman sur roue. À la manière de routiers, nous disposons le MKN-VAN sur la petite esplanade située en face du restaurant. L'occasion pour nous de réunir les personnes présentes autour de discussions diverses, tout en leur présentant notre projet.


Il y a du monde dans le restaurant et nous revoyons des personnes avec lesquelles nous avons déjà discuté telles que Stéphane, travaillant à Chepelec, une entreprise spécialisée dans le bâtiment, près de Gennevilliers. Il est un habitué du restaurant et est venu avec un ami qui a vécu à la rue et qui aujourd'hui habite dans l'immeuble accolé au restaurant.
Assis à une table dehors, deux routiers discutent avec nous, un jeune et un plus âgé. Tous deux nous racontent leur vie sur les routes du monde, nous font part de l'aménagement de leur camion, etc. Le plus jeune a un nouveau camion depuis seulement trois mois et dit l'avoir déjà personnalisé avec du capitonnage au sol et sur les « murs ». « J'ai même installé une plaque de cuisson et ma bouilloire ». Le plus âgé confirme le fait qu'ils se sentent chez eux « Mais je suis chez moi... euh dans mon camion, tu vois j'y suis tellement souvent que je dis chez moi ! ». Ils sont dans leur camion du dimanche soir au samedi matin.
Les personnes présentes regardent attentivement les films diffusés et certains suscitent le débat. Au cours de la soirée, nous avons pu discuter avec plusieurs travailleurs et autres habitués du coin avant de rejoindre le camion-cinéma dans lequel nous entamons notre deuxième nuit cette semaine là, à la manière des routiers.

En route avec Claude – de Gennevilliers à Limay


C'est par ces diverses rencontres que nous avons eu la chance de rencontrer de rencontrer Claude, routier, travaillant avec l'entreprise de recyclage GDE, se trouvant non seulement à Gennevilliers mais aussi à Limay. Par un simple appel de Julien (gérant du service transport) depuis Limay, nous avons été mis en contact avec Claude : « J'ai l'homme qu'il vous faut ! » Pendant ce temps là, une partie de l'équipe se trouvait à Gennevilliers depuis 5h du matin afin d'assister au réveil et départ des routiers depuis le « Rendez-vous des chauffeurs ». Par chance, Claude était de passage à GDE Gennevilliers vers 13h et pouvait prendre un membre de l'équipe dans son camion afin de faire la route GDE Gennevilliers - GDE Limay en passant par l'entreprise Alpa afin de livrer de la ferraille.


Ça fait 10 ans que Claude travaille en tant que chauffeur routier, avant il était chef dans un atelier de voie ferrée. Il fallait reprendre la boite familiale de sa femme, Luxiol. Il a donc passé son diplôme. Il se dit être tractionnaire pour GDE, qui lui donne le travail à faire la veille pour le lendemain, et suivant ce qu'il a à faire il part plus ou moins tôt, le plus souvent vers 5h du matin, pour faire des chargements et des livraisons. En général, tout ceci se fait sur leurs sites, où il y a des broyeurs (à Limay) et une cisaille (à Gennevilliers) pour découper la ferraille en morceaux, plus ou moins calibrés, afin de la revendre ensuite en fonderie, ici à Alpa. Le travail des grandes sociétés doit en grande partie sa réussite aux petits ferrailleurs qui revendent la ferraille trouvée aux encombrants.

« Le fait d'avoir des petits pôles comme ça à droite à gauche ça permet d’avoir tout un tas de petits clients, ça peut être des gens du voyage, du coup ils récupèrent dans un cercle proche autour de leur site, ensuite à Gennevilliers ils ont une cisaille mais tout ce qu’ils doivent broyer ils le mettent de coté, ils trient et chargent pour Limay, y a de ça aussi. » nous confie Claude.


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Réalisation :
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MAKHNOVTCHINA
MAKHNOVTCHINA
Makhnovtchina est un repérage actif des nouvelles mobilités urbaines et périurbaines à l'heure des grands projets de métropolisation. C'est un atelier itinérant de production participative d'images (fixes, vidéos, ou multimédia), de textes, de cartes, de journaux, « Work in progress ». Ce travail mené par des architecte, géographe, créateur informatique, sociologue et économiste vise à terme la proposition d'architecture ou d'équipements mobiles et légers. Ce travail vise, en outre, à explorer les futurs vides ou terrae incognitae que créent ou créeront les métropoles. Il propose une traversée du terrain d'accueil pour « gens du voyage » au marché forain en passant par les espaces des nouveaux nomadismes générés par la déstructuration des entreprises, notamment de réseau (EDF, GDF, France télécom...), ainsi que par les campings où, faute de moyens, on loge à l'année. Une traversée, pour entendre comment la ville du cadastre rejette, interdit, tolère, s'arrange, appelle ou fabrique la mobilité et le nomadisme. Ce projet de recherche et de création s'inscrit dans la continuité de certains travaux menés depuis 2001 : travail sur l'utopie avec des « gens du voyage » (2001-2003), participation à l'agora de l'habitat choisi (2009), réalisation d'installation vidéo avec les Rroms expulsés du bidonville de la Soie à Villeurbanne (2009) et encadrement du workshop européen « migrating art academy » avec des étudiants en art lituaniens, allemands et français (2010). Il tente d'explorer les notions de ville légère, mobile et non planifiée avec ceux et celles qui les vivent.